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avec iiiK' \c\\v cxpn-ssH »n (U- malice cspu-j^K- (ju''»n k- (IcNinc ccrlam du coii]» (in'il \a ixtUt.
— Jamais, pensa l il. on na pins spiriluellcnicnt tradnit la \i\acilé dn dc'sir. (jnc ne j)nis-jc lancer nne llcVhe anssi snre '
( io< >rir(^'s KuJiand décacheta reiueJMppe (|ni conlenait son second aiticle. 11 ajonla (|nel(|nes phrases (|n"il ratnra. remania plnsienrs fois, les déclamant à mesnre ponr jn.^er de l'etïet. I .e jeune liros le rei^ardait d'nn tel air narcjuois (pi'il tourna \-ers le mur son xisaî/e insolent.
Mme l'\)nteney arrêta le l)alancement de son fauteuil et i)lia le journal.
— C'est tout à fait bien, dit-elle. Je préfère même cet article au précédent, où vous aviez cru nécessaire d'étaler davantage votre érudition. Je crois que Georges Richaud aura \ite un nom parmi les hommes de lettres, si nombreux pourtant. (|ui écrivent sur l'Italie. X'otre style a la force et la grâce de cette nature ombrienne dont le charme, pour moi. tient justement à ce double caractère.... Mais j'ai une (piestion à vous poser.
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— Dites...
— PoiiR[iu)i mes compatriotes — à l'étranger plus (lu'en l'Vance peut-être - — ne peuvent-ils ren contrer une femme sans lui laisser entendre qu'ils sont prêts à la recevoir clans leurs bras ?
Il ne s'attendait point à une attaque aussi directe et prit un air étonné.
— Mais...
— Xe faites pas l'innocent. Vous avez voulu m'adresser une déclaration : vous avez réussi fort adroitement ; vous êtes même arrivé à y glisser mon nom...
Elle rouvrit le journal et lut à haute voix la tin de l'article : (( ... Un soleil fulgurant, qui me rappelle les soirs de ma jeunesse dans les jardins d'Alger, s'abaisse lentement derrière les collines du Trasimènc. Une ])uée d'or estompe la vallée, voile déjà les monts les plus lointains. Sur la terrasse, une femme s'avance. Elle passe, harmonieuse et souple, belle comme cette Hélène que les vieillards d'Homère regardaient marcher au soleil couchant. Le noir de ses vêtements rend plus mate sa pâleur et lui donne cette faccia smorta qui indique, selon Théophile Gautier, que la passion concentre tout le
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sang an c<rnr (Jncls regrets proniène-t-ellc ainsi ? Rst-ellc \rnne tlu"i-( lu-r l'onMi et l'apaisement 'f I''.stelle \enne iiilti\er sa dniilenr dans le ealnu- des villes (|u'lial)ila le rtn'crclli) ? Longtemps, je la suis des yeux el je songe (juil y eut des vies entières l)ouIe\ ersées ])hr de |)areilles \ isions. rëtrarcpie. à la i)reniière rencontre, n'apercent \rA^ Lanre ])lns longiemj)s. rent-être ne reverrai-je jamais cette femme... Peut-être en rêverai-je toujours... >>
l'Jle s'arrêta, le regarda.
Les yeux fixés <à terre, il dit. sans lever la tête, d'une \'oix graxe :
— l'eut-être en rêverai-je toujours...
l'-lle éclata de rire, d'un rire franc et sonore. Il se leva vivement, lui rei)rit le journal ({u'il mit dans sa poche.
Rlle sentit ([u'elle l'avait blessé.
— Je vous demande pardon... \'oulez-vous que nous marchions un peu 'l J'aimerais voir la fin du jour au (liardino di bVonte... Accompagnez la belle Hélène : vous la défendrez, au besoin, contre la convoitise des vieillards de Pérouse...
— .\ la condition cpie vous ne raillerez plus ainsi.
