‹ Les Américaines (volume 2)Chapitre 13 sur 28 · I.ÀDT LOUISE · texte numérisé non relu

I.ÀDT LOUISE

Si dos Eglises ne reçoivent pas cette doctrine, je pourrois vous dire bien naturellement tant pis pour elles. D'ailleurs. Vous avez tort d'attribuer mon opinion à t:et égard aux discours de ma Bonne: elle ne m'a jamais rien dit sur cette matière; mais elle m'a donné des notions.

du fini et de l'infiui: toutes ses luslruo» lions se sont bornées à la morale et à la logique.

Le CALVINISTE.

" • •- Et comment l'étude de ces sciences

vous auront - elLe donné ui>e opinion

aussi dangereuse que celle» que vous ve-

n£* (Fénancer? ;

L'àdt LOUISE.

Qu'elle soit dangereuse % cela m'inquiête peu , pourvu qu'elle soit vraie ; car s'il falloit renoncer à croire les choses dont il est possible de tirer de mauvaises conséquences, on ne croiroit rien du tout. De quoi n'abuse- t-on pas ? C'est comme logicienne que je vais vous répondre; car, du reste , je Vous ayouerai bonnement que je suis peu instruite. Je

tBS ÀMÉRI-CÀÏNBS. ijj

tfai jamais lu les trente-huit articles contenus dans le livre des communes prières, et, par parenthèse , on m'en a dit beaucoup de mal. Toute mon étude 9 "en matière de religion, a été l'Ecriture sainte. Voici le résultat de cette lecture et de ma logique : Jésus étoit hommç , mais aussi il étoit Dieu. Dans Dieu tout est infini; donc une seule des actions de Jésus étoit d'un mérite infini $ et comme on ne peut rien ajouter à l'infini , j'en conclus qu'une seule des actions de Jésus étoit suffisante pour racheter mille mondes s'ils eussent existé. Voilà ce que ma raison me dicte , d'après l'idée que j'ai du fini et de l'infini , et ce a quoi je ne poufrois renoncer sans renverser et détruire toutes mes notions. Vous dites que c'est une doctrine papiste ; estce ma faute à moi si ma raison et l'idée que j'ai d'un Dieu m'ont inspiré leur opinion ? Que ne l'adoplez-vous , Monsieur? elle sera aussi la vôtre.

Lz GALVINISTE.

Moi , l'adopter , Madame ! Vous fcfy pensez pas. Cette idée est fausse , et *rès- fausse. Dieu avoit décidé qu'il

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