CHAPITRE XXII
JLjes événements s'étaient succédés avec trop de rapidité pour que le public eût eu le temps d'eu tirer aucune conjecture* Quelques personnes s'étonnèrent pourtant «que l'ambition si connue .du marquis aboutît à un simple mariage- fait dans sa famille; mais on -attribua ce triomphe, à la beauté de mademoiselle O'Gérard : les plus instruits, comme les moins indulgents, ajoutèrent que Charlotte, d'après sa première aventure, n'eût pu trouver un autre époux. On s'égaya sur le sort qui mepaçart celui-ci ; mais la malignité /toujours prête à $*& rêter «devant :1a fortune y respecta la tranquillité de George, qui se croyait certain que Charlotte , avant lui , n'avait jamais aimé.
Le marquis chercha à dissiper le
profond chagrin qui avait pénétré dans son ame , par le hruit et la magnificence des fêtes qu'il donna à l'occasion de ce mariage. Il logea les nouveaux époux dans son hôtel b et récompensa madame Oliva avec beaucoup de générosité.
La jeune. comtesse se promit bien de la prendre pour guide dans son nouvel état. Elle était si éblouie de sa fortune , si occupée de sa parure et de ses. plaisirs , qu'elle songeait à peine que George fut son époux. . .
Elle le voyait le moins qu'elle pouvait, £t le trouvait toujours si prévenu envers lui-même, qu'il ne lui était pas difficile de lui faire croire qu'elle répondait à son amour. Au surplus, cet amour s'éteignit dès qu'il cessa d'être contrarié , et George ne tarda pas à connaître les Regrets.
L'avarice, qui: était sa première et sa plus solide fikisîon 7 ^irritait sans cesse contre une femme qùï y ne
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songeait qu'à briller;, à plaire , et dépensait pour sa toilette' des sommes -capables de déranger la fortune la mieux établie.
A la vérité , il avait le plaisir d'eutendre dire que la comtesse George était la plus belle femme de Paris , que personne ne pouvait rivaliser avec elle pour l'élégance et le goût. Cette réputation ne valait pas à ses yeux les 'sacrifices qu'elle lui coûtait; mais comme sa jeune épouse était soutenue par son père, il n'osait pas tout-àfait la contraindre 9 ni même lui confier tous ses chagrins, - Il y avait plus de deux ans que pe couple mal assorti était uni 9 quand une maladie grave dont la marquise de Surgi fut attaquée suspendit bientôt toutes ses dissipations ; la légèreté et l'indifférence de la comtesse la rendait peu propre aux soins qu'elle devait à «a belle-tnère ; elles les rendait même de si mauvaise grâce, que cell?»
Cfï l'en eût volontiers dispensée ; mais Honorine était si généralement estimée, que sa bru se croyait forcée - cPafficher beaucoup de tendresse et d'égards pour elle ; dès qu'elle se sentit mieux , elle fut la première a engager Charlotte à se distraire jet comme sa maladie avait fait différer uije partie de chasse projetée depuis longtemps , elle obtint de son mari qu'elle eût lieu le jour suivant.
La comtesse montait à cheval à ravir; mais le pauvre George était si timide et si maladroit à cet exercice 3 qu'il s'excusa de n'en pas être.
On ne manqua pas de trouver les écuyers les plus galants pour raccompagner , et le marquis de Surgi luimême 3 quoique moins leste que dans sa jeunesse > se distinguait encore par sa bonne mine et son agilité.
La chasse fut aussi brillante qu'heureuse. Le marquis se piquant* encore de galanterie > et attachant beaucoup
de prix à son adresse , faisait rapporter eu triomphe par un piqueur un jeune chevreuil qu'il avait tué luimême. II entra dans la chambre où était sa femme pour lui en faire hommage ; mais par un malheur étrange, la pointe d'un tapis se releva sous ses pieds y et le fit tomber. jÇon fusil, qui était chargé et qu'il portait encore ,. partit; la balle lui perça le front , et retendit mort aux pieds de )a marquise , qui jeta un cri perçant
et s'évanouit.
