I.ÀDT LOUISE
Si dos Eglises ne reçoivent pas cette doctrine, je pourrois vous dire bien naturellement tant pis pour elles. D'ailleurs. Vous avez tort d'attribuer mon opinion à t:et égard aux discours de ma Bonne: elle ne m'a jamais rien dit sur cette matière; mais elle m'a donné des notions.
du fini et de l'infiui: toutes ses luslruo» lions se sont bornées à la morale et à la logique.
Le CALVINISTE.
" • •- Et comment l'étude de ces sciences
vous auront - elLe donné ui>e opinion
aussi dangereuse que celle» que vous ve-
n£* (Fénancer? ;
L'àdt LOUISE.
Qu'elle soit dangereuse % cela m'inquiête peu , pourvu qu'elle soit vraie ; car s'il falloit renoncer à croire les choses dont il est possible de tirer de mauvaises conséquences, on ne croiroit rien du tout. De quoi n'abuse- t-on pas ? C'est comme logicienne que je vais vous répondre; car, du reste , je Vous ayouerai bonnement que je suis peu instruite. Je
tBS ÀMÉRI-CÀÏNBS. ijj
tfai jamais lu les trente-huit articles contenus dans le livre des communes prières, et, par parenthèse , on m'en a dit beaucoup de mal. Toute mon étude 9 "en matière de religion, a été l'Ecriture sainte. Voici le résultat de cette lecture et de ma logique : Jésus étoit hommç , mais aussi il étoit Dieu. Dans Dieu tout est infini; donc une seule des actions de Jésus étoit d'un mérite infini $ et comme on ne peut rien ajouter à l'infini , j'en conclus qu'une seule des actions de Jésus étoit suffisante pour racheter mille mondes s'ils eussent existé. Voilà ce que ma raison me dicte , d'après l'idée que j'ai du fini et de l'infini , et ce a quoi je ne poufrois renoncer sans renverser et détruire toutes mes notions. Vous dites que c'est une doctrine papiste ; estce ma faute à moi si ma raison et l'idée que j'ai d'un Dieu m'ont inspiré leur opinion ? Que ne l'adoplez-vous , Monsieur? elle sera aussi la vôtre.
Lz GALVINISTE.
Moi , l'adopter , Madame ! Vous fcfy pensez pas. Cette idée est fausse , et *rès- fausse. Dieu avoit décidé qu'il