‹ Les Américaines (volume 2)Chapitre 21 sur 28 · IV. ii · texte numérisé non relu

IV. ii

i Le RABBIN.

La rémission des péchés ,. promise dans la sainte Ecriture, est-elle un article essentiel , Monsieur ?

L* CALVINISTE

Saés contredit, Monsieur, c'est un article essentiel. Noos soxnmes tous pécheurs, donc noua avonp tous besoin de çavojr que l'infinie miséricorde de Dieu Veut bien nous pardonner nos péchés par la foi en Christ. Je vous le répète ,on trouvé cet important article dans l'Evangile : La vie éternelle , 6 mon père! dit Jésus- Christ , consiste à vous connaître  et celui que. vous avez envoyé. Quant a ceux qui ne savent pas lire , ils ont des pâleurs qui les. enseignent et qu'ils doivent écouter.

Le RABBIN.

Fort bien , Monsieur. Mais moi qui lie suis pas chrétien , qui ai désiré de l'être ,' et qui le désire encore (suppose que je le puisse eq sûreté, de conscience), moi , d.is-je, qui écoute le matin un docteur calviniste, et le $oiç un ca* tbolique romain , je ne sais plus à quoi

m'en tenir. Vous me. citez un passage qui me prouvé que la vie éternelle , et par cqriséquerib là rémission des péchés qui doit être donnée avant d'entrer dans la gloire , ne consiste que dans la Fqî. Le catholique le croit aussi , mais dans un sens différent du voire ; car il * ajoute : La foi en Jésus consiste à croire toutçé qu'ila enseigné i or, il a dit à ses apôtres : Je vous donue le pouvoir de lier et de délier. La raison m'apprend que Jésus a renfermé implicitement sous ces parolek 1* nécessité aux pécheurs d'instruire le mkristre dépositaire de sa puissance V des: péchés doirt on désire d'être délié; car sans cela H ne peut décider s'il faut retenir on remettre. La foi en Jésus m'oblige donc de. croire que pour obtenir le pardon du péché il faut le confesser Net erç recevoir l'absolution. Miss Dorothée a fort bien remarque que Jésus ne dit pas aux apôtres : Vous déclarerez au pécheur que Dieu lui remet son péché ; mais , par la puissance que je vous donne, c'est vous, c'est par Jes - paroles qui sortiront de votre. ^oùchfjXfu'ils seront remis. ï)onc pour croire enf Jésus, je dois être persuadé

244 tE$ AMERICAINES.

que le prêtre est le dépositaire, le distributeur dupardon; qu'il, peut le refuser, le retenir ou l'accorder suivant qu'il le juge à propos. ,

C'est du même Evangile , Monsieur f que sortent ces deux décisions : dites-moi, je vous prie, laquelle dès deux je dois suivre , laquelle est la véritable ; car assurément elles ne doivent, ou plutôt elles ne peuvent pas l'être toutes deux en même temps. Qui croirai-je ?

TOLÉRANT

Et qu'importe , Monsieur P Votre détermination , de quel côté qu'elle soit , sera fondée sur la parole de Dieu , sur le respect que vous lui devez. Si vous ne l'entendez pas bien, vous croyez l'entendre , cela revient, au même à ses yeux.

Miss DOROTHÉE.

Allons, Mesdames, plus d'examen.

Tirons à la courte paille pour savoir de quelle religion nous serons. Dès que pous trouverons quelqu'un qui nous assurera qu'un tel passage signifie telle ou telle" chose ? çroyons-le , quelque éloignée qu'il soit du sens naturel; et

Sans nous embarrasser des suites f peu*

sons que Dieu n'y regarde pas de si près.

ladt Violente.

En vérité, mîss Dorothée à raison. Si Dieu étoit également honoré par la foi du mensonge et par celle de la vérité , il serait ridicule de se donner tant de peine pour la chercher. Tenez, M. Tolérant, vou9 me répéteriez cela mille fois, qu'il ne vous sproit pas possible de me le faire entrer dans l'esprit. Jésus n'a pas enseigné trois ans pour me laisser la liberté de croire a ma fantaisie.

Le RABBIN/

Et moi j'ajoute hardiment que s'il est Dieu , il a dû s'expliquer en termes si clairs et si précis , qu'il ne puisse y avoir, deux sens dans ses paroles. Seroit-iL yenu au monde pour tendre des pièges aux hommes , pour leur enseigner des vérités dé si peu de conséquence , qu'il fût égal a ses yeux qu'on y crût ou qu'où n'y crût pas?,A-t-il prévu l'inconvénient qui naîtroit de la diversité des interprétations qu'on donneroijt à son Evangile ? Sa sagesse et sa bonté ïui'àuront suggéré un moyen d'y Veftiëdiër. Ne l'a4-il pas prévu ? Il n'est plus, le Messie promis :

car celui-là, dît là SâinteEcriture , doit nous ensçignçr touje vérité..

L* CALVINISTE

Aussi .la -vérité est-elle fcnseignéç çlairememdânsnos églises par la pure parole de Dieu, dénuée de l'explication des hommes. .

Ah:?* Monsieur , rpouve£-Voué : vausdémentir vous-métne aintf PN'àvéz vous pas dit que ces paroles : ce que voufc lierez ou délierez sera lié ou délié dans le ciel, vouloiéat dire ïvôtts annoncerez lepdrdo© an pécheur? Si ce n'est pas la une^explkation des hommes, je ne sais plus ce que signifient les mots.

LAÏ>t LOUISE.

Peut-être que ce sont des anges qui sont venus vous dire': il faut entendre tel, et tel ^passage dans un tel sens?

Voyez-vous, Monsieur , je n'aime pas les mots qui ne signifient rien. Je vous prie, M. l'Anglican , 4e couper ce nœud , si vous ne pouvez le ;délier, .

: Rîerçdé plus aisé , Mti&rtn* C'est a

l'église que Dieu a confié le dépôt des saintes Ecritures, c'est à elle qu'il convient de les expliquer , et il vous a do.nné sa parole qu'il seroil avec clip jusqu'à la consommation des siècles. Conséquent?

ment, elle ae peut se tromper.

Miss CHAMPÊTRE.

Je respire : cette cfisptite toAittlencoii à altérer ma fei en Jésus, V&w* auriez dû nous donner pUtôt cette explication.

Le rabbin.

Elle ne me satisfait guèces 3 Madame.

Dites -moi , Monsieur l'Anglican , croyez - vous être dans cette église k laquelle Jésus a promis l'infaillibilité ?

L'ANGLICAN

C'est m'offense? , Monsieur, qwe me faire une pareille question. Si je no la croyois pas telle , je n'y resterois pas un quart-d'heure.

Le RABBIN.

Et vous , Mademoiselle Bonne ; croyez- vous, comme Monsieur, être daiis l'église dépositaire des promesses de Jésus-Christ ?

Madem. BONNE.

Assurément , Monsieur. Je dis hardiment que mon église est l'arche de Noé , 'hors laquelle il n'y a point de Salut.

Page 1