‹ Les Américaines (volume 2)Chapitre 25 sur 28 · LEÇON DE L'ÀPRÊS- DINER · texte numérisé non relu

LEÇON DE L'ÀPRÊS- DINER

Mabim. pONNE.

Nous voilà prêtes à vousécouter,M.l'ArT minien : je n'ai pas dit un seul mot à ees Dames pour les prévenir j vous pouvez y compter.

L'ARMINIEN.

Pour la comiqodité et la sûreté j'ai

transcrit ce que j'ai à dire sur les actes du synode de Dordrecht. La dispute eloit entre deux professeurs , elle fut portée au synode de Dordrecht. Lady Louise veut- elle lire cet écrit ?

Labt LOUISE.

Volontiers , Monsieur, jeretiens beaucoup mieux ce que je lis moi-même.

Première Proposition.

Il ne faut reconnoître en Dieu aucun décret absolu par lequel il fui résolu de donner Jésus-Christ aux élus seuls , ni de leur donner non plus , à eux seuls, par une vocatron efficace, la foi, la justification , la persévérance et la gloire ; mais qu'il avoit ordonné Jésus- Christ rédempteur commun de tout le monde, et résolu , par ce décret , de justifier et sauver tous ceux qui croiroient en lui , et en même temps leur donner à tous les moyens suffisans pour être sauvés. Que personne ne périssoit pour n'avoir pas ces moyeris , mais pour en ayoir abusé. Que l'élection absolue et précis© des particuliers se faisoit en vue de leur foi et de leur persévérance future, et qu'i} n'y jivoit <f élection que conditionn^Ue , et que la réprobatibn se faisoit.de même en vue de l'infidélité et de la persévérance dans un s{ grand mal. .,-.*■.

J5l6 TUZS AMÉRICAINES.

Réponse.

Lé décret de la prédestination est absolu et immuable. Dieu donne ht vraie et vive foi à tous ceux qu'il veut retirer de-la damnation et à eux seuls. Que cette foi est un don de Dieu. Que tous les élus sont clans leur temps assuré çlp leur élection ,' quoique non pas en même degré et en égale mesure. Que cette assurance leur vient, non en sondant les décrets de Dieu, mais en remarquant en eux , avec une sainte volupté et une joie spirituelle , les fruits infaillibles de rglecjiott, tels que Sont la vraie foi « 1* douJeur.de ses péchés et les autres. Que le sentiment et la certitude de leur élection les rendent toujours' meilleurs. Que ceux qui n'ont pas encore ce sentiment efficace et cette certaine confiance, la doivent^ désirer 3 et enfin , que cette doctrine ne doit faire peur qu'à ceux qui % attabhés au monde * ne: se convertissent pas, sérieusement.

Ifiss DÔROTEÉE.

Voilà une $ipg^lière rçpûme ç iellc implique U contradiction 1fc plus marquée. Dieu dorme ki grâce de la vraie fbiàx^uaèifufilviéut retirer delà dam' nation et1 à* euêè keùU. -Hj/hià désirer cette grâce quand op. ne Va pop. Que veut donc dire Panimal qui a fait cette réponse ? C'est une chose décidée ayant

L££ américaines; îlf ma naissance ; j'aurais beau demander cette foi qui fait te& élus , si fo ne suis* pas de ce petit nombre.je -n'obtiendrai rien, elle est pour eux seuls. Qiiaqd il ajoute que cette doctrine ne dojt effrayer que ceux qui , attaches au monde , ne se convertissent pas sérieusement , c'est pour alonger sa phrase. Ne diroit-on pas par ces paroles que notre conversion dépend de nous , et que Dieu donne la grâce de la foi, de la conversion et de la persévérance , à ceux^ qui la lui demandent comice il faut?

Sentiment qui est le raiçn , mais qui n'est pas celui du répondant, qui vient de nous assurer très '•positivement que ces biens sont pour les seuls élus , et qui veut pourtant que je les désire.

Li CALVINISTE.

Ce n'est pas ces biens que le répondant invite à demander, c'est le senti-' ment, l'assurance de ces biens. ~\

ladt mèry!

Assurément saint Pau) n'étoit pas du nombre des élus; car il n'a voit pâsfreçu cette assurance, lui qui nous* apprend qu'il châtioit son corps de peur de de-

3l8 UBS AMÉRICAINES.

venir un réprouvé. Son exemple me console de ne la pas sentir.

L'ARMINIEN.

Cette pensée est une tentation , Madame , rejetez-la comme une mauvaise irènsée. Mais redoublez votre attention ,

tout n'est pas dit.

Deuxième "Proposition. i

. Le prix payé par le fils dp Dieu n'est pas seulement suffisant à tous , mais actuellement offert pour tous et un chacun des hommes. Qu*auciin n'étoit exclus du fruit de la rédemption par un décret absolu ni autrement que par sa faute. Que Dieu, fléchi par son fils , avoit fait un traité avec les hommes, quoique pécheurs et damnés avant la rédemption. Qu'au reste 9 la rémission des péchés , méritée à tous, n'étoit donnée actuellement que par la foi actuelle par laquelle on croyoit en lui.

Réponse.

ta rédemption et la promesse de la grâce est annoncée indifféremment à toupies peuples; c'est par leur faute que ceux qui n'y croyent pas larejettent, et c'est parla grâce que les vrais fidèles l'embrassent. Mais leséius sont les seuls à qui Dieu a résolu de donner la fox justifiante Car laquelle lils sont infailliblement sauvés.

•Lady VIOLENTE.

Cçki sera:t-il biçptôt fini? J'ignore de

LÇS AMÉRICAINES. $1$

quel côté on a faites réponses; mais je saià bien qu'on n'a pu se contredire avec plus d'impudence , et, je vous l'avoue, cela m'excède. C'est par leur faute que les médians sont damnés * et qu'ils rejettent une grâce qui ne leur est point offerte , qu'ils ne pourroient jamais obtenir , que Dieu est fortement et irrévocablement résolu de ne leur point donner4 ! Si un enfant de dix ans dé* jraisônnoit ainsi > il faudroit Je fouetter pour lui apprendre à parler. «Mais continuez, Madame.

Ladt LOUISE lit.

Troisième Proposition*

La grâce efficace n'est pat irrésistible. Encore que la grâce soit donnée inégalement f Dieu en donne et en offre une suffisante à tous ceux auxquels l'Evangile çst annoncé , même, à ceux qui ne >se convertissent pas. Il l'offre avec un déçir sincère et sérieux de les sauver tous , sans qu'il fasse deux personnages, faisant semblant de vouloir sauver, et au fond se le voulant pas," et poussant secrètement les y

hommes au péché, qu'il défend publiquement,

Réponse. —

Encore que Dieu appelle sérieusement torts ceux à qui l'Evangile est annoncé , en sorte que s'ils périssent ce n'est pas la faute de Dieu ,

il se fait cependant quflque chose de particulier dans ceux qui se convertissent , Dieu les appelant efficacement, et leur donnant la .foi et la pénitence. La grâce suffisante avec laquelle le libre arbitre se discerne lui-même , est un dogme pélagien. La régénération se fait sans nous , non par la parole extérieure , ou par une persuasion morale, mais par une opération qui ne laisse pas au pouvoir de l'homme d*étre régénère ou non 9 d'être converti ou non. Et néanmoins «quand la volonté est renouvelée ., elle est non-seulefnent poussée et mue de Dieu , mais elle agit étant mue de lui , et c'eft l'homme qui croit et se repent. De même que le péché n'a pas été la nature à - l'homme, ni son entendement, ni sa volonté , ainsi la grâce justifiante -n'agit point en lui comme dans un. tronc d'arbre ou une bûche; •elle conserve les propriétés à la volonté , et ne la fait pas vouloir malgré elle; c'est-à-dire qu'elle ne la fait pas vouloir sans vouloir. • Là*t champêtre.

