IV
de l'église anglicane qui doivent tous conduire et guider votre foi ? , ■ . . . ,
Miss DOROTHÉE. '
Sur mon honneur, Monsieur , je ne suis encore rien. Je le répète pour la vingtième fois. Vous me dites que je dois croire les décisions de l'église anglicane ; assurément je le ferai aussitôt que vous m'aurez prouvé qu'elle est cette église à laquelle Jésus-Christ a promis l'infaillibilité : je vous avoue même que je vous aurai une vraie obligation , si vous pou*» vez me donner cette preuve ; je suis de fort mauvaise humeur d'être forcée de convenir que jusque ce moment ma Bonne a et* raison r et j'àurois . bien du dépit si elle l'avoit jusqu'au bout : cela dérangerait mes petites vues pour l'ave- , nir. Prouve» qu'elle a tort, je vous a*s merai a la folie, ' ci ..■ .. . .
: TOLÉRANT. ' r'-'.
Je vous assure , moi t que ces Messieurs et Mademoiselle ont tort en un seul point. C'est de s'obstiner à condam-t ner les çentimens des autres , pendant que vous avouez tous qu'il est question
de choses qui ne sont pas absolument essentielles au christianisme.
Li CALVINISTE.
Aussi n'est-ce pas nous ^qui avons cherché querelle aux catholiques; que ne nous laissoient-ils penser à noire mode? Nous leur accordons qu'ils peuvent se sauver dans tëur religion rqp'ils aient pour npus la même indulgence , tout sera fini.
Madev. BONNET
Ce n'est pas aux catholiques , Messieurs , qu'il faut vous adresser pour ol>, tenir cette condescendance; c'est à Jésus< Christ, c'est k l'Ecriture , c'est au -boa sens et à la raison ; s'ils vous l'accordent , j'y souscrirai de bon cœur. Mais (mis* sons. Nous en étions aux preuves de la nécessité de la confession. '
Mxss DOROTHÉE. *
Jésus dit positivement : Les péchés seront remis dans le ciel à ceux aux* quels vous tes remettrez sur la terre ; Us seront retenus y si vous les retenez. Ces paroles ne sont pas équivoques^ le sens en est clair, et je défie qu'on y trouve le sens que M. le Calviniste
veut; y trouver j ilrfy a nulle ressemblance entre remettre les péchés 01* annoncer qu'ils sqr^nt, rendis. A quoi serviroit cette annonce , je vous prie ? Àuroît-on besoin d'aller a-confesse pour rapprendre d'un homme qui n'auroit pas pouvoir de les remettre ?
L'ANGLICAN
Je suis de votre sentiment, miès Do* rothée. Dans notre liturgie le prêtre dît positivement* : Notre- Seigneur Jésus- Christ qui a laissé à son Eglise la pifîfSfinçe d'absoudre tous leè pécheurs qui se fqpenfent et arapent en lui? te pardonne par sa ^dàdevriiséricànde ?
et* ptfr l'autorité qu'il m'a donnée, Js T'jÊsotrà au nom du Père, et du Fils , et du Saint-Esprit* Vous voyez par ces parole* (quex'est le îatinistre qui' absout, et aujil pinçon cp pas simplement l'absolution.
Mijssr DOJM>TBEC,<
MaBonae^ j'ai ouï dire à un' fort ha* bile hoiwmey[u'il y avoit ui*grarid ahynle ç #trp Jesr QâthoJiques et nous^ eirqttt cfet* abyme o&iéj sépafoit invinciblement J%- ^imàgijae gSuelkoms sommes occupée*
LES AMERICAINS^ ï a5
ici à jeter des pierres daDs cetabyme* Si bous pouvions'parvenir.à le corojbte», .quelle joie ! Voilà an gros quartier* de pierre que M. l'Anglican vient de jeter dans ce trou; cela me donné bonne espérance. Qu'en , ipftosças \ - abous , ma
Ma de*. BON^iE*
Mût a Dieu qu'il ne fallût que la derrière goutte de mon -sang pour la réaliser, je la dopnerois de bon cœur. L'Angleterre est devenue pomr moi une seconde patrie , et je trouve de si grandes vertus dans plusieurs de ceux que j'y connois , qu'il ne leur manque c(ue la foi pour sanctifier ces vertus et en faire des saintes. Mais continuons.
