‹ Les Américaines (volume 2)Chapitre 19 sur 28 · LES- AMÉ'KÎCMN KS. 51 I · texte numérisé non relu

LES- AMÉ'KÎCMN KS. 51 I

ï s" • Madem. BONNE.

• .Le reproché est grave. Moi , rendre, ^Mademoiselle voire fille' idolâtre. ! Expli: quez-vous mieux, Milady.si vous Voulez que je Vous entende,

~. Pouvez** vous feindre jusqu'à de point ? Ne lui avea-vôus pas rempli la tête dé Vos idéesi pdi* rapport a Jésus -Christ ? PTavez - \6u$ pas dit *que nous teiiions tout de lui, qu'il falloit Padorer, l'offrir sans cesse à son père ; en tm mol , qu'il étoit Dieu ?

- 'Maï>ïm. BONNE/

Si ce n'est que delà , Madame , il ne tiendra \qu'à vous de me l'entendre répéter : je le dirai jusqu'à mon dernier soupir ; je l'enseignerais à toute la terre , si cela étoit eti mon pouvoir, et je me tiendrais heureuse de le signer avec la dernière goqtie de mon sang. Voilà toute là rétractation que vous devez attendre de moi sur cet article.

. • La»Jt S.

î Vous êtes une jolie païenne d'adorer un autre 'que Dieu j. car enfin Jésus-

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Christ n'est qu'une créature , la plus parfaite à la vérité que Dieu ait créée» Je l'ai entendu dire à de très -habiles gens, et je puis le prouver comme eux par vingt passages de TEcriture, Tenez , Mademoiselle Bonne , je suis charmée que ma fille prenne vos leçons sur la morale; cependant, malgré mes désirs à cet égard f je vous jure qu'elle n'y reviendra point , si vous ne me promettez solennellement <je ne jamais lui parle* en rien ni de Dieu le Père, ni du Fils , ni du Saint-Esprit. Je m'explique clairement , je crois ?

Miss DOROTQÉE.

Je suppose que ma Bonne vous comprend , puisque je vous entends , moi qui ne suis qu'une petite fille. C'est comme cet empereur de Constantinople , qui défendit par un édit de parler de Dieu ni en bien ni en mal.

MiDEM. BONNE. :

Je ne refuse point , Madame , d'entendre vos raisons et vos preuves ; je me ferai un plaisir «t un devoir de répondre , si je puis , ou de me rendre , si elles sont sans réplique. Seulement

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j'espère que vous voudrez ,biienr attendre que notre conversation nous conduise & parler sur ce sujet. Jusque -là faitesnous l'honneur d'assister à nos conférenées, :, de retour chez vous , vous pourrez donner le côntre-poîsôn de notre doctrine à Madame' yotre fille , suppose . que vous la trouviez mauvaise. Consèntezi-vdûs à cela' , Madame ?

Ll DisS.

De .totft 'jrnop cœur, je veux savoir par mo>mêj»e d£ quçi il est .question j car l^r petiyte'pjerspnnç vous garde ua secret % très - exact , et , ce; n'est ;que par hasard que j ai découvert les choses dont je me plains. J'entrai hier dans sa chambré au moment où elle ne S'y afttfndoft **as »J je lîa' trouvai à gë- *ouxViûà''papé*fc,Ié<}riï de vôtfe àiàiii dans la sienne , et c'étoit àek àdtêsdé foi , d'adoratfoti , d'actfohè le grâces, et autres, en l'honneur de Jésus enfant : Cela me scandalisa extrêmement. . . . .

Mai* v*^-gw>ilàJÇ4Moiiiifatar ^V*lën»,f etï- wfritè* j'étbiô <Si"éiWtie otiànà "je fcttîsf éntr&vque jfc tte vcW-âî p&iût'lâpëftto; Gomment avez-votjs? pu 'laisser passer aussi tranquillement ce qui vient de se

âl4 I*E8 Atti'ttlCAlNE*.' •>

dire sur la divinité de Jestfs-CfrristT Je éonncrïs vos sentimens »: pourquoi Jet

taisez -vous? .......

