‹ Les amants byzantins; romanChapitre 4 sur 37 · PRÉFACE V · texte numérisé non relu

PRÉFACE V

saisit. Moi-même j'ai eu la curiosité de transporter un homme de poudre hors du milieu sauvage où il avait vécu dans notre rumeur parisienne. On m'accordera que si la civilisation a une date, la barbarie n'en a point. Avec des différences de race, l'étonnement d'un soldat warangien devant l'apothéose de Byzance ne dut pas être très différent de la stupéfaction qu'un pauvre cavalier berbère éprouva, sous mes yeux, devant la splendeur de Paris. Plus d'une lueur dont j'ai tenté d'éclairer l'âme obscure de Dromund est jaillie pour moi des confidences de mon serviteur et ami, Hamara-ben-Mohamed-ben- Amokran.

Pour Irène, j'avoue qu'elle n'est qu'une femme touchante et qui méritait le bonheur. Il n'y a de byzantin en elle que cette faiblesse qu'elle eut de chercher la consolation dans la tendresse d'un soldat infidèle, quand c'était pour Dieu même que sa grâce semblait marquée. Si élevée au-dessus du monde par ses élans mystiques, peut-être appelaitelle comme au secours les bras robustes qui pouvaient empêcher son âme de se détacher. Je n'ai que faire de lui chercher des excuses dans l'avarice de son mari, dans l'égoïsme de ses frères,

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