MisVDOftOTftÉE,
Je vais donc tâcher, toule .foible et toute jeune que je sqis, de jeler quelque^ cailloux dans le trou.- J'ai, dit que Jes pa* rôles de Jésus rerçfçrrapjenjt le précepte de la confession auriculaire T c'est-à-dire faite en secret: èp voici la preuve: Le roi nomme des juges pour .juger ceiix qui^sont accusés d'avoir commis quelque crime. N'est-il pas vrai que cet orjirft
126 LES AMhlCAlNES.
comprend celui de s'instruire du crime dont ils sont accusés ? N'est-il pas vrai qu'il serait ridicule de dire à des joges : Déclarez que cet homme mérite la grâce du prince ou s'en est rendu indigne , f orlez-lui l'aVrêt de son absolution ou de sa condamnation , et cependant vous ignorerez fe fait dont on l'accuse. On regarderait cet ordre . comme aussi, extravagant que celui de Nabuchodonosor , qui vouloil qu'on lui interprétât le songe qu'il avoit oublié. Il étoit donc inutile que Jésus- Christ fît un commandement formel au pécbçur de se confesser, puisque cet ordre étoit renfermé dans la puissance d'absoudre ou de retenir l'absolution qu'il donnoit aux apôtres et à leurs successeurs. Il les établissoit juge$ , arbitres , et s'engageoit a ratifier leur sentence; cela suppose qu'ils ne la rendoient qu'après un exatoen, une instruction.
L'ANGLICAN
Il n'y a rien à reprendre à ce raisonnement. Aussi notre liturgie dit expressément que les malades auxquels on donne l'absolution se seront confessés auparavant j< et comme il y a des cir-
" constances qui changent la nature du péché , il est sous- entendu qu'il faut les expliquer aussi bien que le nombre des péchés, comme Ton rapporte au juge ce qui peut augmenter ou diminuer la faute de celui qu'il doit juger. Voila , Miss 9 une autre pierre jetée dans l'abyme, de mon côté du moins. '
Lb CàLVISISTE.
Je veux bien encore accorder ce que vous venez de dire ; mais je ne passerai jamais .que la pénitence soil un sacre - * ment. Voici la doctrine de notre église à ce sujet , telle que Monsieur Ostervald, pasteur de l'église de Neuf châtel , l'a exposée :
* Il est nécessaire de se repentir de » ses péchés et d'en faire la confession » a Dieu et même à l'Eglise s'ils sont
* publics, ou aux pasteurs si en en a la » conscience chargée, Les pécheurs sont » obligés , outre cela , de réparer leurs
* péchés , autant qu'ils çn soçt çâ- '» pables, de mortifier leur chair, et de l* donner des marques sincères de leur
* repentante j mais ce .devoir ne doit » pas être considéré comme un sacre-
* ment; d'ailleurs on ne peut pas
» mtences flt.to salis^fUons que Je
Lad* MPA.EOT&. .
iVpilà •J$8fiptimcift dtyMphsieur Qjierjf ld , jy ie co^pç^ds foi* drieii f tiiais jusqu'à .£fl jgi*'U JNfepptifite de .«bous passages d^ta wi^te j^gri|,tye pour me prouver ce sentiment, il rrçe permettra de hfc le pas adopter, d'autant mieux qu'il se contredît luî-niêmé. Il commence " par établir la nécessité de là confession:
- aux pasteurs si on a la conscience char-
gée ,: la nécessité de réparer s'es péchés par la pénitence. Dans un ouvrage qui doit être extrêmement exact ,'tël.qiî'un
chanter ensuite %1 qu'on 'ne beut. .pas
■il. • » • -•*>' i!'--. ■* .-f<~ * * -?-> • r
obliger Jes pecçeurs a se conreççei: et à se soumettre à la pénitence impqsée par le .pasteur ? Qui* peut concilier le çdmtoiptîceriient aça.sôh'disç6uj^r^Y.a j,a un? Qu*èsH:é qu'une chose rne^ç^/ure , lÙn devoir, auquel on t né gftft^Jjgqr les chrétiens ? Si la chose n'est pas. tyi devoir', assurément on ne peut les y
obliger. Si c'en est uft , ou ne peut les en dispenser, , cela est cUir.. Je . ce sais pas cornaient un bûmniçr d'*éprit peut être si pçu coq^qusat» Ppur £0 Çui; «st. de savoir si cfest uo sacreroent , je n'ai pas une idée bien nette de ce mot , il me faut une explication.
