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ti»»n. ( ii'i )iL;rltc' soiniiUMllail à nidilK'. l;i trie mit les i^i'houx (II- sa nuTc. I )c la iain))a<^iic. aiiloiir (l'fiix, îiv mlaicnt Ji's niillc hrnils joynix (riinc ><»ircc d'été. Il «lit à r<>np. d'uiir tcriiU' voisine, niu' voix s'éleva. ( irori^cs suii^ca au ilianl (lu'il a\ail cnlciidii (incl- (jnes semaines axant, pies d'Ilélène. Il se dressa lirusipuMiu'iit.
Kviitri «Ils. dii-il.
I',t eoiiinu' Lucile s'étonnait :
— je ne faisais pas attention à l'heure... Nous ne serons pas revenus pour le diner... Tu sais bien (jue je ne puis marcher xite»..
h'Jle n'insista i)lus. Mais le chemin du retour fut triste ei luorne. Ils n'échangèrent i)as dix paroles. Ils se tenaient loin l'un de l'autre, sans se donner le bras. Georgette marchait entre eux. l'air grave aussi, comme gagnée par le malaise.
Arrivés à la ])orte Saint-Pierre, ils s'arrêtèrent ([uelques instants sur la terrasse, où de nombreux touristes regardaient les jeux du soleil mourant. Il revit Hélène coiUemplant. en même temps que lui. la noble et pieuse vallée. 11 se rappela son exaltation, les i)hrases ardentes (ju'il axait prononcées... II n'y avait qu'un uk.ms de cela... Les jours étaient à peine
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moins longs ; la nnil lonihail à peine pins \ile. La canii)ag"ne axait la même doucenr vîrgilienne... Heures trop belles à jamais évanouies !
Vouv le tirer de sa rêverie, elle lui montra, au loin. Assise dont les murailles restaient claires dans le crépuscule.
— Avant de partir, tu m'y mèneras ?
Brutalement, il répondit :
— Ah ! cela, non !
Elle reçut le coup en pleine poitrine. Elle voulut être brave.
— Pourquoi ?
Mais il l'arrêta aussitôt, d'un air qui n'admettait pas de réplique.
— Ne me demande rien... c'est impossible.
Ils revinrent par le long Corso Cavour, presque désert à cette heure. Il se rappelait un retour pareil, près d'Hélène, dans l'émoi qui avait suivi le premier aveu. Autour d'eux, aujourd'hui, le silence et l'ombre étaient peuplés de mauvais fantômes.
\ X- lendemain, au rc\cil. il se reprocha durement sa conduite. 11 se rendit compte de son injustice à l'égard de Lucile. X'oilà comment il reconnaissait l'amour et l'abnégation dont elle ne cessait de faire preuve. Au lieu de lui faciliter l'oubli du passé, il la blessait constamment par ses paroles maladroites ou ses silences. Ah ! comme elle était meilleure que lui ! Aux moments de calme et de lucidité, un repentir profond l'étreip^nait et il aurait tout donné pour réparer le mal (ju'il a\ait fait.
Avant d'aller à son travail, il entra, comme
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chaque malin, dans la chambre de Lucile qui achevait la loiletle de sa iille. X'oulant effacer les mauxais somenirs de la \eille. il lui parla de leur prochaine installation à Paris, de l'ort^anisation de leur \ ie nouvelle. Il s'appesantissait sur d'infimes détails i)our la convaincre — et se convaincre kri-même — que tout cela était bien réel, que ce n'étaient point projets en l'air. Et, peu à peu. ému par la joie de Lucile et par les tendresses de Georgette qui était venue se blottir dans ses bras, il parlait de l'avenir avec une sincérité grandissante. Ils vivraient le moins possible à Paris ; ils achèteraient une maison de campagne où ils resteraient de longs mois.
— Où la voudras-tu ? Au bord de la mer, en montagne ?
PL lie le regarda dans les yeux.
— Tu ne devines pas ?
En la voyant rougir, un souvenir lui revint.
— Si, si, je devine...
Brusquement, venait de s'évoquer à ses yeux la semaine de juillet qu'ils avaient passée dans la forêt de l^^ontainebleau, quelques jours avant la guerre.
Lucile s'approcha, lui prit la main.
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Pas 1111 jinir. In nrcnlcnds. pas un jour où je n'ait' sonj^o à ces hcnrcs (jiii huent les plus belles (le nioii existence.
— (hère. cluTe l'cinine. lions en anroiis de pareilles... Nous ehercherons le petit ehâlel cjui le laisail eiuie. an inilien de la toret.
— Je le revois en lerniant les \en.\. comme s'il était dexant moi... Des allées de hnis y conduisent... l'n rosier grimpe au perron... La prairie à l'entour est toute tleurie de meuthes... Que de fois j'ai rêvé de lui !