On se hâta de relever le marquis , d'éloigner des yeux de son épouse un spectacle aussi affreux ; mais l'arrivée des chirurgiens ne laissa aucune espérance. Le deuil et la consternation succédèrent auxplaisirs, et malgré les torts du marquis , Honorine né pût s'empêcher de verser les larmes les plus sincères en apprenant sa mort.
Toute autre manière de le perdre l'eût affectée sans doute , mais la ter-
reur et T effroi s'étaient joints à sa douleur dans les premiers moments d'une convalesceace mal. affermie.
Une rechuté des plus dangereuses l'avertit elle-même qu'elle ^le; survivrait que peu de jours à soi* époux; et comme elle était en pleine connaissance , malgré les accidents qui étaient survenus., une foule de souvenirs et de sentiments qu'elle cherchait depuis long-temps à écarter, s'offrirent de nouveau à son esprit.
Elle avait reçu chaque année quelques lignes de madame de Cerrieuil, qui lui apprenaient que Nada vivait heureuse d'un sort qu'elle ne pouvait, comparer à . attéun» airtrer, et qui ne lui» dormait ni- désirs ni regrets. Jusque-là cieitc certitude a<yait' suffi àis* tranquillité ; mais firappéè delstipenr sée qu'elle allait paraître, devant l'Br»
ternel pour y rendre compte de toute sa vie , elle éprouva de grands remords. Les motifs qu'elle avait ei»
de dissimuler pour obéir à son époux, éviter le scandale d'une humiliante séparation , et plu» encore la crainte qu'il n'en résultât de plus grands malheurs pour Nada 9 n'existaient plus.
Dès-lors elle la privait injustement du partage de sa fortune , de son étal dans le inonde, et de sa liberté; il lui sembla que h? Ciel n'avait pas permis sans dessein la mort si prompte, si imprévue du marquis. Du moins se crut-elle dégagée par sa mort de la promesse indiscrète qu'elle avait faite de sa taire , et se décida-t-elle à se conduire par les conseils d'un homme aussi probe par caractère qu'éclairé par état sur un semblable sujet.
George et son épouse forent fort inquiets en apprenant que M. le Moni, notaire de la famille , était enfermé avec la marquise, jugeant d'après leur conduite envers elle, qu'elle n'avait pas lieu de les aimer ^ ils supposèrent qu'elle faisait un testament contraire
( **5 ) à leurs intérêts , et auraient bien voulu voir le notaire pour s'en faire un ami : mais M. le Moni n'écoutait que la justice et la vertu ; celle de la marquise lui était connue , et il joignait le plus tendre intérêt à l'estime qu'il avait pour elle. f
Il connaissait aussi le caractère de George , et ce fut d'après l'opinion qu'il en avait qu'il dirigea la marquise , parfaitement docile à ses conseils.
M. le Moni, déclara donc qu'elle avait une révélation fort importante à leur faire ; qu'elle exigeait ' qu'on rassemblât fous les membres de la famille, auxquels il venait d'écrire d'après ses ordres formels. George, fort inquiet 3 mais persuadé que M. le Moài avait trop de respect pour lui pour le désobliger* , lui dit que ces démarches publiques étaient peu convenables; que la marquise avait tort de s'alarmer de son état 5 et dé
se croire au lit de la mort ; qu'au surplus il n'oubliait pas qu'elle était sa mère , et remplirait avec fidélité ses dernières volontés , désirant qu'elle ne les fit connaître qu'à lui seul.
