‹ Les AméricainesChapitre 10 sur 42 · SECONDE JOURNÉE · texte numérisé non relu

SECONDE JOURNÉE

JN ous avons dans noire dernière lecoti constaté la i'éaKlé de notre existence , el la manière de notre existence. Nou« JBommes des êtres capables de connoître et de vouloir j nous en sommes si sûres , que. toutes les créatures réunies iiépourroient nous persuader le .contraire; mai§ nous ne savons encore que cela de cette science absolue qui exclut le doute. Tâcbons par ces deux vérités d'arrîverà quelques autres connoîssances- Miss Maly, avez-vous toujours existe ?

Miss MALY.

Du premier mot je vous aurois répondu que non; maïs en réfléchissant, je vous dirai que je croîs que non., sans en être certaine , çri plutôt que j'ignore absolument quelles sont les bornes de la durée de mon être.

Ladt inconséquente.

Quelle imagination! Comment, Madame, vous ne savez pas que vous n'é-

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tî^ez rien avant voire naissance ? Pour moi , j'en suis si assurée que je pour rois . en faire le serment.

Ladt préjugé.

Oest la première chose qu'on m'a apprise, et je me souviens fort bien du temps 011 j'ai commencé d'être , ou du moins de celui ou j'ai commencé à penser^ qui étoit voisin dp ma naissance»

Je suis aussi sûre de celle vérité, que je le suis de vous voir ou de vous parler.

Miss MALY.

Pour moi. Madame, je n'oseroîs en dire autant , car je ne sais encore que deux vérités. Du reste , je ne nie rien, je n'affirme rien j je ne voudroîs pas dire que je suis sûre de vous voir et de vous parler. Je le crois j mais pourtant je n'en sois pas sûre , je pourrois fort bien me tromper.

• Ladt préjugé/

En vérité, vous dites là une chose qui me paroil une extravagance } qu'en pensez-vous 5 ma Bonne ?

Madem. BOINNE.

Je ne me mêle point du tout de cela , ma chère j apparemment que miss Maly

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a de bonnes raisons pour appuyer son sentiment j c'est à elle à vous les dire et à le justifier; entre vous le combat, Mesdames.

Miss^MALY.

Ma chère Lady , n*avez-vous jamais rêvé que vous parliez ou écoutiez quelques personnes? que vous étiez en certains lieux ? que vous faisiez telle ou telle chose ? Cela étoit-il réel ?

Lady PRÉJUGÉ.

Quelle comparaison ! On sait bien qu'un songe est un mensonge , et qu'il n'a rien de réel j mais présentement je suis éveillée.

,Miss MALY.

Et qui vous a dit que vous ne rêvez pas actuellement? Quand vous rêVez, vous ne vous en doutez pas , vous êtes la dupe de vos songes. Encore une fois, qui vous a dit et prouvé que vous ne rêvez pas toujours ?

Lady viol, en te.

Prenez garde , ma chère , vous voila pyrrhonienne. J'appliquerai votre raisonnement à ce que nous avons dit auparavant, et je dirai : Mon existence et

la manière dont je crois exister est peut* être^n songe.

Madem. BOINISE.

Non , ma chère Lady , vous ne raisonnerez point si mal. Rêver, est un acte qui ne détruîroit pas la certitude de votre existence , au contraire il la cowstateroil j car ce qui ne seroit rien , ne pourroît produire un acte. J'approuve la circonspeclîon de miss Maly , qui est bien loin de l'excès dont vous l'accusez. Elre pyrrhonienne , c'est assurer qu'on ne peut rien prouver , et qu'en conséquence on doit douter de tout. Elle, au condaire, demande des preuves j donc ellp croît qu'il y en a.

Miss DOROTHÉE.

Les pyrrhoniens sont de drôles de gens , qui disent le oui et le non dans le même temps. Lequel faut-il croire ?

Ladt INCGIS^ÉQUETHTE.

Je ne comprends pas cela, mais je commence à voir que mon* défaut de compréhension n'est pas taut dans le^ choses que je n'entends pas , que dans le défaut de mes lumières. Prêlez vous

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donc, s'il vous plait. Madame, à mon incapacité. .

Miss DOROTHÉE.

