‹ Les alterations de la personaliteChapitre 54 sur 119 · Revue de l'hypnotisme, 1er décembre · texte numérisé non relu

Revue de l'hypnotisme, 1er décembre

autre personne la touche, à son insu, avec une épingle, elle perçoit vivement et retire le membre piqué.

« J'ajoute, en passant, que cette expérience ne réussit pas avec la même perfection chez tous les somnambules. Beaucoup ne réalisent pas les suggestions sensorielles négatives; d'autres ne les réalisent qu'en partie. Certains, par exemple, quand j'ai affirmé qu'ils ne me verront pas à leur réveil, ne me voient pas; mais ils entendent ma voix, ils sentent mes impressions tactiles. Les uns sont étonnés de m'entendre et de se sentir piqués, sans me voir; les autres ne cherchent pas à se rendre compte; d'autres enfin croient que cette voix et cette sensation émanent d'une autre personne présente. Ils récriminent violemment contre elle; cette personne a beau protester que ce n'est pas elle et chercher à le leur démontrer, ils restent convaincus que c'est elle.

(( On arrive parfois à rendre l'hallucination négative complète pour toutes les sensations en faisant la suggestion ainsi : « A votre réveil, si je vous touche, si je vous pique, vous ne le sentirez pas; si je vous parle, vous ne m'entendrez pas. D'ailleurs, vous ne me verrez pas; je serai parti. « Quelques sujets arrivent ainsi, à la suite de cette suggestion détaillée, à neutraliser toutes leurs sensations; d'autres n'arrivent à neutraliser que la sensation visuelle, toutes les autres suggestions sensorielles négatives restant inefficaces.

(( La somnambule dont je parle réalisait tout à la perfection. Logique dans sa conception hallucinatoire, elle ne me percevait en apparence par aucun sens. On avait beau lui dire que j'étais là, que je lui parlais; elle était convaincue qu'on se moquait d'elle. Je la fixe avec obstination et je lui dis : « Vous me voyez bien ; mais vous faites comme si vous ne me voyiez pas ! vous êtes une farceuse, vous jouez la comédie ! » Elle ne bronche pas et continue à parler aux autres personnes. J'ajoute, d'un air convaincu : « D'ailleurs, je sais tout! Je ne suis pas votre dupe! Vous êtes une mauvaise fille. Il y a deux ans déjà,

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VOUS avez eu un enfant et vous l'avez fait disparaître! Estce vrai? On me l'a dit! » Elle ne sourcille pas; sa physionomie reste placide. Désirant voir, dans un intérêt médicolégal, si un abus grave peut être commis à la faveur d'une hallucination négative, je soulève brusquement sa robe et sa chemise: cette jeune fille est de sa nature très pudibonde. Elle se laisse faire sans la moindre rougeur à la face. Je lui pince le mollet et la cuisse : elle ne manifeste absolument rien. Je suis convaincu que le viol pourrait être commis sur elle dans cet état, sans qu'elle oppose la moindre résistance.

« Gela posé, je prie mon chef de clinique de l'endormir et de lui suggérer que je serai de nouveau là, au réveil. Ce qui a lieu, en effet. Elle me voit de nouveau et ne se souvient de rien. Je lui dis : « Vous m'avez vu tout à l'heure! Je vous ai parlé. » Etonnée, elle me répond : « Mais non, vous n'étiez pas là! — J'y étais; je vous ai parlé. Demandez à ces messieurs. — J'ai bien vu ces messieurs. M. P. voulait me soutenir que vous étiez là! Mais c'était pour rire! Vous n'y étiez pas! — Eh bien! lui dis-je, vous allez vous rappeler tout ce qui s'est passé pendant que je n'y étais pas, tout ce que je vous ai dit, tout ce que je vous ai fait ! — Mais vous n'avez rien pu me dire, ni faire, puisque vous n'étiez pas là! » J'insiste d'un ton sérieux et, la regardant en face, j'appuie sur chaque parole : « Je n'y étais pas , c'est vrai ! Vous allez vous rappeler tout de même. » Je mets ma main sur son front et j'affirme : « Vous vous rappelez tout, absolument tout! Là! Dites vite! Qu'est-ce que je vous ai dit? » Après un instant de concentration, elle rougit et dit : (( Mais non, ce n'est pas possible : vous n'étiez pas là! Je dois avoir rêvé ! — Eh bien ! qu'est-ce que je vous ai dit dans ce rêve? » Elle ne veut pas le dire, honteuse! J'insiste. Elle finit par me dire : « Vous m'avez dit que j'avais eu un enfant! — Et qu'est-ce que je vous ai fait? — Vous m'avez piquée avec une épingle! — Et puis? » Après quelques instants : « Mais non, je ne me serais pas laissée