M. le Monï se renferma dans l'obligation où il était de répondre à la confiance d'une femme mourante qui Pavait appelé près de lui, et résista aux insinuations de George ^ qui lui faisait entendre, â tout événement , qu'il était plus avantageux pour ses intérêts de ménager les gens puissants jqui se portent bien,, que la volonté d'une femme affaiblie par de longues souffrances . ei qui rie jouissait peut-être même plus debout son bon sens. — Je pense, reprit M. le" Moni , que c'est précisément pour prouver le contraire Y qu'il est à propos qu'elle s'explique devant pfusieurs Jémoins ; d'ailleurs monsieur lé comte est trop bon fils pour ste résoudre à.
contrarier sa mère eu quelque chose
dans un moment si douloureux,]© pensequ'il nepeutmonfrer trop d'empressement à la satisfaire, et je lui déclare que madame la marquise a fixé l'assemblée pour jeudi prochain. — Soit, reprit George, lançant sur le sévère notaire un regard metiacanf; mais dès qu'il Peut quittée il envoya des exprès à diverses personnes <jpl& la marquise avait mandées , et qui ii T éf aient point à Paris , il leur écrivit ; que les dispositions de sa mère éfeiekt fchangées, et -qu'elles seraient |>rëve- * nues de nouveau si leur prësende était nécessaire. : : r
d^hfluënté darife Iâ ; fetoîHe ^(au'ote ne ïà cïàignâft x pa&, de* quelque 'ritfture ^àe fôt tesëérërtgû^rï frfl^dëèèttvrir M. ïe Mom fut surpris^ it jour coAveûu , de ne point voir irriver les personnes auxquelles la marquise âVait fait écrire : mais c'ômme ce n*ë-
( an8 ) tait que des parents éloignés et qu'ellemême considérait peu y on ne les attendit pas.
La marquise était un peu moins ma); elle se sentait plus de forces, plus de liberté d'esprit, et prévoyait avec raison que cette heureuse disposition s'affaiblirait à mesure que la maladie grave qui la conduisait au tombeau ferait de rapides progrès-
Elle parut souhaiter seulement que deux de $es plus fidèles domestiques restassent près d'elle; mais, à la trèsgrande surprise de George > il reconnut la mère Michel au pied du Kt de sa mère; il en avait % conservé quelques souvenirs, de ceux qui ne s'effacent ppint dans la première enfance:
la. mère Michel lui apportait des galettejs et des fruits secs, toutes les fois qu'elle amenait Nada à l'hôtel; aussi, ^nalgré son Age 9 et quelque changeipept dans son costume qui semblait annoncer qu'elle n'habitait plus au
village y il n*eùt qu'à jeter les yeux sur elle pour se rappeler qui elle était; mais fronçant le sourcil avec un air d'impatience et d'humeur, il .s'adressa à M. le Moni. — Que fait cette femme ici? lui dit-il; est-ce aussi ma mère qui vous a chargé de l'avertir? Les bonnes-, lès nourrices, et les valets sont- ils faits pour se mêler .parmi nous? — Monsieur le comte saura bientôt pourquoi la présence de la mère Michel est nécessaire ici.
Je pensais d'ailleurs que les soins et la tendresse qu'elle avait pour votre sœur méritaient peut-être qu'elle parût moins étrangère en ce lieu. — Est-ce quelle n'a pas été payée? reprit George. — Finissons, finissons, rer prit avec* assez de force la marquise; monsieur le Moni, faites asseoir madame O'Gérard ; que George et son épouse s'approchent de moi , et surtout qu'ils ne mViiterrompent pas.