Pli^l à Dieu, ma chère, que je susse moins raisonner, et que je pusse imiler la bonne foi avec laquelle vous convenez de vos défauts , je gagnerois au cliange j if faut espérer que cela viendra. Je dis. Madame , que ceux qui disent qu'il faut douter de tout , soutiennent deux choses contradictoires, et prononcent le oui et le nom loul-a-la-foîs j et voici comme je le prouve. Un homme de bon sens ne peut pas dire : Je doute de cela a cause de rien : mais il dit ; Je doute de cela par telle et telle raison. On m'a dit ce matin que ma Bonne étoit a la campagne, j'en ai douté, pourquoi? C'est que hier au soir elle étoit déterminée à rester à la ville, et qu'elle étoif trèsmalade. Voilà des raisons qui justifient mon doute. Je demande aux pyrrhoniens : Pourquoi dites-vous qu'il faut douter de tout? sur quoi appuyez-vous votre doute ? Ils me répondent : c'est qu'il n'y a rien de certain ; l'expérience liOus l'apprend. Je leur réponds : Vous êtes sûrs qu'il n'y a rien de certain ; mais

Toilà une certitude ; vous avez donc tort de soutenir qu'il n'y a rien de certain. S'il y a une certitude , il peut y eu avoir mille. Convenea; donc que voui| dites qu'il n'y a rien de sûr sans raison suffisante , ou que y si vous parlez en éknséquence de cause , vous assurez que vous avez la certitude qu'il n'y a rien de sûr ; et cela est çbnti^adictoire.

MADfeM. BONNE.

Vous avez bonne mémoire, missDof rothée , nous avons lu cela ensemble l'hiver passé , et ce raisonnement est sans réplique. Concevez, Mesdames, qu'on peut suspendre son jugement sur tout, sans être pyrrhonienne. Ce n'est point la un doute jau contraire, c'est. sagesse* On s'arrête jusqu^a ce qu'on soit biep instruit , qu'on ait suffisamment examiné. Miss Maly a donc répondu sagement qu'elle ignoroit les bornes de son existence , c'est-à-dire combien de temps elle a existé. 11 est vrai que miss Préjugé se souvient de ses premières, années , et que dès-là elle est sûre d'avoir existé en ce temps ; mais il en est un dont elle ne se souvient pas, oii elle exisloit pour* tant, à ce qu'elle croit; c'est celui de sa

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iiaîssance.Qiiî empêche de penser qu'elle exîsloît long-temps auparavant , de lôule elernîté même, sans en ^ avoir aucune cbnnoîssance ? nousTéxammerons. 'ï'ou- |ôurs eél-il certain qu^élle est sûre de la réalité de son être , du moment où elle a commencé à penser et à vouloir. Elle à donc eu alors une manière d'êlre, un, mode qu'elle ri'àvoit pas auparavanl. Ce qu'elle a eu alors , lui rnanquoit dans les temps quiôtit précédé ; rëteriez-le bien, Mesdames, elle est un être sujet aii changeaient, Qai lui a donné celte nouvelle manière d'exister? Qu'en pensez*ff€lus,lady Préjugé?

' . ' 'Lady MlÉJUGÉ.

* Voire question si^ppose que je saià penser par moi-même. Or, vous êtes dans l'erreur à cql égard ; je ne sais que ce que j'ai entend^ dîre. : j'ai pris l.out ce que j'ai entendu pour bon ; et pourvu qu'il n'y eût rien.quï nie. choquât trop senisîblement , il m'a paru plus aisé d'jr acquiescer que d'en faire l'examen. Je n'ai jamais entendu r^îsQuner sur cette rhatière ; donc je ne sdîs rien et ne pense rien à ce sujet, et il seroît aussi aigé de me mettre dans l'esprit que j'ai existé de

LES, AMél^IG.^INES# n5

ioute.éteruité sous une autre forme ou mode , que de me faire croire que j'ai eu un commemçt^eivl. -

. : i . iHiliift» UJÏCQKSÉQUENTE.

• Pour tïiôî , j^aî réfléchi quel quefois sur le chatlgëûieAl que les années ont fait sur moi ,îfi)t j'^i. cj^u en trouv er la raison . dans raccroi^^/^ent de mon corps, et danslêjs disçour^qc(e j'ai entendus. Us faisoient naître pies réflexions.

Mad». BOIHNE..

Les nourrices ont habitude de parler aux' eïifans depuis le matin jusqu'au soir; ils ne sont pas sourds, lin grand bruit l«s éveille. ;£ourquoi donc les discours qu'on iléur.fait alors ne prpdaisent-ils aucune idéedans leur cerveau , du moins qu'ils se putsseQt>rappeler dans la $uite? Vous dites que .irous avez attribué le cbangeihent qui sfest fiait en vous à Tac* croissement de i vôtre corps; mais un arbre ^ est' aussi nourri , prend de l'accroissemenl ; cependant vous ne croj^z pas qu'il ait des idées.

LiDT INCONSÉQUENTE.

iNon, assurément, ma Bonne; mais

rjQ LE8 AMÉRICAlNEg;

un arbre est d'une autre nature que

xnoi. ' à '

Maokm. bonne.

Dépendoît-îl de vous de natlre fille , arbre , brebîs , fleur ou autre chose ?

Ladt inconséquente.

Non : avant d'être je ne pouvoîs rien déterminer sur mon esLÎstencè , puisque je n'étois rien. Cela s'entend tout seuU

Madem. bonne.