faire! C'est un rêve! — Qu'est-ce que vous avez rêvé? — Que vous m'avez découvert, etc. »

« J'arrive ainsi à évoquer le souvenir de tout ce qui a été dit et fait par moi pendant qu'elle était censée ne pas me voir! Donc, elle m'a vu en réalité, elle m'a entendu, malgré son inertie apparente. Seulement, convaincue par la suggestion que je ne devais pas être là, sa conscience restait fermée aux impressions venant de moi, ou bien son esprit neutralisait au fur et à mesure qu'elles se produisaient les perceptions sensorielles; il les effaçait, et cela si complètement, que je pouvais torturer le sujet physiquement, et moralement ; elle ne me voyait pas, elle ne m'entendait pas ! Elle me voyait avec les yeux du corps, elle ne me voyait pas avec les yeux de l'esprit. Elle était frappée de cécité, de surdité, d'aneslhésie psychiques pour moi; toutes les impressions sensorielles émanant de moi étaient bien perçues, mais restaient inconscientes pour elle. C'est bien une hallucination négative, illusion de l'esprit sur les phénomènes sensoriels.

<( Cette expérience, je l'ai répétée chez plusieurs sujets « susceptibles d'hallucinations négatives. Chez tous j'ai pu « constater que le souvenir de tout ce que les sens ont « perçu pendant que l'esprit effaçait, a pu être reconstitué. »

Ces expériences, d'une simplicité remarquable, sont de celles qui montrent le mieux le dédoublement de la conscience du sujet, au moment où il obéit à certaines suggestions. Comment pourrait-on comprendre en effet qu'une personne se rappelle avec tant de vérité ce qu'on lui a défendu de voir, s'il n'y a pas eu quelque part en elle, pendant toute la durée de l'expérience, quelqu'un qui était attentif aux choses interdites? Il s'est produit évidemment toute une série de perceptions inconscientes, retenues ensuite par une mémoire inconsciente ; et l'expérimentateur n'a point donné à son sujet l'idée de tout cela ; il n'y a pas pensé lui-même; il s'est borné à imposer de toutes ses forces l'idée de ne pas voir, il n'a point indiqué comment cette prohibition devait être exécutée. Il s'est donc passé

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dans cette expérience de suggestion quelque chose qui n'est pas de la suggestion, et qui consiste en un dédoublement de la personnalité du sujet. Nous ne forçons pas beaucoup l'interprétation des faits en disant que M. Bernheim vient ici, bon gré mal gré, apporter sa pierre à la théorie de la désagrégation mentale.

Nous trouvons maintenant à citer de curieuses observations de M. Liégeois, un jurisconsulte de Nancy, qui travaille avec M. Liébeault et M. Bernheim et partage la plupart de leurs idées. Les études qu'il a faites sur ce qu'on appelle à Nancy Thallucination négative conduisent à la même conclusion que celles de M. Bernheim ; elles ne s'expliquent pas si on ne fait pas l'hypothèse que l'individu suggestionné contient à un certain moment deux personnahtés distinctes. M. Liégeois a eu l'avantage de voir clairement cette conclusion; il l'a comprise, il l'a môme proclamée, et il a cru qu'il décrivait un état psychologique nouveau. Il est vrai qu'à cette époque les expériences de M. Pierre Janet, dont il nous reste à parler, avaient été déjà publiées dans la Revue philosophique; mais M. Liégeois n'y fait pas allusion, et très probablement il ne les connaissait pas.