Quel galimathias ! Qu'est-ce qu'une votante qu'on ne fait point vouloir malgré elle ? D'abord que Ton dit qu'il n'est pas au pouvoir de l'homme d'être s~*~>£égéne'ré ou de ne l'être pas , n'est - ce pas convenir qu'il n'est pas libre au moment de la régénération?

Miss DOROTHÉE.

Je conçois qu'alors ma volonté est ,si-

non comme unebûche, du moins comme la boule avec laquelle vous fîtes de si beaux coups hier au jeu de Siam, Assurée ment c'étoit elle qui abattoit les quilles; mais elle étoit mue par voufe Est-ce cela, ma Bonne ?

Madem. BONNE.

Je crois que oui, ma chère, a une différence près, C'est que -votre boule perd son mouvement aussitôt qu'elle cesse d'être mue; mais que la volonté de l'homme reprendle sien, aussitôt quel la régénération est faite , et qu'elle n'a pas perdu sa nature de vouloir pendant cette opération. Sa faculté agissante n'est que suspendue. Je vous prends la main dans laquelle vous tenez une pièce d'or;, et comme je suis plus forte que vous, je l'ouvre et fais tomber cette pièce d'or, dans la main d'un pauvre. Quoique vous n'ayez pas eu la liberté de faire cette action, vous n'en étiez pas moins un être capable de la l^ire, et $Hot que je vous aurai lâché, vous pourrez ouvrir et fermer votre main, comme la fantaisie vous*en prendra. Continuez,lady Louiser

Quatrième Proposition.

\ Dieu donne aux vrais fidèles régénérés par •a /grâce des moyens de se conserver dans cet état ; cependant ils peuvent perdre la vraie foi justifiante^ et tomber dans des péchés incompatibles avec la justification , même dans des crimes atroces, y persévérer, y mourir, s'en relever aussi par la pénitence, sans néanmoins que la grâce les y contraigne. Il faut détester de tout le cœur ces dognies impies et contraires aux bonnes mœurs , qu'on répand tous les jours parmi les peuples. Que les vrais fidèles ne peuvent tomber dans des pèches de ma<lice%mais seulement dans des pèches d'ignorance et de foiblesse; quJils ne peuvent perdre la grâce; que tous les crimes du monde as s em* h lès dans un seul ne peuvent rendre inutile leur élection , ni leur en ôter la certitude* Chose, disent les pçotestans, qui ouvre la porte à une sécurité charnelle et pernicieuse. Qu'aucuns crimes, quelque énormes qu'ils Soient , ne leur sont imputés ; que tous péchés présens et futurs leur étoient remis par avance ; quau milieu des hérésies , des adultères et des homicides pour lesquels on pour* roi^ les excommunier , ils ne pouvoient totalement et finalement perdre la foi.

Réponse*

Dans certaines actions particulières, les ▼rais fidèles peuvent quelquefois se retirer en effet par leurs vices de là conduite de la grâce,

LES AMÉRICAINES. 3j3

pour suivre 4a concupiscence» jusqu'à tomber dans des crimes énormes-, que par ces péchés ils offensent Dieu, se rendent coupables de mort, font une grande blessure à leur conscience , et quelquefois perdent pour un temps le sentiment de la grâce. Dieu % dans ces tristes chûtes , ne leur ôte pas tout-a-faiï son Saint-Esprit* et ne les laisse pas tomber jusqu'à déchoir dé la grâce de l'adoption et i/<5I/état DE justification, ni jusqu'à com» mettre le péché à mort ou contre le Saint* Jffsprit y ni être damnés.

Làdy VIOLENTE.

Bouchons nos oreilles, Mesdames., pour ne pas entendre ces horribles blasphèmes. On ne peut les écouter sans frémir d'horreur.

Làdt LOUISE»

Je dis de grand cœur anathême aux auteurs de ces réponses. Quoi ! l'adultère, l'homicide, en un mot le crime, subsisteraient dans l'ame avec la grâce de mon Dieu : ces crimes n'en feroient perdre que le sentiment, et encore ne seroit-ce que .quelquefois*. J'aimerois mieux être turque, devenir païenne,que d'embrasser l'horrible doctrine des arminiens. Ah !

Monsieur , que le synode de Dordrecht

vous a justement condamnés ! Je reconduis à ce jugement l'assistance du Saint- Esprit sur l'église de Jésus, et je sais enchantée de penser que nos évêques ont concouru à cette condamnation • Je vous l'avoue , j'ai peine à me tenir sous un même toit avec vous; et si j'étois chez moi, je vouspfierois d'en sortir, crainte que Dieu n'abymât ma maison pour me punir d'y garder un tel blasphémateur Mais quoi! Monsieur,

vous riez !

L'ARMINIEN.

C'est de votre méprise , Madame. Les propositions sont de ceux de ma communion, et les réponses qui vous paraissent d'horribles blasphèmes , sont les décisions du synode. Votre Eglise a souscrit à ce synode , aussi bien que toutes celles que je vous ai nommées, et qui y avoient envoyé leurs députés.

C'est l'assemblée la plus solennelle qu'ait eue la réforme : les protestans français qui n'avoient pu s'y rendre, en ont souscrit les décrets ; nous seuls avons refusé de nous y soumettre, et c est pour cela que nous sommes proscrits,

La»t LOUISE.

Un seul mot, monsieur Y Anglican % mais qu'il soit positif. Ce que. Monsieur vient de dire est-il vrai ?

L'ANGLICAN

J'avoue que nos députés étaient membres du synode ; ils tâchèrent , dan# leurs avis, de modifier ce sentiment:

j'avoue cependant qu'ils ont souscrit ces décrets , mais j'ose vous dire qu'il y a long-temps que nous avons abjuré celte doctrine.

Le CALVINISTE.

J'en puis dire autant. Ce sentiment n'est plus suivi que par des enragés que nous méprisons j et dans toutes les communions protestantes vous pourriez in- ' terroger cent ministres avant d'en trouver un dç ce sentiment.

Lady LOUISE.

C'est assez, monsieur l'Anglican, que votre Eglise ait pu y souscrire une seule fois. Je ne dis pas la mienne , comme vous voyez : a Dieu ne. plaise que je reste une miaute dans une communion

qui a pu enfanter de pareilles horreurs!

Mais , ô mon Dieu ! où me réfugier en sortant de cette Eglise ? Toutes les cornmutilons protestantes ont péri dans le mêrhe moment , puisqu'elles ont adhéré au conciliabule de Dordfrecht. Les papistes sont idolâtres , rejet en t un des commandemens que vous ayez faits , Qnl corrompu votre morale et vptre doctrine»

Li LUTHERIEN.

Venez chez nous , Madame j les ar^ ttûniens y ont puisé la doctrine qu'ils ont opposée à ces blasphèmes.