Chacun se plaça de là manière qui
fui était désignée $ la marquise, soutenue par ses domestiquée, s'assit sur son séant, etcommença v Mes enfants, le terme de mes jours est arriverai trop souffert pour regretter la vie; mais, pour la quitter sans teniords t rua conscience, f honneur, la riàture, la vérité , m'obligent à vous faire uk aveu„.(Icil'âftentton redoublé.) Votre soeur Nada ri\?st point, morte ; conduite par moi dans une retraite profonde, j'ai cru lông^empé faire mon devoir eil désavouant soti existence , vous ferez le vôtre en la recueillant près de vous , en la rendant à ta société. — Madame , dit George avec véhémence et sans pouvoir dissimule^, le chagrin que lui idôiyiait cette houvelfe; vous me permettrez de vous observer qu'en ouvrant il y à quelques jours le porte-féuilIè de moû père, j'y ai trouvé quatre lettres, dofct le timbre est de Grenoble ou de Lyon ; ce sont de ces deux Viltefr
( a3 1 ) que vous lui mandiez la irialadie cfe ma sœur. Après avoir peint ses souffrances et votre inquiétude , vous luî apprenez sa mort; vous conviendrez qu il serait assez singulier qu'après quinze ans cette chère Nada ressuscitât, appareil! ttiènt tout exprès pour prendre part à la sûccçsséiôn.— Ta'isez-vous,George, reprit la jeune comtesse j plue habile à dîssiiiiiiler fet à se contraindre que son mari ; H hë s'agit point d'hériter; et ma bélle-iitëi-e à frop de priidënce pour èxigejr qiVë Ton croie saris preuve ufiévénenient aussi extraordinaire. — Le serinent d'une fetiirtie prêie à -perdre là Vie,.
à qui il he p'eut féstet' pour èlleV inertie ni projets ni espérance eut la terre , pourrait suffire à d*autres qu'à' vous ; j'ïnvoquerai aussi le respect qui m'est dû par des enfants plufc aoiïmis que les miens; mais j'ai prèvii' votre incrédulité , et j'ai d^htresk moyens;., -i Moi ; dit George d'au,
air à demi-railleur, je ne vous manque point de x'espëct en croyant ce que vous avez écrit. Si vous permettez, j'irai chercher ces lettres... Peutêtre qu'en reconnaissant votre écriture, la mémoire de ce triste événement vous reviendra... — Oui, oui les lettres ï reprit grossièrement madame 0'Gérar3 ; il est bien pl\is naturel de croire ce qu'on a écrit dans tout son bon sens , que ce que l'on déclare quand on va mourir... Voyez-vous, . dit-elle en s'adressant à M. le Moni> la iête n'y est plus. Pauvre chère Honorine , qu'est-ce qu'elle va se tourmenter l'esprit de sa chère petite Nada ! elle est plus heureuse que nous* c'est un petit ange dans le ciel. — Madame, dit M. le Moni,la déclaration cjue j'ai, reçue hier de madame la marquise a été faite en présence du docteur, qui a déclaré qu'elle étak sans fièvre, et qu'elle jouissait pleinement de toutes ses fecultés.— M. le
{ 253 } Moni veut -il bien nous lire çetfe pièce authentique? — Non seulement celle-là , monsieur le comte ; mais un acte par lequel une madame deCerneuil, dctat Pasile vous sera connu >, a reçu chez elle la fille de madame la marquise , pour en prendre soin, Télever en secret , et ne la remettre que sur un ordre exprès de sa mère... Le double de. celte pièce est dans les mains de madame de Crrncuil , il est, signé de îa mère Michel , qui à elle-même déposé cet enfant. — Cest la vérité, c'est la vérité^s'écria la mère Michel, Dieu à permis que je vécusse assez long-temps pour l'attester.. . Làdessus elle entra dans les plus grands détails sur le voyage qu'elle avait fait avec la marquise, sur la maison et la personne de madame de Cerneuil % rapela ensuite une légère cicatrice que Nad'a avait au front, et que le temps ne pouvait pas avoir entièrement effacé JLa naïveté de son
C 23 4 ) sfyleet la multitude de ses souvenirs, ne permettaient point de croire que ce fût un rôle étudié. Jamais l'expression de la vérité n'aVait été plus forte ,.
ni mieux faite pour convaincre.
George consterné , avait lesyeux fixés sur le plancher , comme un homme (Jui cherche à prendre «ne résolution et ne peut se résoudre a rien; madame O'Gérard disait tout haut. « C'est fort désagréable pour
« ma fille... cela n'est pas juste On
« croit épouser un fils unique, et oa^
« le prend comme il est Si j'ayâîs
te su... si j'avais pensé... mon Dieu !