Vouç avec donc oublié voflfp dhtgchistne 4 Madame* Miss Cbam|>étre suppléera au défaut de votpe mémoire.
Miss CHAMPÊTRE.
A vous dire yr^i ,t ma ïïonm > je syis, dfans|Ucas dp lady ..tîpl^jet je^ crois* que c'est *,cçlu^ *d^rt0^tei ce* Damées. ' ' ' ;
LiDi VIOLENTÉ-
Vous avez l}jçi\ ^evinç., J^ sais qu'il y a deux sacrçmens j mais j'ai oublié la sigïiincatio» qe ce mot. . .
s,i, >; ..Mxs^^QEOjaÉjE^. /ji V,.'
j G^a>eat ris&le, qu il ntyâk qud raoty* éiévpepar une papiste , qui sache «on catéshisroe. r Voici <<&: qttnp Jb'i ©âtre .A'a * \ /
appris-, Mesdames. Le sacnemeud[edt<ua&r cke i qui 4otme lia grâce ^ qui est insti-p
l50 LES AMERICAINES.
tuée par JeSus-Christ , et qui esC composée de deux choses , une visible , et l'autre qu'on tue voit pais. J'ai peut-être déplacé les mots j mais ils y sont»
Midex. BONNE.
Selon cette définition , Mesdames t il faut trois choses pour faire un sacrement : la première , une chose, un signe qui tombe sous les sens j la seconde, une chO&e invisible qui donne la grâce. et qui soit signifiée par la vi- * sible } la troisième > il faut que ces deux choses, ayêiit été instituées par Jésus- Christ y cables sacremens donnent là jirâce, çt lui seul en,est le distributeur, examines , miss Dorothée , si ces trois choses concourent à faire de la pénitence un sacrement.
W.s, DO*OTHiE.
Four mie ui: Faire entendre ma pensée à cet égard, permettez- moi de comparer la pénitence V la sainte cène. Je vois du painet du vin r ces deux choses servent à nourrir nos» corps. Voi)a la chose , le sigfte sensible qui tombé sous nos sens* Dans la pénitence , j'entends des paroles qui frappent mes orçilles, et qui portent
a mon arne l'idée d'un pardon , comme le pain et le vin réveillent l'idée de la nourriture. Ainsi 9 dans la sainte cène et dans la pénitence , lé signe extérieur m'avertit qè ce qui ta' se' passer iiivisiblement , de la chose intérieure. Jusqu'à présent la conformité est parfaite. Dans la sainte cène , le corps et le précieux * sang de Jésus nous, sont donnés .pour être là nourriture de notre ame, comme le pain et le vin nourrissent nos corps , voilà......
Le CALVINISTE.
. Arrêtée -vous , Miss , et parlez ' plus e^^çtetnen J y j s'il vous : plaît, Diies la figure d(i; corps : et du sang de Jésus ,• et non pas le corps et le sabg.