Made*. BONNE.

Je m'y oppose , et je m'offre à prouver que ces Messieurs sont de vrais sociniens. Âh çà! la dy Louise, vous venez, sans y réfléchir, de nommer les obstacles qui vous éloignent de la communion romaine j vous n'ête6 pas la seule qu'ils arrêtent. 11 est certain , si les choses que vous venez d'adléguer contre l'église catholique sont, réelles , qu'elle n'est pas l'église de Jésus , et qu'on ne peut s'y sauver, Conséquemment ceux qui eu sont séparés ont dû le fajje , et la réformation a été entreprise par des motifs

vrais et raisonnables; Mais si ces accusations étoient des calomnies, les réformés seraient des se hism a tiques, des révoltés sortis de l'arche où seulement on peut se sauver. Voilà une alternative assez importante pour mériter des réflexions. 11 est question de faits ; pourquoi ne pas les examiner? Y auroit-il de la justice à nous condamner, à nous croire coupables, sans vouloir nous permettre de nous justifier ?

Ladt LOUISE*

Deux choses m'en ont empêchée jus-* qu'à ce jour , c'est-à-dire de chercher à m'instruire si les erreurs qu'on vous attribue sont réelles. La première , c'est qu'on vous en accuse si hardiment, que je n'ai pu me persuader qu'on poussât l'impudence jusqu'à avancer faussement des faits qui pou voient être démentis par tous les catholique?. Ont-ils repoussé ces reproches ?

Madim. BONNE.

Dans une infinité d'ouvrages , ma chère } mais loin de les lire , on vous feroit entendre qu'il y a un crime à douter de la vérité des accusations qu'on

porle contre nous. Vous ne jugez que d'après les raisons d'une des deux parties , cela n'est pas juste.

Ladt LOUISE.

J'en ai eu une raison jusqu'à ce jourf ou , si vous voulez , un prétexte. C'est que pai regardé toutes les communions où l'on croit en Jésus, comme suffisantes au salut. Je vous suis bien attachée , ma Bonne , et n'aurois pu soutenir la pçpsée de vous savoir dans un état de perdition; aussi ne m'est-elle jamais venue dans l'esprit : inconséquente dans mes idées , j'ai accordé celle de votre salut avec celle de votre demeure dans une église idolâtre. J'ai eu tort. Prouvez- moi , s'il est possible , qu'on calomnie les catholiques , vous me rendrez un grand service.

Miss SOPHIE. -

Plaisant service qui vous brouilleroit ,avec votre famille , et vous rendroit méprisable aux yeux de vos citoyens !

Ladt LOUISE.

Vous faites l'office du diable , ma chëfre- amie. J'avoue que je ne puis m'empêcher de frémir en pensant. ••

LES AMÉRICAINES. 3àg

Mais il ne faut penser à rien, sinon à m'instruire du lieu où est l'église de Jésus , pour y entrer. Je ne veux pas risquer mon salut par des vues humaines.

Madem. BONNE.

Je m'offre a vous prouver , ma chère lady , que nous croyons et suivons l'Ecriture $ainte strictement , et telle qu'elle a été expliquée par les apôtres, à vous le prouver , dis -je, jusqu'à la démonstration. Tous ceux que des intérêts, humains , ou l'indifférence du salut , ne retiendraient pas dans la religion anglicane , seroient catholique» avant la fin de l'année , si on nous permettoit de nous justifier , d'exposer notre doctrine telle qu'elle est : l'horreur qu'on a pour nous est fondée sur des mensonges atroces.

On nous croit idolâtres : on nous peint comme des animaux stupides qui sont obligés de recevoir comme vrai tout ce qu'il plaît à nos pasteurs de nous enseigner. On peint ces pasteurs comme des scélérats ambitieux , qui , couverts du voile sacré de la religion, nous plongent d'erreurs en erreurs , selon

qu'il convient à leur intérêt. N'aveavous pas ouï dire mille fois qu'il flous est défendu de lire ta sainte Ecriture) <jue le pape \et les prêtres se jouent de notre crédulité , qu'ils font *et défont à leur gré dès articles dé foi ? Nous gommes les seuls auxquels il n'est pas permis de se justifier publiquement.

L'ANGLICAN

Pôùvez-vous aVancér cela, Mademoiiselle ? N'avez-vouspàsla liberté d'écrire ? La presse est libre en ce pays pour tout le monde.

Madem. BONNE.

Pourquoiia chaire neTest-elIe pas?

Pourquoi nos prêtres seroient-ils soumis aux lois pénales , s'ils osoient proposer une conférence réglée ? Les quakers , qui ne sont pas chrétiens , ont des églises ; ils peuvent prêcher dans le milieu des tues , faire autant de prosélytes qu'ils veulent : ces prosélytes ne seront soumis à aucune peine. Nous sommes seuls exclus de la. tolérance universelle , je dis par la loi ( car il faut rendre jus* tice à la modération du gouvernement présent , on ne moleste personne ) }

LES AMÉRICAINES. 33l

mais à quoi faut-il attribuer cette lào* dé ration ? Au bon esprit de cetix qui gouvernent , à l'esprit philosophique des chefs ; le dirai-je , à l'indifférence sur la religion, à la- saine politique, <jui ne permet pas de jeter dans le désespoir le grand nombre des catholiques qui sont dans les trois royaumes , et qui fait recourir k une persécution moins sensible pour lès ruiner.

Ladt LOÙiSE.

Que dites - vous; , ma Bonne ? Nous haïssons la persécution , et on n'a jamais persécuté les catholiques en An* gleterre.

Madbh. bonne.

Avant de répondre sur ce point , per* mettez que je vous fasse remarquer qu'on n'impose silence qu'aux seuls catholiques. Le patriarche des méthodistes débite à son gré ses blasphèmes dans son tabernacle : personne ne s'y oppose. On ne nous permet pas, comme à lui , de prêcher : pourquoi? p*rce qu'on sait qu'il ne seroit pas possible de résister à la force.de la vérité qui sorti roi t de la bouche de nos ministres; c'est qu'on

33a LES AMERICAINES.

sait que la réformation ne peut se soutenir qu'au moyen des couleurs odieuses dont on nous peint. Si votre religion est bonne et que la nôtre soit fausse , pour* quoi nous fermer Ja bouche ? Il y auroït de la gloire à nous confondre : le &er* vice de Dieu y est intéresse» Lady Louise me dit qu'on ne persécute point en Angleterre : Julien l' Apostat ne vouloit pas qu'on fît mourir personne pour la religion ; en étoit-il moins persécuteur ? Il avbit interdit aux chrétiens les chaires publiques , lés charges , les dignités. A cette conduite qu'on imite en Angleterre , on a joint une peine pécuniaire; les catholiques payent les taxes doubles. C'est bien pis en Irlande.

Miss CHAMPÊTRE.

Mais , ma Bonne t la même chose est en France , et d'une manière bien plus rigoureuse. Vous n'avez rien reproché aux Anglais, que les protestans français ne puissent vous reprocher à leur tour,

Mad»m. BONNE.

Permettez-moi de vous lç dire , ma chère , il y a bien de la différence entre

vouloir empêcher une religion nouvelle de s'introduire, ou eptre vouloir en abolir une, qui comptoit plus de douze cents ans d'antiquité en Angleterre. Que demandent les catholiques? Qu'on les laisse en possession d'un bien qu'ils possèdent depuis un temps immémorial.