Yoici comment on peut résumer ses expériences : il donne à une personne en somnambulisme la suggestion qu'au réveil elle ne pourra ni le voir ni l'entendre, ni le percevoir d'aucune façon ; la suggestion s'exécute correctement; au réveil, la somnambule ne le voit pas et ne lui répond pas quand il lui parle ; l'anesthésie, dans l'observation rapportée, était même si complète que l'expérimentateur pouvait enfoncer une épingle dans le bras de son sujet sans que l'épingle fût vue ou provoquât de la douleur; le sujet avait cependant toute sa sensibilité, mais il était tellement dominé par la suggestion qu'il ne percevait rien de ce qui provenait de la personne rendue invisible. M. Liégeois s'aperçut cependant qu'il avait un moyen de rester en communication avec cette personne ; c'était de lui parler d'une façon impersonnelle, de lui dire par exemple :

« X... a soif, X... a faim, X... veut se promener. » Le sujet paraît ne rien entendre, mais au bout de quelques minutes, il exécute l'acte indiqué; il l'exécute sans avoir conscience de ce qu'il fait, en tout cas sans en garder le souvenir; car si quelqu'un des assistants lui demande ce qu'il a fait, il ne peut pas en rendre compte. Si nous rappelons ces phénomènes d'inconscience, ce n'est pas qu'ils présentent pour nous quelque chose d'intéressant ou de bien nouveau ; l'important est de voir qu'un expérimentateur non prévenu arrive exactement au même résultat que d'autres. M. Liégeois, interprétant ses expériences, dit : « Ceci montre que pendant l'hallucination négative le sujet voit ce qu'il paraît ne pas voir et entend ce qu'il paraît ne pas entendre. Il y a en lui deux personnalités; un Moi inconscient qui voit et qui entend, et un Moi conscient qui ne voit pas et n'entend pas*... » Je pense inutile d'insister. Je ne suis pas le premier à constater l'intérêt de cette coïncidence ; elle a déjà frappé un grand nombre de personnes, même celles qui sont étrangères à ces études. Je me contente de citer in extenso une des expériences de M. Liégeois.

« Je n'existe plus pour Mme M..., à qui M. Liébeault a, sur ma demande, suggéré que, une fois éveillée, elle ne me verra, ni ne m'entendra plus. Je lui adresse la parole, elle ne me répond pas ; je me place devant elle, elle ne me voit pas; je la pique avec une épingle, elle ne ressent aucune douleur; on lui demande où je suis, elle dit qu'elle l'ignore, que sans doute je suis parti, etc.

(( J'imagine alors de faire à haute voix des suggestions à cette personne, à qui je semble être devenu totalement étranger, et, chose singulière, elle obéit à ces suggestions.

« Je lui dis de se lever, elle se lève; de s'asseoir, elle s'assied; de tourner ses mains l'une autour de l'autre, elle les tourne.

(( Je lui suggère un mal de dents, et elle a mal aux dents; un éternuement, et elle éternue; je dis qu'elle a froid, et

1. De la suggestion et du somnambulisme dans leurs rapports avec la jurispimdence, etc., 1889, p. 701 à 711.

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elle grelotte ; qu'elle doit aller près du poêle, dans lequel il n'y a d'ailleurs pas de feu, et elle y va, jusqu'à ce que je lui dise qu'elle a chaud, et alors elle se trouve bien. Pendant tout ce temps, elle est, pour tous les assistants, aussi complètement éveillée qu'eux-mêmes ; interrogée par eux, elle répond que je suis absent, elle ne sait pas pourquoi ; peut-être vais-je revenir tout à l'heure, etc. Interpellée par moi, en mon nom personnel, toutes mes demandes restent sans réponse. Elle ne réalise que les idées que j'exprime impersonnellement, si je puis ainsi parler, et comme si elle les tirait de son propre fonds ; c'est son moi inconscient qui la fait agir, et le moi conscient n'a aucune notion de l'impulsion qu'elle reçoit du dehors.