« ma chère dame, quelle idée aviez- « vous donc dé dire que Votre fiHe ce était morte, quand elle ûe Fêtait pas? 4 « C'est bien vilain de mentir. .A votre a place, je n'aurais jamais consenti à c< faire passer ma fille pour morte, ce Mentir...dissimuler pendant quinze ce ans , c'est bien vilain au moins. »
~ Dieu sera mon juge, réprit trister
( 235 ) ment madame de Surgi , que les dispositions où elle voyait ses enfants chagrinaient beaucoup.
Charlotte, qui avait bien plus d'esprit que son mari > pensa taut-à-coup que la marquise n'était point encore niorte, qu'elle pouvait refaire son testament , et les punir de leur mauvaise volonté. Jetant donc un regard 1res -significatif sur son mari ( qui connaissait fort bien sa finesse et sa supériorité sur lui), elle le, contraignit à se taire, et à ne pas la désavouer. — Ma mère , dit Charlotte à madame 0'Gérard,je suis indignée de ce que vous venez dé dire , et j'espère que madame voudra bien mé croire absolument étrangère à tous ces débats. Nada existe, puisqu'elle nous l'assure; je ne veux point entendre lire toutes ces déclarations ; je ne veux point de nouvelles preuves ; j'espère au contraire que nia pauvre petite maman guérira, et sera Bientôt
C *36 3 en état d'aller chercher Nada ellemême... Àlïons , George, quittez ce caractère intéressé qui a toujours été votre seul défaut : uous serons encore assez riches 3 et nous n'avons pa* d'enfant... — Voilà, dii M. le Moni f une conduite fort estimable , et qur fera dans le monde beaucoup d'honneur à madame. — Ah l Charlotte, s'écria la marquise en tendant les bras à la comtesse ef en fondant en larmes 5 venez que je vous* presse contre mon sein. Le monde, en vous rendant justice, ne saurait vous payer assez ; mais si quelque chose pouvait me rendre au bonheur et à la vie ,, ce serait de vous connaître des sentiments aussi nobles et aussi généreux.. Hélas î par une fatalité sans exemple, et dont je ne veux accuser que le destin , Nada s'est vue au nombre des orphelines lorsque les auteurs de ses jours existaient encore ; fa vertu seule s'est chargée de son enfance; et
< â3 7 ) pour la rendre à la société il fallait
que son^père et moi nous quittassions îa vie'. Ah ! Charlotte , dans peu elle n'aura plus de mère-.. — Je lui eu ;ser virai , reprit là comtesse. — Et vous, mon fils, dit la marquise en lui tendant la main. — Moi, dit George, je ne saurais - m'empêcher d'être un peu fâché de ïout ce qui vient de se passer iei.Pensez-vous, madame, qu'il soit flatteur de voir vôtre méfîanee ?.. .
Qu'était^ il besoin d'assembler tant de personne,de prendre des témoins...
d'avoir- un notaire... de faire des actes?... Si vous nous aviez rendu plus de justice, c'était assez d'appeler près de vous Charlotte et moi. Si j'ai eu l'air de ne pas vous eroire et de vous résister, c'est que j'avais de l'humeur; mais je ne saurais vous affliger plus long-temps : pour vous le prouver , dit-il à la marquise , laissez-moi un ordre pour que Nada me soit remise par madame de Cer-
( *38 ) neuil 9 et je pars à l'instant pour vous la ramener. — II est trop tard , repritelle douloureusement ; la malheureuse enfant ne me reyerrait que pour recevoir mon dernier soupir.
Il ne faut point qu'elle sache combien je l'aurais aimée -, il ne faut point qu'elle puisse me regretter. Ah ! moimême, si je la revoyais, je ne saurais plus mourir.
Un entretien si pénible avait épuisé les forces de la marquise ; elle se trouva très -mal, et ce ne fut que deux joinrs après que son médecin lui permit de causer avec ses enfants, qui redoublaient de soins près d'elle , etiirpnt tout ce qu'il fallait pour la troncpùllfeer entièrement.