On a toujours quelque chose à reprocher à celui qui abandonne la foi -de ses pères, à moins qu'il ne prouve par des preuves lumineuses que l'impossibilité de faire son salut datas la religion de ses pères a produit son changement.

Mxss CHAMPÊTRE.

Je pense qu'on a produit ces raisons au temps de la réformation , puisqu'elle a été reçue.

Mab». BONNE.

Lisez -la, ma chère. Quand vous étiez jeune, vous appeliez des raisonuemens de Locke , parce que , disiez-vous , Dieu qui vousavoit donné un esprit, ne Tavoit pas fait pour vous tenir dans la- dépendance des idées de cet auteur, tout fameux qu'il est. Dites-en autant des réformateurs , la chose est bien plus importante : vous ne les croyez pas in fa il-

534 LE* AMPDLICAINE5.

libles ; ainsi vous pouvez sans témérité examiner si les rai^pns qu'ils ont eues de se séparer étoient légitimes. Posons des principes.

Si l'Eglise catholique .% conservé le précieux dépôt de la foi j sji , depuis les apôtres jusqu'à nous , sa succession a été non interrompue et légitime, elle est assurément l'Eglise de Jésus-Christ, l'héritière de ses promesses. C'est aux apôtres et à leurs légitimes successeurs qu'il a dit : Allez, prêchez 9 baptisez. Je serai avec vous jusqu'à la consommation des siècles. Avec vous, prêchant etbaptisant. Vous n'avez que deux partis à prendre ; ou de dire que la promesse de Dieu est accomplie, ou de dire qu'elle ne l'est pas. Si vous dites qu'elle est accomplie , c'est assurément dans l'Eglise' qui descend depuis les apôtres jusqu'à nous , dans l'Eglise qu'il a fondée sur Pierre. Voilà la marque non équivoque -de son Eglise, j son fondement , sa pervpétuité.a Si vous dites que cette Eglise a failli , si elle a enseigné l'erreur , j'adopte la conclusion que monsieur le Rabbin a déjà tirtfe , en supposant cette hypothèse : Jésus n'étoit pas Dieu.

ttfiS AMÉRICAINES. §35

Laot EOUISE.

Il est question , ma Bonne , de nous prouver cette succession de pasteurs çt de doctrine : mais comment la prouveres-vous ? On n'a guères écrit dans les premiers siècles de l'Eglise : j'ai oui dire à de très- habiles gens que ce qu'on a écrit est. peu sur, c'est-V-dire qu'on a publié bien des choses qui n'apparter noient pas à ceux sous le nom desquels on lespublioit. Vous êtes convenue vousmême que, de tous les écrits attribués à saint Clément , il n'y a de sur que son Epître aux Corinthiens. C'est un laby* rinthe que ce discernement.

Ma dem. BONNE.

Il n'est pas question, Madame, de ce qu'ont dit tels ou tels , mai$ de ce qui étoit généralement cru dans leur temps.

Quand je vouç citeOrigène, Tertullien, saint Gyprien , je ne prétends pas appuyer ma foi sur ces docteurs. La foi du premier est suspecte sur quelques articles; le second est devenu hérétique; et le troisième , quoique saint , s'est lourdement trompé au sujet du baptême des hérétiques, Aussi pouvons-nous tirer

536 le'-ç américaines.

une double preuve de leurs écrits : ce qu'ils y ont avancé, et qui n'a point été contredit, étoit conforme à la doctrine de l'Eglise. En voulez-vous la preuve ? c'est qu'ils ont été vivement contredits lorsqu'ils s'en sont écartés.

Lidt LOUISE.

Vous nous avez déjà expliqué cette preuve.; cependant, comme elle m'eèt échappée, je vous prie de la répéter. *

Madem. BONNE.

Dans votre église comme dans la nôtre , Madame , un homme n'est qu'un homme, c'est-à-dire une créature sujette à l'erreur. Il est vrai que la science et la sainteté d'une personne forment un préjugé avantageux en sa faveur ; mais cela ne la rend point infaillible. C'est à l'église seule que Jésus-Christ a promis l'infaillibilité , et nous ne croyons qu'elle seule infaillible. L'église peut être divisée en deu* corps ; celle qui enseigne , et celle qui -écoute : ces deux corps, ou plutôt ces deux parties n'en font qu'une, et se réunissent dans une même foi , à Jésus- Christ qui est leur cbef.Les uns la proposent 9 eu, si vous l'entendez mieux,

. LES .AMERICAINES.' %5j

l'exposent, el les autres ta -reçoivent: C'est aux premiers a qui Jésus-Christ a dit : Allez , enseignez 9r te. C'est aux seconds à qui il a dit : Obéissez , sous peine d'être regardés comme des païeufr et dés publicains: C'est àdx premier»

auxquels il a remis le dépôt de ia toi >$ cfest d'eux que lés' siecondfr la doiveot* jpecevoir; Y a*t-il dans ce. que je^iens* d'exposer quelque chose quj vous choqu^ Mesdames? ." î. .. Ju i f<* >•.

; ■' . h*** tôvisé r l ]t" *' :I

Et comment poqrroit-oq ètrç cîoqup^ c'est l'ç vangUe tout puj^ M% , ; xna, Bonne , c'est à tous les ap^tjres .qji'il parle et a leurs successeurs ; je ne; yois pqs. là un seul iqot.qpi JJepdç,.à- * établir lg supériorité dfe;Jrièn;ç ^ujTJçs

Màdb*. bonne. . 4

Rappelez-vous l'apparition dé Jésua après sa résurrection auprès du lac de Tibeifadë, C'éêt frété Jésus ,mp*èé Savoir* dit fetix^ffeteotil foïft à Kérfe) jNttf £ me5 nghëaui ;> ajolite >eusuite i P^>v; 77ie5 brebis. Pierre doit non seâkméfeÇ veiller sur les fidèles qui sont Résigné* IV. iS

558 le» américaines:

paries agneaux v maie aussi sur ceux qui donnent le lait aux agneaux, qui août les brebisv La supériorité, le droit dé veiller sont accordés à Pierre par ce passage. Et sur qui doit-il veiller ? Sur les fidèles et survies pasteurs. Voilà ce qu'il a aurdessuéid'eux j carie dépôt de la doctrine est confié à tous en général. Gomment les Actes des apôtres nous apprennent-ils qu'ils en ont usé ? Ils s'assemblent dans Jérusalem , Pierre parle le premier, le? autrçs ensuite , et tous ç\un cojnmup accord disent; Il a semblé bon au Saint-Esprit et à nous. On a suivi la même méthode dans les siècles siiivans : s'il survenoit une opinion nouvelle , soit "sur l'explication de l'Ecriture \] Sott Sur un point de discipline , les successeurs dés apôtres, c'est-à-dire les évêques , s'assembloient , décidoient sur le point proposé , en voy oient leurs décision1 d'abord à l'^vêqu^de Rome t et ensuite aux autres évêques, Ce qui étoit cft&fong* à VEc^iïur^ < et , Jtux; yspges éJtôlii par Us apgfr^i é^lt^gpralexyejtt Copfemé i£ et alors cela fi^pit la foi qnie Jes! fidèle* avoïent toujourpeue , en. l'annonçant d'une > manière propre à les

