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étreinte passionnée. Lille \it do grosses larmes rouler sur ses joues. FJle lu un xiolent effort paur se maîtriser et lui cacher son troul)le. l^lle le poussa vers la porte qu'elle referma vivement derrière lui. Par la fenêtre, elle le regarda s'éloigner, harassé, lamentable, courbé comme sous un sac pesant. Quand il eut disparu, alors seulement, elle s'effondra dans un grand sanglot.
Le train, au sortir d'un court tunnel, descendait la \allcc de la Saône. Brisée par trente heures de wagon. Lucile sommeillait encore, tenant contre elle Georgette (|ui dormait ])aisiblement.
Bien que n'ayant \m fermer r(eil de deux nuits. Georges n'était pas tro|) abattu, et. par la portière ouverte, il resi)irait l'air de la campagne et la fraîcheur du matin. A l'accablement de la veille succédait une sorte de résignation attristée. Quelque chose était fini qui ne revivrait ])lus. l^endant un moment, il avait souhaité de mourir, ne vovant
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d'aiuro issue à son atïreuse situation. Mais les choses no se teianineni ainsi ([ue dans les tragédies ou les romans. La \ ie est i)lus banale. l"dle se contente d'étoutïer peu à peu les êtres sous les médiocres soucis de chacpie jour. ^
11 ne pou\ait s'assoupir ; trop d'idées battaient la chamade dans sa tête et il regardait sans voir le mou\ant paysage. Dans une gare de r)Ourgogne, des ou\ riers italiens, assis par terre, attendaient le passage du train cpii dexait les ramener dans leiu" pa\s. L'un d'eux chantait, en grattant une mandoline. ( ieorges tressaillit. Il reconnut le reirain qu'il avait entendu, un après-midi, dans la campagne de Pérouse :
/'mire une a niante morte est légère blessure Qui peu à peu ra se eieatrisant :
Mais la perdre ri-i'aute est atroee brûlure Qui ehaque jour vous roncie plus avant.
Il revit llélène en robe claire, sous le teuillagt cendré d'un olixier. l'ne onde lumineuse dottait atitour d'elle. A ira\ers les branchages, le soleil mettait sur son \isage de mou\ antes taches d'or... .\h ! oui. l'atroce brûlure... Ouelle iri)nie ! Ce chant était aujourd'hui l'écho de sa propre douleur...
l.e irnin, nu sortir d'un court tunncJ... (paye 157).
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1 li'urciisriiu-nl. (Icorj^cttc s'éveilla. Mans une S(»itt" (le hirriii' atU-*.iiK"Us(.'. il la prit sur ^('^ ^^'imux v\ la (•••iivrit di- baisers. |)r<>l(tn;^'rant 1« »n^Mciii|>s un (lialoi^nc (lt>nt la ni( m» •lonie nu-iiu' lui parut, pour la picniirre l<»is. drliciruse :
— Ma lilk'...
— Mon paj)a...
Ma rillc. ma petite lille chérie...
F)rus(iuenient. les paroles (riléleiie lui étaient revenues. Il tenait la bouée à la(|uelle il devait, aux heures troubles, se racemeher désespérément. Et, l)i)ur la première fois aussi, il eut la sensation que eetle enfant était à lui. la chair de sa chair. La voix du sang, selon rexi)ressi()n commune mais exacte, avait parlé. I)e\ant cet être fragile, - subitement devenu cpiehiue chose d'unique, puisqu'un peu de lui y vivait, une inhnie tendresse lui montait du cœur aux lèvres. 11 l'étreignit longuement contre lui. et, peu à peu. en la berçant, il l'endormit sur ses genoux... Ah! comment avait-il pu. pendant quelques semaines, ne pas se douter du trésor dont il avait la garde ? .Amèrement, il se reprocha les années où cette petite ame axait grandi loin de lui, sans lui. et il se jura de racheter sa faute par un
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excès eraniour. Dans son exaltation, il en arrivait à iroiner cjuc ses sontïrances n'étaient pas une peine suffisante et ([u'il aurait été juste d'expier plus durement. 11 sentait cpi'il était seul coupable et qu'il ne pouvait taire intervenir le hasard, le destin, la fatalité, complices commodes qui ne protestent jamais. Non, tout était la conséquence d'actes qu'il avait librement accomplis, à la légère, soit ! mais de son plein gré, sans pouvoir accuser rien ni personne. La situation présente n'était que la suite logique de son passé. Sans doute, il se trouvait quelques excuses ; mais, au fond de lui, devant sa conscience — le seul juge que nul ne dupe — il était obligé de s'avouer coupable. Il avait séduit une jeune fille en prenant le masque de l'amour, et il l'avait trompée une seconde fois, en la quittant sans motif. Or, si, en amour, une seule règle est absolue, c'est qu'on ne doit jamais mentir. S'il s'y était plus tôt conformé, que de catastrophes évitées ! Il y aurait eu sur terre trois malheureux de moins... Et le plus douloureux était de penser que, si sa souffrance était justifiée, celle des autres ne l'était pas... Pourtant, il. ne se croyait point mauvais ; il n'avait été qu'égoïste et léger ; il ne s'était pas