‹ Les amants: poésiesChapitre 54 sur 60 · LES TRÉSORIERS · texte numérisé non relu

LES TRÉSORIERS

Le peuple fraternel, aux lointaines lisières. Vibre ému tout entier de la beauté des lois Qui scellèrent ses pieds aux plaines nourricières*

Les timides soupirs, les féroces abois.

Tous les instincts errants, toutes les fourmillières.

Ancêtres, ils sont nés sous votre ombre, autrefois !

Tout ce qui rampe ou court; tout ce qui saigne ou tue, A vos pieds dormira, cendre inerte et sans voix. Pour que la sève en vous monte et vous perpétue.

Vous absorbez sans fin par des canaux étroits Tous les rêves éteints de la vie éperdue Et vous en secouez la nuit l'immense poids;

Et les rêves encor tombent de vous, ô bois !

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