L1ÇS, AMÉRICAIN ES. 339

mettre en garde contre les opinions nouvelles et impies. Si les évoques .deà provinces où Ton avoit tenu le concile , n'étoient pas d'accord avec le cbèf et le plus grand nombre , les fidèles q'étoiènt pas obligés de souscrire à ce qui a vojl.été décidé , parte que cêa'étoit pas à cette assemblée particulière des évéques d'une province que Jésus avoit promis l'infaillibilité , mais au plus grand nombre des pasteurs unis à leur chef , paixe qu'alors ils sont l'église. Combien, d'hérésies se sont élevées dès les quatre premiers siècles • de l'église! Nous en connoisspns les auteurs, dont quelques* uns étoient célébrés; cependant , malgré leur réputatfon , nous voyons les évêques attentifs anathématiser ces ailleurs et leurs adhérens , après avoir essayé de les guérir de leurs efreurs , sans égard pour leur* place et pour la grande réputation de science ou de sainteté qu'ils s'étoient acquise. Comment les condàmn oient -ils ? Par l'Ecriture, et par la foi des apotrps, qui étoit encore récente dans ces temps-là. Les protestans conviennent eux-mêmes que la foi des quatre premiers siècles a été pure ; les dogmes

qu'ils nous disputent aujôùrdTftir n'é* toient donc, pas ctus dans* cc& siècles? autrement , commentpoorfbient-ils dire que la foi qui étoit pure alors , ne Test pas aujourd'hui? Que si ces dogmes sont nouveaux , qu'ils nous piôntitent te temps dans- lequel ils *e£*>nt établis ; le cri que les fidèles orit jeté lorsqu'on leur a présenté ces nouveauté? ; le$ efforts qu'ont faits les évêques pour les empêcher de prendre racine , eux qui étoient si attentifs à conserver le dépôt de la foi ; qu'ils nous prouvent comment ces dogmes qu'ils appellent nouveaux, se trouvent tous établis dans les écrits des pères des premiers siècles , comme je vous lai montré sur la confession et lès indulgences , .sans qu'on se soit avisé uV les réprimer.

, Lady LOUISE,

Je comprends actuellement ce que yous entendez jpar le cri des fidèles.

C'est qu'une nouvelle doctrine étonne çt scandalisé ; c'est qu'on contredit ceux . qui s'avisent de,l$ mettre au jour. Ai- je bien pris votre pensée ?

Midbm. BONNE.

Qui , Madame, Tous pouvez vqip

LÉS AMÉRiCÀINÊS. . $j(l

par vous-même qu'on n'a jamais avancé nne nouveauté en matière de religion, sans qu'elle n'ait causé une rumeur , un Acand?l$<, Au Contraire rr on ne s'étonne point d'entendre prêcher ou de trouver çcrit une doctrine qu'on a toujours crue ; on ne stétonpe qu'à l'ouïe de celle dont on .n'avoit , jamais entendu parler. Les . proie ^tansdirOpt-ils qu'on a falsifié les écrits des pères? Je ne leur ai jamais entendu noqs faire! te reproche ; * mais • supposez qu'ils s'en avisassent , nous leur dirions : Au moment qu'on a fal-> sifié les écrits dés pères pour autoriser jiar leur témoignage les nouveautés qu'on Voulait introduire , la corruption des dhels dfe Peglise ' étoit-ëîle si générale , qu'il n'y en ait pas eu un seul qui se soit récrié contre la supercherie ?

-D'ailleurs on tle falsifioit leurs écrits que pour avoir la liberté de prêcher des er- -reurg; Gomment lé peuple ne s'est- il peint 'aperçu qu'on vbuîoit augmenter son joug ? Vous voyez , Mesdames ; qu'on ne peut soutenir que les dogmes; que nous recevons aujourd'hui , soient nouveaux. Nous lps tenons de l'église > qui les a crus depuis son établissement j

et si quelque chose pouvoit augmenter

notre confiance eo .elle), auprès les pro-

; messes. de ^ Jésus-Chris Uiee seroît Pin-

variptlpn de sa. doctrine. >Nul cëhbile fl*à

touché à.ce quira voit été' défcîdé dans tin

concile précédent. Même accord dans

le plus grand nombre des pasteurs*

mênqe inflexibilité pour relrniébet îëfe

; novateurs» même Jocilité dans le jilus

; graud ; nombre des Chrétiens. v Vbrlà ',

. Mesdames , ce qu'il m'est facile &e voub

démontrer.

Le CALVINISTE.

Et ce que je vous défie de faite. Je commencerai par relever les faussetés que vous venez de ;dire. X*a , première regarde-un passage de l'Ecriture que vous falsifiez. J'ai un nouveau Testament dans ma poche; . .â. . Lisez,, Mademoiselle. Il n'y a point ces mots : Pais v mes brebis , sur lesquels vous fondez la primauté du pape ; majs^ seulement ; Pais , mes agneaux.

M à dem. BONNE;

Je sais, Monsieur ? qîie èd passage «manque k vôffre'IrersjonYtiii de vos'^ontfrôres me lé fill-éitiarqutf , 'iïy àqttc*-

ques années en SaÎ6se; il fut sur-le-champ, et à ma prière , corisulter Texehiplaire grec, et il eut la bonne foi de convenir qu'il.y étoit comme Je l'avoisçcité! -Pouli quoi cette négligence dans vos traducteurs ? Vous voyez que je parle modestement d'une telle omission. C'est qtrfls sentaient très-bien qu'on ne peut dire que Jésus-Christ ait parlé au hasard , et qu'il ait employé ce mot sans dessein ; or, je défie qu'on puisse rien dire dé raisonnable pour expliquer ces mots, si on s'écarte du sens qu'y donnent les catholiques.

L* CALVINISTE, n

Vous vous êtes écartée de$s$xuime#$ de votre église dans ce que vous ave^ dit : elle veut qu'on croie le pape infail* lible.

MiDiM. BONNE.

Je vais vous parler tiattiï*elieiîlént;; Monsieur. Si -je lé Ctfôis ëU\'moïri' partie culier , c'est d'une foi humaine , À ]è ne cesserais pa$ d'être bonne Catholique eh le niant; J'ai be&ôin^e'vdtai expliqué* ce mol ; dont on à ffétfratoges idées- err Angleterre. . ; - '" •' '" '' - ;i*

explication d& l'Ecriture; ce concert est regardé comme l'ouvrage du Saînt-Es* prit, Test en 'effet, et le sera toujours jusqu'à la consommation des siècles. Il n'est jamais arrivé que le plus grand nombre des évêques unis à leur chef se prête à l'erreur, et cela n'arrivera jamais; car c'est le plus grand nombre qui fait, qui compose l'église visible , que les fidèles sont toujours à portée de reconnoître à cette marque.

J'admire la hardiesse avec laquelle vous avancez de telles propositions * comme s'il n'étoit pas prouvé que sous l'empereur^ Constantius le plus grand nombre des évêques étoient ^riens , aussi bien que le .plus grand nombre des chrétiens, en sorte que saint Athanase resta presque seul à soutenir la foi de ,Nicée. Un de vos auteurs a fait un fort bel ouvrage pour le prouver, et il montre en effet que dans les temps de tentation et de troubles l'église se trouve dans le: petit nombre des évêques.