— Soit ! je vous le promets.
Ils marchèrent côte à côte, presque sans parler, poursuivant chacun leurs pensées. Lui, surtout, était en proie à une violente crise intérieure. Pousserait-il plus loin le jeu auquel il se livrait ? Pour cette femme cU)nt il ne savait que le nom, allait-il risquer sa tranquillité, peut-être même son bonheur? Etait-elle digne de la grande passion à laquelle il comptait désormais se vouer ? Tout lui permettait de le supposer, mais il ne voulait agir qu'à bon escient. En tout cas, pas une seconde, il n'avait eu l'idée qu'elle pouvait être l'héroïne d'une de ces banales aventures de voyage où s'accordent deux fantaisies. C'était un sentiment profond qu'il sentau naître. De celui-ci à l'amour, il n'y avait qu'un pas : devait-il le faire ?
-.- Comme c'est beau ! s'écria-t-elle.
L'émotion mettait dans sa voix des notes si graves qu'il tressaillit.
Ils arrivaient sur l'illustre terrasse qui, pareille à l'éperon d'un haut navire, s'avance au-dessus de la plaine. Ils pénétrèrent dans le minuscule jardin que gardent des griffons de pierre. Ils franchirent le petit portique inutile et charmant, ombragé de
Le petit portique inutile et charmant... (page 26).
chênes verts. v\ .ilKrcnt ^'accouder >nr K- mur (|ni horde \v tn rr-|>lciii. (Jir'1((ir's touristes, un plan à la main, cherchaient à reconnaître les villages aux flancs (les coteaux cl à sui\re le cours du Tihre qui serpente au milieu des cham])s. Le ciel était d'un hleu très doux, presque laiteux, de la nuance passée des violettes de f'armc.
— (Jue dheures. dit-il. j'ai déjà vécues en ce lieu ! Je n'en sais pas de plus belles. Dans ce pays, où la reli.c^ion et l'art trouvèrent ([uelques-unes de leurs plus pures ex])ressions. il semble (|ue toute impression s'a\i\e. (|ue toute pensée s'ennoblisse...
l'eu à peu, il s'exaltait. Près de cette femme à qui. pourtant, il n'avait dit encore nul mot d'amour, il se sentait comme transfiguré. Il déploya pour elle toutes les ressources de son érudition. Il lui montra les fieuves glorieux, le 1 ibre. le 1^:)])ino chanté par Dante, le (ditumne sacré.
— Regardez mourir le soleil derrière les collines du IVasimène... Ici^ on ne peut marcher sur une route sans soulever de la poussière d'histoire. Je ne crois pas (pi'il \- ait au monde contrée plus émouvante. Mais jamais, jamais encore, je ne l'avais éprouvé comme aujourd'hui, près de vous...
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— Asseyons-nous un instant, dit-elle.
— Klle était étourdie par ce flot de paroles ardentes, par la majesté de l'heure et du lieu, par la tlamme de ce regard qu'elle ne pouvait supporter.
Il s'empressa, lui prit les mains.
— \^ous êtes souffrante ?
— Non, non, rassurez-vous... Voici longtemps que nous sommes debout. J'ai besoin de quelques minutes de repos.
— Je vous demande pardon... Je suis si heureux que je ne sens pas ma fatigue et que je ne songeais plus à la vôtre...
Sur le banc de pierre qui court au bord de la terrasse, ils s'assirent. D'un long moment, ils ne parlèrent pas. Ils n'osaient se regarder. Le crépuscule descendait autour d'eux, mêlant leurs rêveries aux brumes du soir et aux fumées des toits. L'angelus. sonna au clocher voisin de San Pietro. Puis toutes les cloches de Pérouse redirent le mystère de l'Incarnation. Minute émouvante, où les moins religieux pressentent Tinfini...
Le vent de tramontane se leva. Brusquement, un souffle plus fort les enveloppa.