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~ Il lanl rciitriT. dit-il. \'(>ns îi'avcz ));is <\c ni.uiti'.'iii : \<»iis prendriez Iroid.
Ils repassèrent sous les eliènes \erts doiit les pctiles fenilles tressaillaient an \ent avec un bruit de soie l'roissée. IK re\ ircnt le poriicpie inutile et charmant, le jardin minnsenle («n des gamins se poursuivaient en criant.
Par le loni^ Corso, presque désert, ils re.e^agnèrent la ville. La nuit tombait vite. Déjà les réverbères étaient allumés. Ils marchaient la tête baissée, comme charjii^és d'un poids trop lourd. Chatiue fois qu'ils s'éloignaient dune lumière, ils regardaient leurs deux silhouettes grandir et s'allonger indértniment. Ils s'amusaient à suivre ces jeux d'ombres pour éviter de trop préciser leurs ' pensées.
MiiK" l'OnU'iicy relui le passaj^e (jui rindignait : (( l ncoin'l'li-tcs. iusatisfaiti's, aclic:'ccs seulement par les earcsses des h ont m es. les femmes n'ont pas d'autres réalités que leur désir, ni d'autre seeours, ni d'autre esp<dr... »
— Fa c'est une femme (jui écrit cela !
Mais, (le cette ])r()testati(Mi. elle n'était ])as dupe. Au tond, ce ([ui la révoltait, c'était de sentir (|ue la romancière a\ait raison.
l'dle ferma le livre. Autour d'elle, sous les arbres, entre les vieux murs ouatés de mousse, une
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paix silencieuse réi;nait. I/ànie du passé ])arait les choses crime prenante mélancolie. Mme Fonteney regarda sa montre : il n'était guère plus de dix heures.
— Il peut encore venir, pensa-t-elle... Mais vraiment, je suis stupide !
l'dle se reprocha son mou\ement de mauvaise humeur. Pourquoi donc avait-elle refusé à Georges Richaud de venir l'attendre sur cette petite place, pour visiter avec lui les anciens quartiers de Pérouse ? Elle n'arrivait pas à démêler au juste les motifs de son refus. Coquetterie, ruse de femme qui se fait prier ? Elle ne le pensait pas. Plutôt prudence et raison, trouvant que le jeune homme gagnait trop vite du terrain et redoutant cette nouvelle promenade en tête-à-tête.
— En tout cas, s'il m'aimait vraiment, il serait néanmoins venu, ne fût-ce que pour s'assurer que je n'avais pas changé d'avis...
Elle rouvrit le volume à la même page, relut la même phrase.
— Nous sommes bien toutes semblables. Nous nous étonnons que les hommes nous poursuivent et nous attaquent ; en réalité, ils s'approchent seu-
U'iiuMii (le crllt's (ini leur ont laisst* ('((niprctulrc (|n\'lK'^ 1rs .ittcndaicnt. [}\\<>\ (ri'xlra'Mditiairc à ce (jiK' 1 un driix. iiu' rcîUMniraiit seule et nie troiuaiit à son i;oui. ail v\\ \'\(\vc de nu' taire la cour ? ic (jui est plus surprenant, l'est (pie je n'y sois j)as indifférente v\ (pie je \ ienne iei. à Thenre oi'i d'habitude je sors dii lit. sinî])lcnK'nl parei' (pi'il m'a parlé hier de celte piaz/.etta et (pie j'ai l'espdir (lu'd m'y rejoindra... .\lloiis. ma petite I lélène. c'est le niomenl d'a^Mr... Il faut ([uc je lui demande nettement de ne phis penser à moi : et s'il ne veut [)as s'écarter de mon chemin, c'est moi qui partirai...
I^lle compléta sa i)ensée d'un <.!;este affirmatif. IHiis. elle tenta de poursuivre sa lecture. h'Jle acheva une paj.^e. tourna le feuillet, s'aperi^ut (pie les \eux seuls avaient lu. recommenc^a sans ])lus de résultat, l'^ermant vivement le h'vre, elle s'approcha du mur qui lx)rde la terrasse, voulut s'absorber dans la cr.ntemplation du i)aysage. h'dle chercha à s'orienter, à reconnaître les clochers et les campaniles surgissant au-dessus des toits roux.
In bruit de i)as la fit tressaillir.
— Le voici !
Déjà, elle l'axait imaginé, dans son complet gris,
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si jeune d'allure uialî^i-c sa lci;vre claudication, le \ isai^e coloré, barré de la moustache brune (|ui lui donnait un air niale et décidé. I^lle vo\'ail son bon sourire et la joie ([ui remplissait ses yeux dès (.[u'il rapercexail. C"omme elle aimait le regard ' chaud dans le(|uel il ren\elop])ait toute !
De rétroite rue, sortit une i)aysànne qui traversa la place et disparut sous une \oûte.
Hélène ne put réprimer un mouvement de dépit qui déchira à moitié le volume de Mme de Noailles. Elle se leva vivement. Et, tout en marchant sous les arbres, dont l'ombre se faisait rare et plus tiède, elle essaya encore de se raisonner et de se prouver à elle-même combien sa conduite était imprudente... Certes, ses trois années d'union avec un homme qu'elle avait plus estimé qu'aimé ne pouvaient remplir toute sa vie sentimentale. En apprenant la mort héroïque du capitaine Eonteney, presque au début de la campagne, elle avait eu d'abord l'intention de se \ouer à sa mémoire, rachetant par un culte posthume l'indifférence qu'elle se reprochait main-, tenant d'avoir témoignée à ce mari trop absorbé dans d'importantes entreprises industrielles. Un instant, elle avait même pensé à se retirer du monde