Je vous le répète, Monsieur, si vous

pouvez me prouver ce que vous avancez, je tiendrai Jésus comme un faux pro-> phète, je le regarderai comme leplug criminel de tous les imposteurs. Sa di* vinité , dans mon esprit , est attachée àf l'accomplissement de ses promesses;; Où' ne peut ébranler l'idée de l'accomplie*' sèment' des unes sans ruiner l^iutrevi Supposez, Monsieur, que j'eusse Vécii dans ces temps de trouble ou vous pré- • tendez que l'église étoit concentrée dans le petit nombrfe dés évêques, et que j'eusse voulu me rendre chrétien, entret; dans l'église de J. C. , il ne m'eût -pas été possible de k discerner,

L*ANGLrIGAN. ; v »>

Pardôiiriez-moi , Monsieur, Vous *tt«i riez eu l'Ecriture; et. par ta (ronftJriflftk de la doctrine du petit itën&bre âVgÇ.** parole de Dieu * vous àtirîftf su' droite adresser pour trouver èéttameriwfat W° glise dé JésiiâMCbrist;^ ,f* >u&^. du.

' Et •ârifëoU^"feM;a4Vj^de^r<^tflifre partqtië dtTn£ fréglisë totiâêèê4t>Ptimy

f aurois été convaincu qlié léfe promesses1

548 lïl AMKRICAINE-S.

de Jésqç a soient manqué. D'ailleurs,de chaque côté op citoit l'Ecriture ; et s'il fautjSen rapporter aux passages cités par les ariens -, ils en offroient quatre fois plus pour appuyer leur sentiment que Yôus u'eu pouvez montrer en faveur des vôtres. Comment discerner, si on n'abusoit pup des passages cités, de quel côté éloit l'explication juste et celle qui étoit fausse? Vous le savez, Monsieur, on peut abuser de la parole de Dieu. N'a-t-on pas abusé horriblement 5 à Dordrejcht, de ces paroles ? &e$ dons de Dieu sont sans repettiGHcç. . /

L'ANGLICAN

Cessez de nous alléguer ce qui s'est passés Dordrefchtj nous, vous avons déclare qu'on o$ l'avoit fait que pour s'élpignçç de 1* doctrine des papistes; que non-6çuJemônJf les églises protestantes oui abandonné ces dogmes, mais que l'anglicane leur en a donné l'exemple.

Le RABBIN.

c Q^^o^t devenues les promesses de Jé&us f <2h?ist ,au temps d$ ce* synode? Quj'é^oit devenue la clarté; si vantée de!

fcfcS AMERICAINES. %$

^expliqua d'une manière si contraire .aux idées que nous avotas de la justice et de la bonté de Di«u ; puisqu'enfin cette doctrine vous a paru telle, que vous avez élé forcé de l'abandonner?

L'ARMINIEN.

N'en croyez pas un mot, Monsieur.

On l'abjure dans le particulier; mais les décrets de Dordrecht sont encore subsistans, il faut les souscrire en Hollande pour obtenir un emploi" dans l'église ; je crois même ( mais je n'en suis pas sûr ) qu'on a forcé les ministres en Suisse et à Genève", pou-r signer ces décrets , ou du moins le synode en général: plusieurs ont perdu leurs places pour l'avoir refusé.

Le CALVINISTE."

Vous sortes du sujet, Monsieur, laissez-moi répondre. M. le Rabbin demande ce qu'étoit devenue l'église du temps du synode de Dordrecht : elle étoit, comme du temps de saint Athanase, concentrée dans le petit nombre.

Madev. BONNE.

. Où prendre ce petit nombre, Monf ieur , puisque toutes le& églises protes-

5âD LÈS AMERICAINES.

tantes avoient souscrit : vous verrez qu'il faudra la chercher alors chez les luthériens ou chez nous. Ah ! ça , Monsieur, vous me reprochiez t*ut-à4iheure ma hardiesse, il faut me permettre la représaille. Ce sera ces Dames qui jugeront lequel eu a le plus de vous ou de moi. Je vais leur faire en peu de mots l'histoire de l'arianisme.

Abrégç de VHistoire.de VArianisrne.

Arius éloit ne en Ljhie. D'abord schismalique , il fut réconcilié à l'Eglise par saint Pierre , évêque d'Alexandrie , qui le fit diacre, et qui fut obligé de le chasser ensuite parce qu'il retourna dans ses liaisons avec ]çs,schismatiques. Son successeur, Achilas , rççut Arius , qui marquoit un. grand repentir de sa faute; il le fit même prêtre , et lui donna le gouvernement d'une église. Alexandre succéda à Acbflas, et cç £ut sous cet évêque qu* Arius commença à répandre son venin» Comme il avoit prétendu succéder à ÂdbHas ; il, conçut une haine violente contre éëltti épii àvélïl été élu ; et ne .pouvant attaquer ses mœurs y il

s'en prit à sa doctrine. Il l'interrompit lorsqu'il parloit du mystère de -la Sainte* Trinité , et sous prétexte qu'il rétablis-' soit lliérésie de Sabellius , qui avoit osé dire, il y avoit soixante ans, qu'il n'y avoit qu'une seule personne en Dieu sous trois noms différens. Ce fut , disoitil , pour s'éloigner de cette, hérésie qui avcfit été condamnée , qu'il publia que le fils de Dieu est l'ouvrage de sou père, sa créature, capable de vice et de vertu par son libre arbitre; çt plusieurs autres blasphèmes qui étoientdes conséquences de ceqx-ia, L'évêque, après l'avoir repris , assembla. un concile dans lequel Arius fut excommunié avec tous ses adhérens, car il en avoit déjà nombre.

Ce malheureux avoit toutes les qualités nécessaires pour séduire : il étoit éloquent ; sa conversation étoit douce , agréable, et son air austèïc et mortifié. Saint Alexandre écrivit à plusieurs çvêques pour Imtt notifier la eoudamnation d'Arias, et remarque, entre autres> ehoses, que fcet hérésiarqu e a ppuy dit- «OB' sentiment tan plusieurs passages del'È^t eriture dont il abusoit. Presque tous condamnèrent Arius ; mais comme' il se-

trouvoil cinq ou six évêques qui le protégeaient , son pasteur assembla un nouveau concile , composé de plus de cent évêques, où Arius ayant été condamné de nouveau, on écrivit sa condamnation et les dogmes impies h tous les évêques du monde , et on prouvoit, dans celte circulaire, que les erreurs n'avoient été condamnées qu'en conséquence de TE* criture sainte, sur-tout au commencement de l'Evangile de saint Jean.

L'ARIEN

Il me semble , Mademoiselle, que vous devriez rapporter ces passages de l'Ecriture qui fondoient les sentimens d'Arius, qu'il vous plaît d'appeler des erreurs Ces dames jugeront ellesmêmes s'il méritoit d'être condamné ou absous.

Li CALVINISTE.

Ces dames ne doivent point être admises à «juger d'une doctrine abjurée , condamnée depuis quinze cents ans. C'est une affaire finie ; toutes les communions en conviennent, et il seroit très-scandaleux de remuer cette question, L'arianisme n'est plus à craindre;

la foi sur la divinité de Jésus est générale et commune à tous, les chrétiens.

p- Miss DOROTHÉE.

