‹ Les amants enchaînés. Illus. de MayoChapitre 23 sur 29 · I - \ I !-"S \M \\ l'S !• NiIlAl \lvS · texte numérisé non relu

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Liicile. plus i|iic (iciMi^rUc encore, cherchait comment Un témoioncr sa Keconnaissance ; elle avait passé son bras sous celui de (icorges, et, toutes les fois qu'il tournait la tète de son côté, elle le regardait avec ses j^rands yeux clairs, pleins de joie et d'amour.

— Alors, tu es heureuse, vraiment ?

— Oui, vraiment... Et j'en suis encore à me demander parfois si ce trop beau rêve ne va pas l)rusquement finir. Quand je me rappelle les années que j'ai vécues loin de toi, il me semble qu'une autre a dû les vivre... ' •

— ^la pauvre Luce...

— Je ne te parle pas des souffrances endurées pendant l'occupation ennemie : mon lot fut celui de milliers et de milliers de femmes... Mais songe, que, presque dès mon arrivée, j'ai perdu ma mère, et par ma faute : une congestion la terrassa en quelques jours, après que je lui eus avoué que j'étais enceinte... Je l'entends encore me dire : « J'aurais préféré apprendre ta mort ». Tl faut avoir passé par là pour savoir qu'il y a des souffrances pires que de mourir...

Elle lui avait déjà raconté ses malheurs le pre-

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lUKT soii- (II- K-nr rriniion ; mais tant <l\'\iMicmcnts 1 "axau'iit iMi nuinc liin|)-> accaldc' (ju'il s'en s<»nvcnait à peine. I .es i«>nrs sni\anls. éL^oïstenient . il a\ait exilé (le la (|ne^li< «nniT à nonxean snr ces souvenirs lameniaMes. I.lle. de xni eôté. n'axait plus songe (pi'à lui allénner sa peine... Mais, aujnurd'luii. flans la i<>ir (le le >entii' un peu i)lns à elle, e'étail eomme un soulaî^^'iiient de dire ses misères, de lui réxéler tout ce ([u'elle axait soutt'ert.

- Après l'armistice, je passai des ionrnées plus atroces encore. Certes, je communiais dans la joie patriotique de tous et je savourais les délices de la liberté... Mais c'est alors que se précisa pour moi la terrible (piestion de savoir si tu vivais toujours. J'écrivis à .Mi^^er : ma lettre revint axec la mention << inconnu >>. je me rendis aussitôt à Paris, m'adressant i)art()Ut où je sup])osais pouvoir obtenir quel- (juc renseignement. Très longtem])s. mes recherches furent x aines, là je commençais à croire que la guerre t'axait pris, lorstiu'un jour, à notre ancienne pension, on me dit (pi'un de tes amis était venu chercher des livres (jue tu y axais jadis laissés et dont tu axais besoin. Malheureusemeni, cet ami n'avait donné aucune indication ([ui me permit de

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le rciromcr. 1 ."iiuponaiil. (railleurs, était de sa\'()ir c[iie lu \i\ais... Mais, hélas ! ma joie d'uu inoment ne dura ^uère. l ar eufîu, si tu vivais, tu ne pensais plus à moi. puisque lu ne eherchais pas à me rejoindre...

— C'est xrai. Luce, je suis un misérable ! Mon devoir était de quitter tout de suite l'Italie et de \ enir t'attendre à Paris...- Ah ! comme tu as dû me maudire !

— J'ai surtout pleuré... J'espérais je ne sais quel hasard qui te ramènerait vers moi ou me mettrait sur ton chemin. Car je ne doutais pas que, si tu avais pu oublier ton amie d'un moment, tu ne repousserais pas la mère de ton enfant.

— Tu avais raison, Lucilç. Si j'avais su... Mais maintenant, sois tranquille, plus jamais je ne vous quitterai et je n'ai plus qu'un but : vous rendre heureuses...

Ils passèrent ainsi l'après-midi à échanger des paroles de tendresse. Ils s'assirent dans une osteria, sous une tonnelle de vigne vierge. Le soleil, à l'horizon, trouait les verdures d'obliques rais d'or. Un peu las de la course et accablés par la chaleur du jour finissant, ils laissaient traîner la conversa-

J'écrivis à Alger... (page 125)

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