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nuit au jour à travers toutes les mianccs du l)l(ni 1(* plus pur. A défaut de soude, ou y Jette des ])ierres ai)i)ortées à. forée de bras des uioraiues Us plus voisiues.Ouse peuchesur le bord pour voir et i)Oureuteu(lre:ou ue voit j)res(pie rieu, la pierre a bieutôt disparu; uiais elle reboudit de parois eu parois, et Toueuteud distiueteuu'Ut uue vibratiou uuisieale, ([uise comuuinicpie à toute la uiasse du. placier. Ou dirait uu orjïue iuiïueuse, d'où s'échappe uue uote sourde et prolouliée. fuuèbre géniissemeut de ces vastes touibeaux.
Tel est le glacier tnnujuiUr : mais il est rare qu'uu glacier cliemiue louiiueuK^ut ])ar uue route uuie et douce. Les plus favorisés tiuisseut })ar arriver au-dessus de quelque peute abrupte où il faut bieu ([u'ils s'engageut. Plusieurs u'abandonueut les hauts réservoirs d(> la uioutagne que pour se précipiter par uue gorge étroite ou se déverser sur des tiaucs escarpés. Les glaciers précipitueux ne sont jamais des glaciers tranquilles. L'escalade en est difficile, sinon impossible, et le plus souvent on ne i>eut les observer ([ue du dehors. Le nombre des crevasses est en raison de la pente et des aspérités du sol, deux choses qui vont ordinairement ensend)le; aussi pour peu que la pente devienne ardue, le glacier se transforme eu un fouillis de ])lo(s (jui semblent prêts à se ruer les uns sur les autres, et auxquels on (hmne quehpiefois. bien à tort, le nom de séracs. On compare volontiers ces chutes de glace à une cataracte dont les tlots auraient été soudain convertis en masses gelées. L'image n'est pas tout à fait juste. Les tlots li([uides se suivent sans interru})tion : les tlots du placier sout i)ar-
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tout brisés et riitrccoupés. Los premiers se déploient en i2:erl)es ondoyantes et jusque dans les rejaillissements les l)lus imi)étueux conservent encore de la flexibilité et de la grâce ; les derniers, rigides et comi)actes, se déchirent à angle vif, et ne se prêtent à descendre que par un violent effort. lie désordre des cataractes du glacier se produit (Fuiie manière graduelle. Au point où Finclinaison devient tout à coup plus sensible, on voit courir de larges crevasses transversales entre lesquelles se dressent des tranches solides, épaisses et régulières : le glacier se feuillette. A mesure (jue la pente se prononce, les crevasses se rapprochent, et la dislocation commence. Enfin voici la chute pro- ])rement dite; les tranches deviennent des lames qui se brisent en tout sens, et bientôt le glacier n'offre plus qu'un iuextrical)le entre-croisement, un dédale de blocs et d'abîmes. Les blocs, tous penchés en avant, comme s'ils avaient hâte de passer, figurent des i)yramides, des obélisques, des tours, des créneaux ruinés, des pans de murs contournés et tordus. Celui-ci surplond)e. celui-là s'appuie sur l'épaule du voisin. On en voit qui sont plus épais par le haut que parle bas. Plusieurs sont percés à jour; de plusieurs autres il ne reste qu'une socle informe, et une cassure fi'aîche indique une chute récente. L'esprit le plus fécond n'inventerait pas la moitié des formes qui se pressent dans ces accumulations de cristaux irréguliers. Le soleil les fait varier cliaque jour, comme chaque jour il en rend l'équilibre plus incertain. Ses rayons pénètrent dans les hachures jusqu'à la base même des blocs pour les fondre et les ronger sans
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cesse. De minute eu minute ou euteud (|uel(jue craciuemeut, et Tou voit (lisjKiraltre daus Tabnue uu de ces ^éauts trop hardimeut posés. A part ces soudaines i'ui)tures decpiilihre. Vœi\ ne per(;oit pas de mouvement, et pourtant on sent que toute la masse se meut, et ([u il s'y fait un ti'avail ([ui ne s'interrompt pas un instant. Jamais avec rai)parence de rinnnobilité. la nature n a mieux reUissi à donner Fillusion du mouvement, et il résulte de ces impressions contraires un ertet fautastupu'. (pii saisit les imaginations les plus ingrates. Au milieu de ce bouleversement, les moraines se disloquent et deviennent ce (pi'elles peuvent. La boue, le sable, les cailloux et les fragments de petite taille ont l)ientôt disparu dans les crevasses supérieures. Les gros (martiers résistent plus longtemps. On en voit ([ui reposent sur les deux bords d'une crevasse connut^ un i)ont naturel : mais, pour peu qu'elle s'élargisse, ils y tombent, et restent pris entre ses parois, sauf à s'enfoncer l)ar i)etites chutes à mesure (pie fond la glace contre laquelle ils s'appuient. D'autres réussissent à se maintenir tant bien que mal. i)erchés sur (pielque glaf;on, qu'ils écrasent entin de leur poids, et toute la moraine s'engloutit ainsi dans les flots de la cataracte, dont les abîmes chatoient au soleil, de i)lus en plus i)urs et brillants.
