‹ Les amants byzantins; romanChapitre 3 sur 37 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

peu grandiloquente, musicale même, qui veut rappeler le souffle épique des sagas et sent son poème en prose. Au contraire, toutes les fois que la perverse Eudoxie, le louche Nicéphore, Troilus et Agathias, roués naïfs, occupent le lecteur de leurs combinaisons, j'ai usé d'une langue voisine de celle que l'auteur des Liaisons dangereuses attribue à Valmont dans ses correspondances d'intrigue. On pensera que cette rupture de ton servait ma commodité : il me semble qu'il en sort comme un reflet de ce style byzantin qui, avec des emprunts composites, forma son caractère original.

Une autre objection est la difficulté de se forger une exacte représentation de l'état d'esprit d'un soldat normand débarquant dans la Ville-Reine au X® siècle, c'est-à-dire en plein cœur de civilisation byzantine. Je réponds que, sur ce point de psychologie, les documents ne nous manquent point autant qu'on le croit. Je renvoie ceux qui, pour s'instruire, hésitent à s'embarquer dans le brouillard des sagas, à la curieuse étude du caractère de Sigurd-le-Hiérosolymitain, roi de Norvège, que, d'après des récits contemporains, le comte Riant a établie avec une vérité qui

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