— S'il est libre, nous l'achèterons... Le bonheur y pénétrera avec nous... le sou\iens-tu de nos longues promenades ? Xous couri(^ns comme des chamois. .\ \ ingt ans, cpiand on aime, il semble que l'on ait des ailes.
— Oui. nous axions des ailes... Mais la \ie les a cassées, et maintenant, je suis trop vieille...
— .\llons donc ! Xous sommes en j)leine jeunesse, en i)leine \i^ueur... Tu \erra>. lu verras... IMus jamais je ne vivrai une heure loin de toi...
— Merci, mon ami. merci...
Sous ce flux de paroles qu\ l'étourdissait, elle souriait et pleurait à la fois. Ses yeux tour à tour
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ardents cl calmes rellétaient les mouvemenls de son cccur. i^lle s'efforçait de croire aux félicités I)romises, comme un malade s'accroche à un espoir qu'il sent pourtant impossible.
Lui aussi, peu à peu, se laissait prendre aux mots qu'il disait, mots trompeurs, pareils à ces baies vermeilles qui mûrissent sur les bords de la mer Morte et ne contiennent que de la cendre. Mais, après ces instants où il tâchait de se duper lui-même, il s'apercevait avec épouvante que le mal allait en s'aggravant.
Il connut les veillées où l'on discute avec soimême, où l'on pèse le pour et le contre, mais en ne s 'arrêtant qu'aux arguments qui favorisent les plus secrets désirs ; il connut les insomnies où la pensée à moitié engourdie oscille, flamme qu'affole le vent. Les mauvais désirs l'enserraient chaque jour davantage. Quand il avait des sursauts de révolte et faisait appel à sa volonté, elle ne venait plus à son secours.
Il ne trouvait alors de répit qu'en sortant avec Georgette, tantôt s'amusant avec elle comme un frère aîné, tantôt lui parlant gravement comme à une grande personne. Presque toujours, les fillettes
Le petit chalet au milieu de la forêt... (page I Î3)
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ont uiif adoration part i< uIktc piiur Iriir \)vvv ; ( rllc (le (*KM>r^rttc st-iiihlait plus violriitc de n'avoir |)n. pendant tant «l'annécs, se nianifcslcr.
In ainis-niidi. ayaîit laisse à l'hottd I.ucilc un pou soulïrantc. au lieu de s'intéresser aux jeux de sa tille, il se promenait de loni; en large, ou. parfois, s'arrêtait, absorbé dans la eontemplation du passage. L'automne î)r««elie. éveilleuse de souvenirs, atténuait déjà les tons crus de la campagne qu'il évocjuait dans toute la splendeur de l'été, quelques semaines ])lus t<")t. lorsqu'il a\ait rencontré Hélène l)our la première fois. FI passa |)rès du banc où elle était assise ce matin-là, FI se la rappela, avec ses beaux cbeveux blonds se détachant sur les verdures. L'ombre des arbres était courte et lumineuse, semée de ])oussières d'or. Des moineaux s'enfuyaient à son api)roche, -accablés par la chaleur. Luis elle s'était levée et il revoyait encore son ombrelle blanche, posée sur l'épaule, qui faisait, entre les arbustes, une mouvante tache claire... Oh ! ces débuts d'idylle plus doux (ju'une fontaine à une bouche altérée ! Rêves merveilleux des amours naissantes arrêtées i)ar la vie ! X'était-ce pas sa pro[)re image, ce ])in ([u'a\ait incliné le vent, au
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bord de la terrasse, et qui demeurait dans l'attitude d'un coureur qui ne partirait pas ?
Tristement . il revint s'asseoir dans le petit jardin qu'arrosait le même jardinier, coiffé de la même casquette. Pour celui-ci. sans doute, rien n'avait changé : il accomplissait tranquillement sa besogne régulière. Que ne pouvait-il, comme lui, se soumettre au destin ?
Tout en jouant. Georgette ne quittait pas son père des yeux.
— Ou'as-tu. papa ?
— Rien...
— Si. si... Pourquoi que tu pleures ?
Il sécha rapidement une larme, essaya de sourire. Il répéta en imitant le langage de sa hlle :
— Pourquoi que je pleure ?
— Oui.
— C'est de joie... de la joie d'avoir une gentille fillette qui m'aime et que j'aime...
Mais, incrédule, elle secouait la tête.
— Non. non. c'est comme maman, ([uand elle se cache pour que je ne la voie pas...
Puis, d'un geste délicieux, elle mit un baiser sur les yeux de son père.
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M.iiiiUii.iiil. c f>l Imi... Mol) |);ij);i ne doit |)lus |)lc'uiTr...
Ainsi. \oiIà oii ils en claK'nl aprcs <|iR*l(jncs jours (Ir \\v coniinniu' : à soiifïrir et à j)U'urcr en caclu'lto. rliacnn di- leur cote'-. Il fallait en linir et pr'.MKlrc \\]\v v\\vV'j^](\\\v drcisioii.