Avec de la persévérance et ([uehpie hardiesse, quand d'ailleurs on est bien nmni de tous les engins nécessaires, hache, corde, cranqHjns. on p(Hit (juelquefois pénétrer jusqu'au centre d'une de ces coulées de cristaux ; mais dès qu'on les aborde on ne voit i)hi< i\nv les masses dont on est
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iiuiiuMliatciiicnt (loiniiu'. A droite, à gauche, devant, derlière. i)art()ut se «hcsscnt sur votic tête un obélisque ou une ai.iiuille. ( )ii se sent à la merci de ces colosses dont les formes étran<j;es s'accusent d'autant mieux qu'on les voit de l)lus i)rès, et quand on se glisse entre leurs dentelures on se fait à soi-même l'effet d'une humble fourmi qui rôderait entre les mâchoires d'un lion. Il n'est pas besoin de s'y engager bien loin pour se perdre, et le retour ne laisse pas d'être inquiétant quelquefois. Comment s'orienter au milieu de ce labyrhithe sans cesse renaissant? Oii a-t-on i)asséV Est-ce bien ici V Est-il possible que Ion ait pu contourner un bloc si formidable ? A-t-on eu réellement l'audace de chevaucher sur cette crête aiguë ?.... L'observation la plus attentive se trouve en défaut, la mémoire se trouble, et les souvenirs se confondent dans l'impression du chaos.
Pour l'observateur qui. non content des effets pittoresques, désire se rendre comi)te des causes, il est i)eut-être moins intéressant de pousser une pointe hardie jusqu'au miUeu de ces cataractes que d'en étudier le commencement et la fin, la tin surtout. Nous avons dit comment le glacier se feuillette au-dessus de la rampe qu'il doit franchir; vers le bas il se reforme au contraire, les lames se rapprochent et se pressent les unes sur les autres, les abîmes se ferment, et il ne reste bientôt (jue des ondulations irrégulières, semblables à de grandes vagues, qui s'effacent à leur tour, de telle sorte qu'à (pudiques cents pas de la chute le glacier est aussi tranquille (pie s'il n'avait pas cessé de cheminer par luie loute unie. On pourrait croire (pie la glace doit en être
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plus friable, ou tout au uioins (ju'ou y distiu^ucra des traces mal etiacées de taut de rui)tun\s : mais uou. elle résiste l»lus éuer^iquemeut à la liaehe, et il seud)le que plus elle a été brisée jdus elle forme un tout indivisible. L'aspect daillcurs eu est le même, sauf une espèce de stratitication verticale, très-ai)i)arente sur les parois des crevasses, et qui produit parfois un etfet brillant : des bandes de .ulace plus bleue alternent avec des bandes de ^lace plus blanche; les i)remières l»araissent enchâssées dans les secondes, et elles forment ensemble une masse veinée. Plus bas enfin on voit reparaître à la surface du «placier (pielques-uns des matériaux enfouis, d'abord les plus gros, puis les cailloux ordinaires, et finalement les moraines se reconstituent presque aussi nettes, aussi distinctes cprauparavant.
