‹ Les amants enchaînés. Illus. de MayoChapitre 17 sur 29 · I.K HKAMI · texte numérisé non relu

I.K HKAMI

NOUS iX'slMnriT srrii'iisi'îîu-nt .iincs un Ici \(»yaj;('... i\<ms in «Ils ri'M'noiis cet .iprcs-niKli. si vous voulez.

LtU'ilc c! (icMiucilc se lc\crcnt. Ilclciu' les regarda s'cl» 'ligner, froissant sons leurs pas les feuilles mortes, comme ses beaux rcxcs (|u"elles Ncuaient de piétiner.

.\près les ])lus \ lolenl.s coups du sort, il \ a toujours un moment de détente, où l'être pliysicpie. resté indemne, reprend le dessus et soutien! le moral. j)our é\ iter (|ue. i)ar une eontaf^don trop rapide, tous deux succombent entièrement. Lors(|U'la catastrophe éclate, il semble d'aixird (jue tout s'écroule et (|u'on ne ])ourra lui sur\ivre. Mais, assez \ite, on se sent (léli\ré d'un ])oids immense ; on éprou\e pres(|ue un soulagement à être certain de (piel{|ue chose, même cpiand cette certitude est .ibominable.

Les femmes, notamment, ont d'imprévus ressc^rts. Après c[uelques minutes de dépression, Mme l'onteney retrouxa sou énerjj^ie et sa lucidité d'esprit, b'dle alla téléj^rai)hier à (leori^avs de rentrer d'urf^ence à Pérouse, ayant soin de lui in(li(|uer le train (juil de\ rail prendre à Rome, dans la nuit, pour arriver des le lendemain matin.

<K> I.KS A M AN rs J'Xril Al NKS

ruis. aprôs do jcuncr. clic rcjoii^nail Liicile et. très traïK-honient. la mol la il au courant des projets c}u'olle axait formés avec M. ivichaud. Ce fut à Lucilo de s'attendrir et de [)laindre sa rivale. Spectacle déconcertant : mali^ré leur sc^urde rancune, une sorte de sympathie naissait, entre ces deux femmes foncièrement bonnes, du mal que chacune, involontairement, faisait à l'autre. Bien mieux, au lieu d'accabler le coupable, cause de leur double souffrance, elles lui cherchaient des excuses et ne songeaient qu'à adoucir sa blessure. Elles convinrent que ^Ime Fonteney le verrait d'abord, pour l'informer des événements survenus depuis son départ. Elles combinèrent tout un scénario et réglèrent, comme pour une représentation dont elles n'auraient été que spectatrices, les péripéties d'une rencontre où allait se jouer leur bonheur.

Cicorj^cs tra])]),'! à la porte.

— l''iUrc/. ! (lit IlélciK' (1*11110 xoix nette, en s*etï()i\\'iiit (le prendre une altitude n,aturelle et calme.

D'un Ixiiid. il fut ])vv> d'elle, lui saisit les mains.

— Ou'y a-t-il ? I*i>ur(iii(»i n'ëtes-\(>us pas venue à la i^^are ? j'ai eu terriblement j)eiir en ne vous apercevant pas sur le (|uai. XOus êtes souffrante ?

— Non. mon ami... Rassurez-vous...

— Alors ?

Comme elle hésitait, il reprit \ivement :

oS |.i:s AMANTS 1-:NI'1I AINKS

— X'inis no ni"ainicz i)lus ?

I^lle le rci^anla a\cc ces yeux de tendresse passiiMinée (jui. tant de fois, l'avaient 1x)uleversé.

— Ah ! nii^n ami...

— Alors, que m'importe tout le reste !

— Calmez-vous, mon ami... \'oyez comme je suis calme moi-même...

— Comment voulez-vous que, moi, je le sois ? Depuis que j'ai reçu votre dépêche, je ne vis plus, je ne sais plus comment je vis... J'ai aussitôt téléphoné à l'hôtel : on m'a répondu que vous étiez sortie. Cette réponse, qui aurait dû me rassurer, m'a au contraire exaspéré. J'aurais préféré vous savoir dans votre lit, malade... Au moins, j'aurais compris... J'ai marché toute la journée par les rues de Rome, cherchant vainement une auto qui voulût m'amener ici. Le soir, j'étais à la gare, deux ou trois heures plus tôt qu'il ne fallait... Ah ! quelle nuit !

— Si vous croyez que j'ai dormi...

— Hélène, je vous en supplie, parlez vite. Qu'y a-t-il ? Vous n'êtes plus libre de disposer de vous ?

— Si, mon ami, je le suis toujours.

Elle secoua la tête lentement et dit d'une voix grave... (page 101).

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