Je vous trouve singulier, Monsieur^ de vouloir nous interdire l'examen. De quel droit, s'il vous plaît? N'âvons-nous pas la sainte Ecriture ? # '

Li CALVINISTE.

Une petite fille comràe vous'croïroitelle la mieux entendre que les pères du concile de Nicée ?

Miss DOttOTfiÉË.

Ce concile éjpit composé d'hommes sujets à Terreur. Si jamais je me fais catholique , j'aurai droit d'employer son autorité, je seçai obligé de me soumettre; mais tant que \e serai dans votre communion , Monsieur , point de , soumission, ni aux pères, ni aux conciles; je puis entendre l'Ecriture- tout aussi bien

qu'eux; point d'autorkés humaines, s'il vous plaît. .

L'AÎflEN.

Miss Dorothée a raison. Il vous convient bien de nous citer l'autorité des pères et des conciles > vous qui les re-

jetez toutes les fois qu'ils justifient les catholiques. Vous avea bonne, grâce , après avoir ressuscité l'arianisme , de vouloir l'attaquer!

Ls CALVINISTE.

Jamais je ne vis une calomnie plus mal digérée. Nous renouveler l'arianisme dans le temps que Calvin a fait brûler Servetl^

L'ARIEN

Peut-être pour dissuader le public des soupçons qu'on avoit conçus contre lui a cause de certains traits qui lui étoient échappés. Quoi qu'il eft soit de ses senmena à son égard , il est certain que nous lui avons obligation : il a dissipé la vaine frayeur que nous avions des pères et des conciles j et en avançant , aussi bien que Luther , qbe l'Ecriture éloit claire , il nous a fait naître le désir d'y chercher la vérité. Nous l'avons trouvée, et tout le monde a droit de l'y chercher comme nous. Laissaz-npps penser, a cet égard, selon nos lumières, monsieur le Calviniste. Le concile de Trente est aussi respectable que celui déNicée; et avant de prétendre nous assujettir au premier,

soumettez-vous au dernier. Il n'appartient qu'aux catholiques, qui reconnoiasent u,n tribunal , d'entrer en lice avec nous. Au reste , Monsieur , n'allez pas nous soutenir "que la saine doctrine que nous suivons n'ait plus de partisans. Arius en a beaucoup en Allemagne > et plus en Angleterre qu'autre part.

N TOLÉRANT

Chacun doit* je pense , avoir ici la liberté d'exposer sa doctrine , puisque nous ne sommes assemblés que pour mettre monsieur le Rabbin en état de faire u» choix. Après tout , nombre de gens croyent que les sentîmens d' Arius n'étqient pas aussi mauvais qu'op se l'imagine, et il y a de l'apparence que «an» ce coquin âtévéque d'Alexandrie tout se seroit accommodé.

Mis» CHAMPÊTRE.

De quel évêque d'Alexandrie parlezvous , Monsieur ? Quel crime a-t-il commis, pour mériter celte épithète diffamante?

MiDSK. BONNE.

11 est- question j Madame, de saint

Athanase, et Monsieur de (i) tt'^tf-

-ploie jamaîs d'autre mot quand il parle de lui. l'espéré que Monsieur Voudra bien avoir égard à notre façon de pen- «ep, et ménager ses termes. Au* reste, il me paroit juste de l'entendre.

L'ARIEN

Le prophète-roi , dans le pseaume 48 , dit, en parlant du Messie : Tu as aimé M sagesse et heu F iniquité ; c'est pourquoi, 6 Dieu ! le Seigneur, ton Dieu 9 t'a oint de F huile d'alégresse , plus excellente- que les autres. Ecoutez ces autred paroles : Le Seigneur nia créé au commencement de ses voies. Voici g:e que Jésus -dit lui-même : Mon Père est plus grand que moi. Il dit encore : Personne ne connott le four du jugement, non pas même le fils de F homme. Je me contenterai de , ces passages , ils sont formels ; mais -je pourrais enajou-

(1) Je pourrais nommer le ministre qui i&'a tenu ce discours ; mais il a été mon bienfaiteur , la reconnoissance me ferme ta bouche. M'en saura-t-it gré ? j'en: doute : il ne fait point mjrstère de ses sejatimens à cet égard.

ter un grand nombre d'autres , pour vous prouver pv l'Evangile , que Jésus a toi jours parlé de lui copime d'un être inférieur à son pèrej qu'il le prÎQit, l'adorbit , qu'il lui faisoit de§ demandes, Or v tous: ces actes ue conviennent poiu£ à la Divinité.

Le calviwistç,

• Quand yoijs njte citeriez encore cent passages, je vous prouverai par deux cents autres qlie vous les entendez mal, : Jésus, à la vérité» est Dieu ; 'niais il s'est fait homme : il étôil nécessaire que sa divinité et son humanité fussent égaleraient constatées par ta sainte Ecriture.

Le môme qui a dit : Mon Père est plus grand qye moi , a dit aussi ; Mon Père»' et moi ne sommes qu'un. D ailleurs,' examinez bien le passage du prophète que vous avez cité ; il dit : Ot Dieu ! le Seigneur, tori pieu. Il commence par affirmer la divinité <Je Jésus, ensuite il parle de son humanité. Cette divinité de Jésus est si dairemetat marquée dans le commencement de l'évangile de saïnt Jean, que cela suffit seul popr fermer J& bpiiche 1* tous les ariens : Ai* com?.

mencemem le Verbe étoit en Dieu, et le Verbe étoit Dieu.

L'ÀKIEN.

Au commencement : ces paroles doivent s'entendre du temps qui a précédé

la création ; cela est clair. ,

LàOT VIOLENTE.

Voilà donc cette Ecriture si claire , que chaque fidèle peut l'entendre et1 l'expliquer ; l'oserez-vous dire à présent, Monsieur le Calviniste ? 11 est

question ici du mystère qui est le fondement de toutes la religion. Qu'en devons-nous croire? Espérez-vous' que le commun des. fidèles puisse discerner le sens de ces passages , pendant que vous autrefc savans ne pouvez éà convenir?

TOLÉRANT

Non, Madame, cela n'est pas possible ; aussi Dîeu ne leur imputera pas leurs erreurs a cet égard.

Liqi LOUISE.

Quoi ! Vous osez aller contre cette parole de l'Ecriture : Nul ne va au Père que par le^ Fils. Que si vous

mettes au rang des choses indifférentes une question qui , mal décidée , nous met en danger ou d'être idolâtres , en partageant à Jésus un culte qui n'est dû qu'à Dieu, ce qui est un crime, s'il n'est pas Dieu lui-même ; où de manquer au premier précepte du décalogue, en n'adorant pas le Sauveur, s'il l'est véritablement ; si , dis-je , vous regardez ce dogme comme indifférent, je ne sais plus que penser de votre religion , ou plutôt je ne vois que trop que vous n'en avez aucune.

Ladt VIOLENTE.