Les glaciers ainsi tourmentés le sont quelquefois au point de se briser tout à fait. Il en résulte des avalanches d'une espèce particulière, conq)arables à des chutes de montagnes. J'ai pu en constater un exemple assez curieux. Un bras latéral du grand glacier du Combin toml)e sur le \i\\sorey. non loin de la route du Saint-Bernard. Après une chute verticale, ou peu s'en faut, (pii ne doit pas mesurer moins de deux cents mètres, il rencontre des pentes plus douces sur lesquelles il se prolonge jusque dans les pâturages. En 1858, un énorme glaçon, figurant un i)ilier gigantesque, était adossé contre la paroi verticale. C'est la seule fois (pie j'aie vu une cataracte de glace ressembler tout à fait à une cascade innn()l)iHsée. C'était bien un glaçon, et l)0ur se le représenter exactement il ny a ({u'à supposer un
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Nia.uani liclé. pciit-Otrc moins lar^c (\\.w, cchii du ticuxc Saint-Laurent, mais tom])ant avec la même unité de jet (rime liauteur deux ou trois ibis plus considérable. Quel- ([ues années plus tard, la cataracte n'existait plus, et ron ne voyait quv le rocher noir contre lequel elle s'appuyait autrefois. Ce pilier de glace s'était écroulé, et le glacier intérieur, ([ui ne i)araissait pas avoir sensiblement diminué, n'était alimenté que par les blocs (pii tombaient de temps à autre des hauts réservoirs du Combiii. Il n'est pohit rart^ que les glaciers soient ainsi coupés, et présentent deux ou trois étages séparés par des murailles de rochers nus. La facilité avec laquelle ils se reforment n'est jamais plus frappante : la glace qui tombe d'un étage à Vautre se réduit en i)oussière; néanmoins elle ne tarde pas à constituer de nouveau une masse compacte, et k dernier tronçon d'un glacier coupé en trois chemine aussi régulièrement que s'il n'y avait pas eu de rupture. Sans les veines de glace bleue enchâssées dans la glace blanche, on pourrait ne pas soupçonner les désordres de son cours. Il est vrai qu'elles entretiennent une certaine irrégularité à la surface et ne passent guère inaperçues. Elles sont plus homogènes, plus dures qua la glace blanche, elles résistent mieux à l'action du soleil, en sorte qu'à chaque veine bleue correspond une crête plus ou moins proéminente, à chaque veine blanche un sillon où se logent les débris.
Cependant le glacier pénètre dans des régions basses et chaudes ; les ruisseaux deviennent nond)reux, et par les ouvertures des crevasses on ent(md gronder de véritables
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torrents. Le ixlacier doit diininuer. Cette (liniinutioii n'est pas (l'abord pereei)til)le à lieil. car c est en i)rofondeiir ([U elle a lieu, et il faudrait pour en juij:er voir le fond des crevasses. Quant à la larizeur. elle déi)end surtout de Técartenient des parois : le lilacic^- se rétrécit quand elles se rapprochent : il s'élargit quand elles s'éloignent, et partout il se moule si bien sur les sinuosités de son lit qu'il ne semble pas avoir de peine à le remplir. Dès que les premiers indices d'une diminution se laissent apercevoir, on peut se dire qu'on approche de la lin. Ce n'est pas la partie la moins intéressante. On y trouve les i)lus l)elles aiguilles, et le désordre des moraines y atteint son maxinuim. C'est en outre l'endroit qui otfre le plus de facilités pour entrevoir ce qui se passe sous le glacier. Il est plus que probable qu'à un niveau supérieur la glace adhère au sol ; mais vers leur extrémité tous les glaciers de quelque étendue ont quitté depuis longtemps la région des frimas. Ils descendent parfois jusqu'à la hauteur des montagnettes de la plaine, 1,000 ou 1,200 mètres. La chaleur de la terre les fait fondre par-dessous, et il y a souvent un intervalle libre entre la glace et le sol. De partout s'échappent des ruisseaux, et sur les points d'où sortent les courants les plus actifs il se forme des grottes profondes et spacieuses, où l'on peut souvent pénétrer sans danger. Il faut le faire toutes les fois que c'est possible. Des teintes d'azur, plus suaves que celles du ciel le i)lus doux, embellissent les arceaux de la grotte ; le jour (jui pénètre par l'ouverture, souvent aussi i)ar quelque tissure transversale, en multiplie les reflets: on est entouié. on est