Mus DOROTHÉ»
Vous oubliez , Monsieur , que je répète mon catéchisme, qui est celui de l'Eglise' anglicane , et je le dis mot pour mot. 11 n'y a pas la figure du corps et du sang de Jésus , mais le sang et lé corps : et dans le petit abrégé de$ enfans, il y a que 2 Eucharistie contient véritablement le corps et le
sang dé notre Seigneur^ Or , venta-
élément est uh mot absolument cpn-
traire *p .ppïfâyfr WfiWft W donc d'en crojrç a fmop^ç^ecjji^^l^
tôt <ro*Ji vou^Si, pn i « f$ tc^t fr ^tfQ de. telles par^es^np ^ çtâfftWie , prene*- ycms - eq ? ,ç<^ .Jlft J%*;r. ;Qnf mises et non ^as a rpoi, l^pfysjflur l'An- . g11™?? vous qxpli^^r^pOH^uc^^est servi , dans ^ çàteçbj^i? , i&l&fyft paroles de }$Yarçglç;j .fflfflthWtf*1^ finir auparavant ^ç^ye f»9P§ Çf^ftf ft1^? mencé. Dans la pénitence , les paples que le prêtre proijqijce sojit le signé sensible detce qui se passe mtérieuremeqt ;et cette -chose itfWsibîeV £est la grâce de ta : jd&tificàlî^rv j <\\kir teéus estaccoisàée par Uè iaéti\ës èt4feu*ô*îté de Jésus-Çbrist , teà |Wtû cte * [qttOj le Ministre m'^ç^ , p&loji, M pouvoir qu'il en a reçy dç Jésus : jftfla les paroles déià citées tant 'de ibis : Joui ce <?we vcu/s lierez, dêc. Vous ne pouvez
etp dites par Jésus-(;îirisJ : je ^éfjg (ju'pji paisse; troùyer autre çboçe dan^ ces' paroles 311e. le pQuypir d.e Çep et d^çliçr. Or, si ie trp^e da^U^jl^çé J.e.s normes choses quç ^an> 1^ ^le,. cène fc
les conditions requises pour faire un sacrement , les lro>s choses essentielles au sât Renient ,' qui sont ^institution de tf&sas \lHe Signe '*sctùiblè , et la grdce ïtisn)siï)lë'f^ né suis pas' libre de ijier que Ha pénitence est un sacrement : je ne le pourrois pas quand je le voudrois , £arce que j'ai les irïêmes raisons pour cfbiré quelaîpénitentfe est un sacrement, qye.pôuï doriner'ce poqi i* là S£fin\e cgne.' ■
L^dt LOUISE-
< J& vpus j'avouerai , Monsieur l'Augli^n, je np puis \ps refuser ^aUx cqiiclusîiom <te miss Dorothée, h pénitence est' ufcî$i*sdr&$3t. , ioï * > ' [
Miss DorôtTi^ê et vous , Madame i vôuà ignorez sans doute que jirotre église a décide autrement 4j que vous devez croire à ses /d£çj$içflsk ,, p^rce qu'elle est assistée du Saint-Esprit. Elle a au£si décidé , Mesdames , qu'on ne donne dans la sainte cène que la figure du corps et diisang de Jfésus-Christ.Vouène ppuypz vous écartericteîC^cip^iaiQiîS fpns cesser d'être do cetttevéglj^y ^ y
l34 '«S AMERICAIN».
-MiVi DOROTHÉE.
Vous avez bien raison , Monsieur , de penser que j'ignore ces choses. Vous pouvez bien vous assurer aussi que je ne les aurois pas devinées, en mille» ai^s ; car elles ne tombent pas sous le sens commun. Ajoutez - y encore , si vous . voulez : que je. ne crois. pae un mot ^e ce que vous venez de me dire , parce que cela «implique contradiction. Une Eglise inspirée du Saint-Esprit , qui enseigne d'une façon et veut qu'on croye d'une autre ! Une Eglise qui , dans son Catéchisme , se segl des propre» paroles de Jésus , et qui ensuite rétracte et les paroles de son maltite eC lé Gartéchisme ! Vous n'y pensez pas , Monsieur, quand vous! portez un tel jugement d'une Eglise que vous dites inspirée du. Saint-Esprit : il n'inspire pas dés absurdités*
L'ANGLICAN
Vous abusez de la condescendance qu'on a pour vous, Miss , ménagez vos termes , ou je serai forcé de prendre un, autre ton. ' , .,
MjsiDOROTHEE.- ' '
yous ne pouvez faire que de deux"
LES AMERICAINES. l35
choses Tune, Monsieur : ou me donner de bonnes raisons, ou mt dire des injures. Dans le premier cas , je vous promets de me rendre et d'avouer que j'ai tort. Je conclurai dans le second que j'ai raison et que les injures que vous* me direz auront pour principe la mauvaise humeur où vous mettra l'impossibilité de me répondre.