« L'expérience me parut assez intéressante pour être renouvelée avec un autre sujet, et voici le résumé succinct des épreuves et des vérifications faites quelques jours plus tard avec la jeune Camille S...

« Camille S..., dix-huit ans, est une très bonne somnambule; M. Liébeault et moi, nous la connaissons depuis près de quatre ans; nous l'avons endormie souvent; nous l'avons toujours trouvée d'une entière bonne foi : elle nous inspire, en un mot, toute confiance. Cette constatation était nécessaire, on va le voir, pour donner quelque poids aux singuliers résultats que j'ai obtenus, et qui confirment d'ailleurs absolument la première observation concernant Mme M...

« M. Liébeault endort Camille, et sur ma demande, il lui suggère qu'elle ne me verra ni ne m'entendra plus, puis il me laisse expérimenter à ma guise. Réveillé, le sujet est en rapport avec tout le monde; seul, je n'existe pas pour lui; mais, ainsi que je vais le démontrer, cela n'est pas tout à fait exact : il y a en lui comme deux personnalités, dont l'une me voit, quand l'autre ne me voit pas, et m'entend, quand l'autre ne fait aucune attention à mes paroles.

« D'abord je m'assure de l'état de la sensibilité : chose

curieuse, celle-ci existe au regard de tous les assistants et n'existe pas pour tout ce qui vient de moi; si on la pique, elle retire vivement son bras; si je la pique, elle ne sent rien ; je lui plante des épingles qui restent suspendues à ses bras, à sa joue, elle n'accuse aucune sensation, elle ne les voit même pas.

« Ce fait d'anesthésie, non pas réelle, mais personnelle en quelque sorte, est déjà assurément fort singulier; il est, si je ne me trompe, tout à fait nouveau. De même, si je place un flacon d'ammoniaque sous son nez, elle ne le repousse pas ; elle s'en éloigne, au contraire, si c'est une main étrangère qui le lui présente.

« Nous allons voir maintenant — toujours pendant quelle ne peut, en apparence du moins, ni me voir ni m' entendre — se dérouler à peu près toute la série des suggestions qui peuvent être faites à l'état de veille. Je les résume, ainsi qu'il suit, d'après les notes que j'ai prises, au moment même, le 14 juin 1888.

« Je rappelle, en tant que de besoin, que, si je m'adresse directement à Camille S..., si je lui demande, par exemple, comment elle va, depuis quand elle n'est pas venue, etc., sa physionomie reste impassible : elle ne me voit, ni ne m'entend; au moins n'en a-t-elle pas conscience.

« Je procède alors, comme je l'ai dit tout à l'heure, impersonnellement ; parlant, non pas en mon nom, mais comme s'il s'agissait d'une voix intérieure, exprimant des pensées que le sujet tirerait de son propre fonds. Et alors l'automatisme somnambulique se montre, sous cette forme nouvelle et imprévue, aussi complet que sous toute autre déjà connue.

(( Je dis à haute voix : « Camille a soif; elle va aller demander, à la cuisine, un verre d'eau qu'elle apportera sur cette table. » Elle semble n'avoir rien entendu, et cependant, au bout de quelques instants, elle fait la démarche indiquée et l'accomplit avec l'allure vive et impétueuse déjà plusieurs fois signalée chez les somnambules. On lui demande pourquoi elle a apporté le verre

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qu'elle ^/ient de poser sur la table; elle ne sait ce qu'on veut lui dire; elle n'a pas bougé; il n'y a là aucua verre.

« Je dis : « Camille voit le verre; mais ce n'est pas de l'eau comme on veut le lui faire croire ; c'est du vin, il est très bon, elle va le boire et il lui fera du bien. » Elle exécute ponctuellement l'ordre donné; puis aussitôt elle a tout oublié.