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baitiiié (le cette liuiiière idéale ; tandis que sur le pavé de la grotte roule un torrent épais et sale, et que de tous les interstices débouchent des flots de boue et de limon. Ou découvre alors que le glacier repose sur une couche de vase, et que c'est lui-même qui la produit. 11 pèse d'un poids énorme sur son lit de rochers, et ne marche qu'avec un frottement continuel, de sorte qu'il broie à la longue et réduit en poudre fine toutes les aspérités. L'eau qui suinte des fissures imbibe cette poussière. Elle chemine avec le glacier et fait l'office d'un émeri. Il y reste toujours de petits grains de sable plus durs, quelquefois des cailloux qui, serrés contre la roche, y dessinent de fines stries ou des raies un peu plus fortes. Le glacier ne travaille pas seulement au grand jour, en transportant les débris tombés des hauteurs ; il travaille encore dans l'obscurité en poUssant le sol qu'il recouvre, en en faisant disparaître les angles et les rugosités. Balayez le pavé d'une de ces grottes, mettez la roche à nu, et vous la trouverez invariablement rabotée, limée, polie. Elle le sera surtout dans les parties qui se relèvent et font obstacle à la marche dés glaces. Ce travail de polissage est d'unt^ finesse extrême. Les raies se touchent sans se confondre, et l'on peut suivre la marche de chacun des grains de sable qui ont tracé leur sillon sur la pierre.
Toutes ces boues, après un voyage bien autrement laborieux (pie celui des blocs qui se font i)orter. arrivent au jour, et s'entassent à l'extrémité du glacier. Là est aussi le rendez-vous général des moraines qui le couvrent et de celles ([ui cheminent sur les bords. Souvent on ne sait où le gla-
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c'ier finit, tant il est cnconibiv di* matériaux. On le tiavciso coninio on travorsorait los dépôts crun éboulonuMit. l)(>s plantes peuvent sV tromper. On trouvera quelipu^s renoncules sur les dernières pentes du i2:laeier de Zmiitt, au iticd du Cervin. 11 est vrai (ju'il est cliarué entre les plus cliaigés, et que des naturalistes s\v trompent i)arfois, aussi bien que les renoncules. Enfin la glace cesse tout à fait, et il m' reste que la grande moraine de front, formée ])ar la réunion de toutes les autres et cimentée i)ar la boue (jui s"écliai)pe de dessous le glacier. Elle se déploie en ceinture devant lui. et l'entoure (Vun fornndable r(Mni)art. C'est i)arfois toute une ascension que de la gravir. Au reste, rien de plus irrégulier que ces vastes amas. Le glacier bat-il en retraite, il les abandonne, et recule en jonchant le sol de débris éparpillés ; puis, après quelques années pluvieuses, on le voit revenir sur ses pas et porter le désordre au milieu de ses vieilles moraines. Il les attaque par le fond, les soulève, les culbute, les renverse sur elles-mêmes. Rien ne lui résiste, excepté le roc en place, (ju'il lime, ne pouvant Tenlever. S'il rencontre un sapin, il le couche à terre; une hutte en bois, il la pousse plus loin: une prairie.il Tensevelit et glisse sur les gazons, à moins (piil ne s'engage, comme un soc de charrue, sous la couche de terre végétale, qui >"enroule et s'empelotonne devant lui. C'est sa manière de labourer. 11 fait tout cela doucement, sans bruit, sans secousses, avec une apparence de débonnaireté qui ajoute à i'eft'et de ces scènes de destruction. C'est exactement le contraire du toircnt (pli s'en échappe. Celui-ci, qui semble vouloir tout empor-