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“ Dans cet ensemble, dit-il, toutes les lignes sont pures d’une pureté admirable.
Ni l'infini n'est ravalé, si bas qu'il descende, ni l'infini n'est surfait, si haut qu'il monte; ni l’un ni l’autre ne sont confondus, si intime que soit leur union. On les distingue toujours sans qu'on puisse les séparer. Tout se tient, tout est en ordre, tout concourt à l’harmonieuse beauté de ce monument intellectuel.
Les dogmes se groupent autour du dogme central de l'incarnation, dans lequel nous apparaît Celui par qui et pour qui tout a été fait. Les proportions sont si bien
vardées que ce qui appartient à la nature
semble s'élever au-dessus d'elle, et ce
qui s'élève au-dessus de la nature semble
“ Jui appartenir. La nature supporte tout “ le surnaturel, le surnaturel explique toute “Ja nature. On voit mieux, on comprend
“ mieux toutes choses, quand on les re-
LS
garde dans l’ordre admirable de cette
‘ doctrine sainte. Non, la raison humaine
“ nest pour rien dans cette gigantesque
‘ construction de vérités. Le progrès et
LS
‘les soudures des dogmes nous révèle-
‘“ raient sa touche; l'inégalité d'âge attes-
LS
‘ terait la longueur et la difficulté du labeur ;
‘ l'incohésion des parties accuserait l'im- “ perfection de l'ouvrier. Le dogme ca- “tholique est d'une seule venue; on y “reconnaît l'œuvre de celui qui est des- “ cendu du ciel, et qui, témoin incorrupti- ‘“ ble a raconté à la terre ce qu'il voyait et “entendait depuis l'éternité, dans l'essence “divine,”
La doctrine catholique, Messieurs, révèle
le vrai et unique principe du beau. Une
POELE 4 JU LS EPS RAS 7e qe à Ve
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fois ce principe établi et prouvé aux yeux de l'humanité, elle nous montre combien il nous touche de près, s'incorpore à nous, s'accapare notre esprit, remplit nos cœurs de satisfaisantes manifestations auxquelles on ne peut résister, L'âme une fois captée, ravie, transportée sous le souffle divin, c'est pour elle un besoin comme irrésistible d’essayer à reproduire au dehors ce que Dieu inspire au dedans ; de là ces créatures artistiques,qui, dans différents genres subjuguent tantôt les yeux enles fixant malgré vous au ciel, tantôt la voix en lui faisant vibrer la harpe humaine comme la lyre d’or des anges, et ne vous laissent encore sur terre que pour devenir meilleurs. En lisant les admirables pages de Monsabré, on ne saurait lui être trop reconnaissant de les avoir léguées à l'humanité, surtout quand on songe aux notions qui président
au développement de l’art moderne. Il
faut d'après ses belles pensées, que la
beauté soit comme l'émanation de la Divi-
nité. Aussi rejette-t-il avec mépris cette
parole de Taine: “ Quand pour la pre-
CE
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CS
mière fois on découvre la vie réelle et que, pénétrant dans sa structure, on
comprend Île mécanisme admirable de
‘ses parties, cette contemplation suffit, on
ne désire rien au delà.”
“ Je veux davantage, dit Monsabré et
‘avec l'artiste de génie, Michel-Ange, je
m'écrie : Déployant ses ailes pour s'éle-
‘ ver vers les cieux, d'où elle est descen-
due, l'âme ne s'arrête pas à la beauté qui séduit les yeux et qui est aussi fragile que trompeuse; mais elle cherche dans son vol sublime à atteindre le principe du beau universel.”
Ce principe du beau : c'est Dieu ; et plus
l'être divin se montre à nous par cet heu-
reux et fidèle commerce, plus les manifes-
tations d'intimité qui en résultent font naître les émotions qui transportent et les accents d'admiration qui produisent ; mais, pour que l'effet soit divin comme la cause d’où il résulte est divine, il faut que le lien soit pur et dépouillé de tout alliage terrestre. C'est l'idée que développe admirablement le Père Félix dans sa conférence sur l'objet et la nature de l'art :
“ Si votre cœur demeuré sensible et pur, “au moins d'une pureté relative, ne sait “ s'éprendre d’une chaste passion pour Îles ‘“ beautés immaculées qui passent, sous vos “ yeux, dans le double domaine de l'art et “ de Ja nature ; si vous n'avez devant elles,
“au feu du regard des anges et du cœur
‘ des séraphins, dans leur béatifique face à
‘ face avec l’éternelle beauté, ou plutôt, si
“ange et séraphin vous-même, parcourant
CS
‘ici-bas toute la hiérarchie des beautés
“qu'on peut voir sur la terre, vous ne mon-
“te zde degré en degré l'échelle éclatante ‘qui vous élève de la contemplation des ‘* beautés terrestres à la contemplation de ‘‘ la céleste beauté; si d'image en image ‘ vous ne vous élevez jusqu'à leur arché- ‘ type éternel; si votre contemplation de la ‘“ beauté réelle n’est assez affranchie des “ servitudes de la matière, pour vous empor- ‘ter sur un souffle sublime jusqu'à la con- “ templation de la beauté idéale ; en un mot, “ si votre génie, porté sur les deux ailes “ d'une contemplation plus haute et d'un ‘ amour plus céleste, ne prend son vol pour “ monter jusqu'à l'idéal lui-même, qui réside “en Dieu et qui est Dieu même, jamais, “ oh! non, jamais, malgré l'habileté de vos ‘ méthodes et la perfection de vos procédés, “ vous n'atteindrez le point culminant de “ Ja création artistique, parce que vous ne “ mettrez jamais dans vos œuvres un reflet
“ de cette divine beauté par laquelle toutes