« Je lui fais dire successivement des paroles peu convenables : « Coquin de sort! Cré nom d'un chien! Cr... » et elle répète tout ce que je lui ai suggéré, perdant d'ailleurs instantanément le souvenir de ce qu'elle vient de dire.

« A M. F..., qui s'étonne de ces faits, qui lui reproche ces propos inconvenants elle dit : « Mais je n'ai pas prononcé ces vilains mots; pour qui me prenez- vous? vous rêvez, vous êtes donc fou ? »

« Elle me voit sans me voir. En voici la preuve. Je dis : « Camille va s'asseoir sur le genou de M. L... »; aussitôt, elle s'y jette violemment et déclare, sur interpellation, qu'elle est toujours sur le banc où elle s'est placée un moment auparavant.

« M. Liébeault m'adresse la parole; comme elle ne me voit pas et ne m'entend pas consciemment^ elle s'en étonne et alors elle engage avec lui un colloque où je joue le rôle de souffleur; mais d'un souffleur qui serait logé dans son cerveau même. C'est moi qui lui suggère toutes les paroles suivantes, qu'elle prononce, convaincue qu'elle exprime sa pensée propre :

(( Monsieur Liébeault, vous parlez donc aussi au mur maintenant? 11 faudra que je vous endorme pour vous guérir ; nous changerons ainsi de rôle, etc. »

« Monsieur F..-, comment va votre bronchite? »

« M. F... lui demande pourquoi et comment elle dit tout cela. Et elle de répondre, après que je lui ai soufflé :

« Mais comment voulez-vous que cela me vienne? comme à tout le monde. Comment les idées vous viennent-elles à vous-même? » et elle continue à développer le thème que je lui ai donné.

« Elle paraît être dans un état absolument normal et tient tête à tous les assistants avec beaucoup de présence d'esprit. Seulement, elle intercale, au milieu de sa conversation, les phrases que je suscite dans son esprit et qu'elle fait siennes inconsciemment.

« Ainsi, pendant qu'elle discute avec M. F..., à qui elle dit qu'elle le conduira à Maréville \ son interlocuteur ayant objecté : « Mais je ne suis pas fou? » elle lui répond : « Tous les fous disent qu'ils ne sont pas fous ; vous dites que vous n'êtes pas fou, donc vous êtes fou. » Elle est très fière de son syllogisme et ne se doute pas qu'elle vient de me l'emprunter.

« Voulant m'assurer, une fois de plus, qu'elle me voit sans en avoir conscience, je dis : « Camille va prendre dans la poche du gilet de M. L... un flacon dans lequel il y a de Teau de Cologne, elle le débouchera et en appréciera la délicieuse odeur. » Elle se lève, vient droit à moi, cherche d'abord à gauche, puis à droite, prend dans ma poche un flacon d'ammoniaque, le débouche et en aspire avec plaisir les émanations. Il faut que je le lui retire des mains.

« Puis, toujours par suggestion, elle me défait mon soulier droit. M. F... lui dit : « Qu'est-ce que vous faites là? Vous ôtez à M. L... un de ses souhersl » Elle est offusquée : c( Mais à quoi pensez-vous? M. L... n'est pas là, je ne puis donc lui ôter son soulier. Mais vous êtes donc encore plus fou que tout à l'heure! wsEt comme M. F... lève les bras au ciel en me parlant, Camille s'écrie : « Décidément, il faudra que je vous conduise à Maréville. C'est dommage! Pauvre M. F...! » Celui-ci ne se tient pas pour battu : « Mais enfin, ce soulier que vous tenez là, qu'est-ce que c'est? » Je viens au secours de mon sujet, et je dis : « C'est un souher que Camille doit essayer, elle n'a pu le faire ce matin chez elle, parce que son cordonnier lui a manqué de parole ; il s'est enivré, et il vient de

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