D'ailleurs, que deviennent les grands principes que nous avons poussés jusqu'à la démonstration ? Noua ayons vu que le péché renfermant une malice infinie , il faJloit des mérites infinis pour le réparer et satisfaire à la justice de Dieu. Si Jésus n'est pas Dieu , il est fini par sa nature ;. et quelque excellente que vous supposez celle qu'il a reçue de Dieu , elle n'a aucune proportion avec la nature divine : le péché çeste sans une expiation suffisante , Dieu saus un culte digne de lui. Les

5fio LES AMÉRICAINES*

chrétiens n'ont rien au-dessus des juifs, fesez-le bien. Entre le borné et l'infini la différence est infinie ; mais entre le borné et le borné elle ne peut être grande ; nous pouvons comprendre la distance qu'il y a entre Moise et Jésus 9 si le second est créature;

Lad y MÉRX

Savez-vous bien à quoi aboutira tout ceci ? A me rendre déiste , comme Monsieur Tolérant : car, sur mon honneur , il l'est. J'irai plus loin > à l'exemple de Monsieur le Rabbin.'Lé Dieu infinitpiçnt bon , fi*ge et juste ^ ^isparoîtra à mes yeux , puisqu'il n'aura pas voulu , ou c^u'il n'aura pas pu prévoir et empêcher les mauvaises suites de la doctrine qu'il a fait annoncer aux hommes*; je me trouverai donc sur les bords d'un abyme, qu'on appelle l'athéisme , et ma raison ne me découvrira qu'un sentier pour éviter d'y tomber. Ce séj*a de nie faire catholique. J^e tribunal infaillible qu il me découvre" satisfait à toutes ces dïftîcultes , et rend Dieu garant de ma façon de penser. Voilà la seule planche que je trouve pour échapper à un naufragq* inévitable.

LES ÀMÉïUCÀIWRS> 55 1

Vous avez tort , 'Madame , de votre effrayer mal*à*propos. 'La "divinité de Jésus resta victorieuse ad concile *de Nicée.

L'ARIEN

Ne me . pafrlez plus «du /concile de Wfaée répétait une assemblée d'hommes, lotis àfùssi'suj^s :îr l'erreur que ceux qui s'assémblèrfeftt a 'Trente./ JVoyez-vous f Monsieur, il feut vous Raccorder avec vous-même ,: convenez que l'Ecriture n'est paj claire , qu'elle a frêsoin d'explication j que Dieu , par la bduche de Jésus, nous a montré une autorité :^ui 'peut la décider sans crainte de se méprendre jamais. Convenez que cette infaillibilité rse trouve dans le plus grand nombre des évéques unis^au pape, Reconnoissez cette infaillibilité k Trente , 'comme vous voulesi que je la reconnusse à Nicée f et alors je^pourïai vous entendre. Je ne suis pas ne arien , et depuis un quartd'heure ^e me doute que je ne motirrai pas tel: ce sont les .principes établis chez vous qui me l'ont rendu. Vous avez rendu tout le monde juge de la doctrifae , et j!ai cru avoir le même IV. 16

privilège que Calvin, qui n'étoit pas content du cprameucèment de l'évangile de saint Jean, dont vousfaites votre arme favorite. Ces mots , Dieu, de Dieu * le choquoient. J'ai imité votre patriarche, j'ai examiné l'Ecriture, j'ai décliné toute autorisé, parce que j'ai appris de la bouche de vos prophètes, qu'il n'y a point sur la terre dç tribunal in* faillible» Oqt-ils eu raison de le dire? Souffres que je reste arien. -Ont-ils eu tort? Faisons-nous catholiques } cardans ce dernier cas nous sommes environnés de tous côtés de précipices qu'on ne peut franchir que par une soumission aveugle au tribunal établi par Jésus.

Le CALVINISTE.

Nous ne rejetons point toute autorité, Monsieur ; nous avons toujours été dans la disposition de nous soumettre à un concile libre : mais on ne peut donner ce nom à celui de Trente. Le pape , qui étoit notre partie , y président , et il en dictoit lès décisions : nous en étions exclus par anticipation ,c'est~a<lif e qu'on nous t en oit comme coupables avaqt d'être jugés , et comme tels on nous refusoitséance avec le* juges x pour nous

lits ÀMERicAitfia. 363 réduire à la qualité d'accusés. .Vous voyez que le Saint -Esprit, né, pôuvoit pas présider à un tel concile ; car sa première condition est d'être libre» L'expérience a fait voir que nous avions raison ; le concile de Trente a suivi une méthode jusqu'alors inouie dans -l'église. Lises l'histoire du concile de jrTrpnte , f mir Fra-Paolo. C'est un? catholique , il ne peut être suspect. Eisez aussi les lettre^de Pallavicini , au neveu ; du pape , Charles Bdrromée : vous y verrez un concert secret tout humain.

Ces ouvrages sont publics. . . : : : ^

L'ARMINIEN.

La réponse à la première partie de ce discours m'appartient : Mademoiselle Bonne se retirera; comme elle le pourra, àfi la seconde .; car je suis bien éloigué de soutenir le concile de Trente.

Je dis avec vous, Monsieur, qu'il a été tyranniquç aussi bien que le concile de Dordrecht.; J'ajoute pourtant >que dans les principes dej ceux qui oal voulu nous SQpmettre a ce* dernier, oq.qe pouvoit s'empêcher de se sputaettfe au premier, et qu'ils ont eu tort de ne pas le faire.

564 **• lMÉRrCÀINE5,

Ecoutez , Mesdames , ce qui se passa à Dordrpcht.

François Gomar étoit à la tête de . ceux qui soutetioient les propositions que vous avez en horreur. Barneveldt balancent alors l'autorité du prince d'Orange en Hollande, èl étoit son ennemi. Ce : Barneveldt imposa silence a\ix gomalistes et aux remontrant ( c'est le nom qu'bn'nous donnoit), et ordonna une tolérance mutuelle/ 11 tCen fallut pas davantage pour engager le prince d'Orange à- la faire refuser par les états-généraux , qui indiquèrent un synode national, où ils invitèrent tous les protestans. Ce fut dans cette assemblée que les remontrans furernt condamnés /traités d*béré- « tiques et excommuniés par les goma- «ristes. Ils préiéfntè^ent iinë*f'equêtéjôh:ils disoient quêtant pasteurs càmtàe les .aWresi ifo d^iènt^voir stftoc^ avec 'éuxîdfahsié $yh0de ; qlié / sî an* lès excluoit du synode, cohifoe étailt parties dans cette eabse , leurs parties dévoient en être exclues aùMi; piriôcjùe^tflintà la décipfen; élleS étaient dafis le même *oas qu'eux ^èttîOttW*ns ;' qu'stattrétaeirt

ils seraient juges et parties, ce qui seroit injuste.

Remarquez qup nous ne croies précisément, dan» cette requête , que ce, que les pro tes tans eux-mêmes aypient dit aux pères, du concile de Trente en pareille occasion. On nous fit, aus^i une *éppnse à-peu-prçs.semhUble h çejytç qu'où leur fil, .

Que le ^ynçtdç trpuvoit foj;t étrange que les accusés voulusse»,!, faire la \q\ a leursjugeS et leur prescrire des règles ; que c'étqit facjjpe. injvuve nôu-seuleji&ent au synode , mais encore au* éÏ3rt$rgé-' péraux qui l'avoienl convoqué et lui ay oient commis le jugenfiçnt; qu'enfin* ijs n'aypient d!aptre parti à, prendre que celui d'obéir. Nous eûmes beau à\re , comme ils avoient fait en pareil cas:

Nous voulons un concile libre , un concile où nous soyons assis ayee les autres, un. coucilç qui n'ait pris, aucun parti, un concile qui qe nou$ tienne p^ pour dçs hérétiques , nous ne fûmes pas écoutés.

Page 1