— • \'iens, (ieorj^ette !
lu. tenant sa lillo par la main, il se rendit à l'aj^ence (Ook. où il lona trois places ponr la tin de la semaine.
Au retour, il a])er(;ut Lucile ([ui. remise de son malaise, les attendait sur un hanc de la terrasse.
I )e loin, il lui eria. brandissant ses papiers :
— X'oilà les hillets... Nous partons samedi matin : lundi, nous serons à l'aris.
II se trottait les mains, tachant de paraître radieux ; mais elle sentait bien (jue le c<eur n'y était ])as. lu. au lieu de la joie (ju'aurait dfi lui donner la nouvelle de ce départ tant désiré, elle n'éi)rou\ait (ju'une intinie tristesse. Il la rei^ardait. sur])ris de cette attitude imprévue. Il fui i)lus surjiris encore de lui entendre présenter des objections.
— Mais tes travaux ne sont pas terminés.
— A peu prcs... D'ailleurs, si j'ai besoin de quel-
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ques derniers (lociinicnts. le l)il)li()thécaire a promis de me les emcner.
11 y eiii un silence. Des cloches sonnaient au loin pour un enterrement.
Il s'assit près de Lucile et d'une voix sourde, en détournant les yeux :
— D'ailleurs, il vaut mieux que nous partions. Lucile posa gravement la main sur son bras.
— Il ne faut pas hâter ton départ pour moi.... Peut-être as-tu quelques voyages à faire, quelques personnes à voir...
Il comprit ce qu'elle voulait dire... Il eut un moment d'hésitation, mais, très vite, se ressaisit ; il se dépêcha de parler pour cacher son trouble, comme on bat rapidement des paupières pour dissiper une mauvaise vision.
— Non, non, Lucile... Tu es trop bonne... Il faut que nous partions...
— Ecoute-moi, Georges, et laisse-moi aller jusqu'au bout. Tu sais combien je t'aime ; je suis prête à tous les sacrifices. Je veux bien être malheureuse par toi, je ne veux pas que tu sois malheureux par moi...
Il fit un geste pour l'interrompre.
rniiH-ts-inoi d'arlit-v tT... Je u- rcnuTcic «le IniiU" la U'iidrcssi' (|Uf m mas u'-m(»i^iiéc priidant ces joiirs-ri ci je suis siirr (|iir. (Irsonnai^. (|noi(|iril « arri\t'. tu lU' m'oiiMicras pins. X.ms avons un lien (|ui nous lir l'un à l'antre mieux (\\\v toutes les rhainc^. la mère de (ie< tirette ne sera jamais une étranj^ère pour toi.
— Tu es folle. Lueile! lue étrangère! Comment peux-tu parler ainsi ? Dans (pielques jours, tu seras ma lemme lé|L;itime. Douterais-tu encore de UKji ?
— Non, mon ami. je sais (pie. (lei)uis mon retour. ])as une minute, tu n'as hésité à accomplir ton devoir.
— îl ne s'agit pas de devenir, mais de notre honlieur à tous deux.
— Es-tu bien certain de le faire ?
— Que veux- tu dire ?
— Ecoute, mon ami... Mon arrivée a brusquement interrompu des projets cpn tétaient chers.
— Je t'en prie...
hdle poursuivit, très maîtresse d'elle-même : Tu n'as pu oublier du jour au lendemain celle (pie tu axais librement choisie pour recommencer la \ie...
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Ainsi, c'élail clic (|iii lui parlait de Aime b'onlcnev ! S'il ne l'axait pas connue aussi bien, il aurait cherche (|uelle niystérieure ruse, quelle perfidie cachaient ces j)aroles ; mais il sa\ait qu'aucun l)as calcul ne les lui dictait. Il était profondément ému par tant de générosité.
— Que tu es bonne, ma t)auvre Luce, que tu es 1)()nne ! Je suis incHgne de toi... Oui, c'est vrai, j'avais ébauché une idylle ; mais n'est-ce pas le sort de la plupart des idylles humaines d'être fauchées dans leur fleur ? Qu'il m'arrive de penser encore à Mme Fonteney, je le reconnais ; mais cela passera... Et, je te le répète, je n'ai plus qu'vm but dans l'existence : faire ton bonheur et celui de notre fille... Pourtant, avant de quitter l'Italie, j'ai tme prière à t'adresser.
Tout en protestant, en effet, une idée venait de lui jaillir au cerveau.
— Je vais te parler aussi franchement que tu l'as fait... Que nous devions rentrer ensemble à Paris et reconstituer aussitôt le foyer que ma légèreté a failli détruire, cela est certain et je te jure devant Dieu que, sur ce point, je n'ai jamais eu et je n'aurai jamais la moindre hésitation. Et,