VI PRÉFACE
dans la perversité d'une amie, dans la corruption de son siècle, enfin dans le chant de Dromund. Elle sera absoute si j'ai su la faire aimer autant que je la chéris ; — si l'on aperçoit en elle une de ces blessées d'amour pour qui la mort est le seul refuge ; — un symbole de la lassitude de penser, de savoir, d'espérer en vain, qui, au crépuscule des civilisations, nous fait rêver avec un vertige d'amour aux étreintes de la barbarie.
A la dernière ligne de cette lettre, où, une fois de plus, j'ai le plaisir de me dire votre obligé, vous me permettrez, cher monsieur et ami, de nommer un artiste qui pour moi a été un vrai collaborateur : le compositeur Henry Woollett. Ensemble avant qu'une croissante tendresse pour mon sujet m'obligeât de le conter en prose, nous avons construit en livret d'opéra cette aventure des Amants byzantins. Des fragments de la partition avaient été donnés avec succès dans des occasions privées ou pubhques lorsque j'ai commencé d'écrire ce roman lyrique. Que de fois les Leitmotiv du musicien ont chanté dans ma mémoire, tandis que j'écoutais cette voix intérieure qui nous dicte I Un jour, l'obsession fut trop forte. Je voulais montrer Irène à genoux sur