L'ARIEN

J'attends, comme le dit Mademoir selle , que le sujet amené ce point jmr> portant, et avec la grâce, de Dieu je ne retiendra^ point la vente captiveV Sans m'en rapporter aux petites raisons que ces Dames pourraient alléguer, j'en traiterai avec ces B|es,sïteuft. 'Œe n'est point le lof des fèmfaîëé àe ;^krïét éû$ dès matières si Telèteês, et' avec dëH gens de notre robe;

Mis? DOROTHÉE.

Comipie le lojt 4$$ fewnça èM dîallçs

WicW] *,#* ; sQ|a^ jaujQ^ée«,fei n« ^çfr çpargner pour; ^dijSçernerj le{ . chfioiiiv qui y conduit. . :; ,.-,.» ,r I •• .,

Pour mpi je souscris de bop cœur k la proposition. d? Monsieur» jJ'auroia vploqtiers pi?ev«olir.s?ii.^e«ia»de/, gfcijtf faisons À .tppi <5a^uèÊ$;(f3fc îattêndAUt^ nous reprendre **,*& TOujsf pl^ît ^i*otae> sujet. jFe, dois vous; prouver que la.qon- %sion ^telle ;qu'$U^ m aujourd'hui f

LÈê :AMBAicAll*E4# #l5

est la. même, gui a été en usage du temps des apôtres , et qu'elle s'est conservée sans interruption jûfcqu'k nous.

Saint Clément , qui vivoit dans le premier siècle , dans sa lettre adressée a saint Jacques , dit les paroles suivantes;;

Que celui qui a soin de son ame ne rougisse point de confesser ses péchés q. celui qui préside , afin qu'il en reçoive la guérispn par la parole de Dieu , et par un conseil salutaire, Saint Pierre > ajoutje-t-il , ènseignoit Çu il faut découvrir aux ^prêtres jusqu'aux mauvaises pensées. Et saint Clément, après avoir exhorté les fidèles k se convertir , dit : Car après que nous serons sortis de ce monde, nous ne pourrons plus nous confesser , ni faire pénitehce dqris le Heu ou nous serons.

' Le CALVINISTE , faisant un éclat de rir+

Ah ! vraiment , Mademoiselle, voila de . plaisantes preuves : des lettres dont on doute généralement. Sans doute vous allez aussi nous parler de la tradition ; car c'est le grand cheval de bataille des* Romains j mais nous

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ne recevons pour jugé que la sainte Ecriture. . •> >

Hiss BELOTTE.

Qu'entend -on par le mot de tradition , nia Bonne ? Je tous prie de le définira , -i .

Tîous disons^ ma. fchèreY que %ks choses que nous devoirs croire sont parvenues jusqu'à nous en différentes manières: les unes ont été écrites dans les. livres sacrés ; les antres ont «été enseignées par les apôtres et ont passé jusqu'à nous de bouche en bpuche ; or , ce sont1 ces vérités qui n'ont point été écrites dans les livres saints , qu'on appelle la tradition.

Et cette tradition a été dans chaque siècle accommodée aux goûts et aux intérêts de ceux qui ont gouverné :

on a inventé f changé , falsifié, altéré. Nous' ne pouvons ignorer que la vérité'd'un événement est toujours altérée à mesure qu'il est raconté par différentes personnes /comment pourrions-nous nous fier à des choses qui

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ont passé par tant de bouches intéressées a nous les déguiser ? Nous retrancherons donc toutes les preuves que vous voudriez tirer de la tradition : je n'en admettrai aucune ; ne sommes-nous pas convenus que nous ne recevrions que la Sainte Ecriture ?

Miss DOROTHÉE.

J'y aurois consenti , il n'y a qu'ua quart-d'heure; actuellement, Monsieur, je ne sais plus à quoi m'en tenir ; peu s'en faut que vous n'ayez détruit ma foi aux saintes Ecritures ; car enfin je n'y étois pas quand les évangélistes ont écritr qui m'assurera que le nouveau Testament est leur ouvrage ? Je ne connois cette vérité que par la tradition. On étoit assuré , du temps des apôtres, de l'authenticité de ces ouvrages ; cette croyance a passé jusqu'à nous, de siècle en siècle, par cette tradition que vous rejetez. Si vous le faites à bon droit , il ne me reste rien qui puisse me prouver que les livres que je crois divins le soient en effet. Je vais devenir déiste , pyrrhonienne.

MioEM. BONNE.

Vous croye» badiner, ma chère :

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