Ladt yiolente.
Vous allez sans doute penser que je suis bien vaine. Je pense que si on avoit répondu à mes questions on saurait à quoi s'en tenir. f
Le rabbin.
Vos questions étoienl telles, Madame, qu'en vérité c'est perdre le temps que -de s'amuser a y répondre. Qui ne voit dix premier coup que le Dieu de vérité ne peut être honoré pai* la foi du mensonge, etlque de deux opinions contraires il y en à une qui ne peut être
vraie ?•-■•■
i Kà.dex bonne.
Vous àVèz Maison , Monsieur. Cependant Yotfs àoûs permettrez de traiter* n^thodiquejmejrt , après fléanjnoin&que
l36 LES AMÉRICAINES.
-Inous aurons fini l'article où nous en sommes. Comptons main tenant combien nous avons jeté dé pierres dans l'abyme qui nous sépare, c'est-à-dire les vérités dont on a été forcé de convenir. Pounriezvoûfc vous Tes rappeler, lady Louise?
Lie RABBIN.
Je prie Madame de ip'afcamjpiwer ce soin. Les bonnes œuvres peijvqçt. nié-* riler la vie éternelle, parce que Jésus- Christ nous en a donné la promesse. Un verre d'eau donné en son nom obtiendra le centuple en cette vie, et la vie éternetle en l'autre. Saint Padl dit qu'il' recevra la couronne de justice pour Ses combats. Seconde Vérité. C'est par une pure fnieéricorde y que Dieu a élevé nos œuvres à celte excellence, iTppte, la dignité de nos œuvres vient djç ce que c'est lp S^vat-JSspfrit fluj les produit eft nQus , et qv^nq^ »7 3YOijp la fqrpe'. de fa;re.le^^jqttepax)a.grâcp et)es niéritea 4$ Jésus, e^ qffi $eul qprçs pouvons mériter. 11 produit en nous par sa grâce, la fin et le commeixrëruent dé tout bien , et qufrnd il CQufqnrjp ,nçp çppyçps , » il cpuroqnp se$ <Jp»fti Epfw,jJ%i* pétant
ainsi ses tdous, nous pouvons l'espérer sans témérité, nous sommes même abso lument obligea de !e croire , puisque nous ne ppurrjons, sap^ l'offenser , douter, de laLyéritjé de ses prppesses. Troisième $éntjé. pjça js'^t^sôuvent apaisé par l^grièrçSjeJ l^s mérite^deceux.q^i M ÇPP^4%blqs. L^tdre Saiiil^nous eq. feurnit plusieurs exemples , et c?e$l ce <ju} fon4e,la floctrinedç église c^thqjiqoe par rapport aux -indulgence^.
Çetjç $pcjrj!ji8 §st.éta»Jjlie c^èsles premiers .jSJèçlçs ,^e l'égjisp : jujus la IrduYQns^ans X£x$f&pïè fie [l'incestueux de Corinthe , .et dans le transport que les confesseurs : faisoiçnt 4a l$ur$ souffrances à ceux qui é^Lent tp^^s dans fô$ persécutions.
Saint, Ç^p^jeja ayefjljt lef martyrs $'user ^^eit^iin^lgSWÇ^AV^c modération, §i ;£qtt£ jfc4SKtue j*'ay<$>it pas ,éte. établie du tempÊ des apôtres, il Us en eût repris .comme d'une nouveauté. On nous a prouvé qjie j^e^'fcidulgeîaces * loin d'enerver la cji^çjpli^ç, fa l'église , rappeloient leçffidèles 9I9 pénitence, en leur imposant la nécessité dW cœur contrit ejt humilié. On nous a fait voir par rapport à la confession.. Rappelea^moi
l38 LES AMÉRICA1NBS.
cet endroit , s'il vous plaît, Mademoiselle,
' Madem. bonne.
Nous nous sommes aussi justifiées du reproche qu'on nous a fait par rapport à l'absolution du prêtre j nous avons fait voir qu'elle est inutile sans le cœui* contrit et humilié; que loin d'être un moyen d'impénuénce, notre douleur eét perfectionnée par l'application des mérites et du sang de Jésus , qui nous est faite dans l'absolution. Ces Dames ont coriclu*, du pouvoir donné aux apôtres de remettre et de retenir les péchés , la nécessité de la confession , parce qu'on ne peut porter un jugement sur une affaire qu'on ignore. Enfin, miss Dorothée vous * prouvé que , selon la définition du mot Sacrement, telle qu'elle est dans son catéchisme, #la pénitence est un sacrement aussi bien que la cène. Ce que l'église romaine enseigne à ce sujet , c'est ce qu'elle a cru et enseigné depuis les apôtres jusqu'à nous.;
li CALVINISTE. , '
Doucement , Mademoiselle ; vous avez promis de nous le prouver : mais vous ne l'avez pas fait , et je vous défié de le faire.
LES AMÉRICAINES. i3g
Madem. BONNE.
C'est ce qu'il faudra voir la première fois, Monsieur. Aujourd'hui }e veux vous dire un mot sur J'origine du calvinisme et au luthéranisme.
Abrégé historique concernant V établis* sèment et les progrès du calvinisme en France.
Calvin étoit né dans le sein de l'Eglise romaine : quelques-uns ont prétendu qu'il ne la quitta que par le dépit de n'avoir pas obtenu un bénéfice qu'il poursuivoit ; mais comme ce fait n'est pas universellement reçu, je ne le donne pas pour certain. Quoi qu'il en soit dés motifs de Calvin , il composa plusieurs ouvrages, et enseigna des opinionsqui parurent nouvelles et scandaleuses. La doctrine de Luther et de Zuingle avoit déjà fait quelques progrès en France. Le roi François Ier, ayant dessein de faire fleurir la science dans son royaume , y "avoit appelé des étrangers, dont plu* sieurs éloient luthériens etzuingliens :
ils y trouvèrent bientôt des partisans f même à la cour , ou la sœur du roi et
î4<5 ^E* ÀMÉHICÀHVES.
plusieurs autres dames goûtèrent leur doctrine. Ce fut donc à Paris que Calvin prit les opinions que nous appelons hérétiques j mais il avoit trop d'esprit pour s'asservir aux opinions d'autrui , et il voulut j à l'exemple de ses maîtres, devenir le chef d'une Eglise nouvelle.
Ladi LOUISE.
Il me semble, ma Bonne, que vous vous exprime^ singulièrement. Pourquoi attribuez-vous à l'esprit de Calvin le projet d'une église nouvelle ? Vous parlez comme si vous applaudissiez à son projet..
Màdem. BONNE.
Ecoutez-moi , s'il vous plaît , avec attention f Mesdames. Si Calvin avoit été catholique , j'aurois taxé son entreprise d'horrible témérité. Je vais vous rendre ceci sensible par un exemple : Je suis catholique romaine j un des points de notre croyance , c'est que l'£glise dans laquelle je suis a été fondée par Jésus, qui sera avec elle jusqu'à la consommation des siècles, cofnme il Ta solennellement promis. Par conséquent, je regarde tout ce qu'elle décide éomme
; dicté par le Saint-Esprit, et je serois téméraire d'appeler de ses décisions. .
C'est de quoi noué ne conviendrons jamais. Ceux qui portent ces décisions sont des hommes sujets à l'erreur, et qui ont en effot erré plusieurs fois. C'est sur là foi des Ecritures que l'Eglise est fondée ; il n'y a qu'à la lire pour former sa foi ; elle est seule infaillible ; en croire les hommes , est une sottise qui conduit à l'eufeur.