Il faut donc que ce qui a déterminé votre être ou votre manière d'être soit quelque cbose ; qu'il existât avap.t vous.

^Làdt inconséquente.

Je vous répondrois bien que nos per«s et mères nous ont donné l'existence et qu'ils étoient avant nous;; mais il y a quelque chose là*dedans qui me tracasse. Bien des gens souhaitent d'^avolr desenfans^et n'en ont point; il faut donc qu'il ne dépende point d'eux d'en avoir. Cela m'engage à penser qu'il y a tin autre principe de notre être qui est plus puissant qu'eux. Tenez, ma Bonne, je suis toute glorieu.se d'avoir fait ce raisoniiemenf ; il faut me passer cette va^nîté , c'est le premier de ma vie.

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Votre remarque est juste , madame j 9t vous coQtithiez , je chanjorerai voire norti pour aon contraire. J'enlrcTOÎs ^ comme vous , qu'il y a quelque cbose que nous ne coqdoîssods point , qui a présidé à , notre être , ou du xn^ins à celte manière d'être que nou« copnois'* soo&^ car ]e n'ose encore rien décider" sur ce qui n'a pa« ^lé soumis k l'exa* men , et tel est. mon état du moment de ^a copjpeptioii 4^t àfi ma naissance i voyons si )'aurois plus de lumières spr cç que je sub actuellement , ou du moins sur ce qtie je crois être. Je me trompe^ Mesdames , je suis sure d'être une chose penisante et voulante , je deyois dire : sur ce que je crois des autres qualités de mon être qu^ j'igdore encore , pour celles-là j'en dois parler avec doute*

J'examine différens objets, je les conv pare 5 je m'affectionne à l'un , je déteste l'autre. Je trouve qu'il est désagréable de rencontrer en son chemin des choses qui déplaisent ; il me semble que je deyi ois chercher à les détruire, à les anéantir , à les métamorphoser eti des

7^ ris 'AM"É*tiCAîN'fe"s.^

choses qui mé'Solèill plus- agréables. Je crains beaucoup! le soleil à midi (Tins Vété :;nè ppurroîs-je'pas Iç forcer k rcs-. ter toute la journce; ce qu'il est à son lever? Qu'en pensez-vous^ miss Sophie ?>

Miww SOPiHIE. ». f n

Cela seroit fort' cotnmddé , stir-lôtil pour moi ; mais malh'eu^eoseinenlt c^cst la chose impossible. Il n'est pas en mon -pouvoir de ri^n changer dans^ lâ plupart des choses qui me déplaisent; ^ Mon pouvoir etie Vôtre soïitYtrcfs^bornës;

E^plîquez-moî , ma dière ', '. 'ce ' que vous entendez par les bornes de votre pouvoir.

Miss SOPHIE.

Cesl-à-dire , ma Bonne , quHl y & mille choses que je voudrois faire, et qui sont au-dessus de ma puissance \ je me trouve arrêtée tout court , et je sens; que tous les hommes ensemble ne pourroîent les exécuter.

MiDSM. B0T<NE. .

Croyez-vous que ces choses qui vous Bont impossibles , le soient en elles-mêmes, ou seulement par rapport k vous?

LES AMERrCAlNlS. .'fQ

Toutes lès choses qui sont , sontpos* sibles i puisqu'elles ont été faites ; mais elles sont impossibles pour moi et pour toutes les puissances dènl j'ai l'idée ; et voilà ce que j'énonce ^ >^aad )e. dis 'que moiyppiiivoir etceWi ides.' hommes sont bornés. - .. .

Mabzv. bonne.

Je TOUS entends, ma chère* Vous m'exprimez deux choses : une impuissance dans les êtres serablab}ep -à vous; la puissance dans, un étjre que vous ignorez; puissance que ygiis pouvez apprécier par l'examen de ses ouvrages.

Il me semble que vos idées à cet égard sont deux nouvelles vérités que nous pouvons ajouter k celles que nous possédons déjà. Mon poui^oir est borné»

Il j en a un au-dessus du mienJ Ladt chablottjbl

Il me semble qu'il ne faut pas une grande application pour découvrir ceU 2 ce sont des vérités qui se font sentir g tous ïtioniens. Si les hommes ppuvoieut ^out , nous verrions de belles choses 1 D abord ils ne mourroient pas.

8b XIS AMXRICAXNSS,

MAD.Eii. BOîfNE.

Est-ce que .nou$ mourons malgré nous, ma obère Ladj f .

, LAD-f CHARLOTTE.

rr ApparçmmeirtvousTOuIesiVotiâ amuser en me faisant cette -question. AsJsurément nous mourons malgré nous j nous ne pouvons reculer d'un instant 'celdî de notre mort. Nous ne pouvons pas davantage en déterminer la manière ^et les drëoiïstances.

' ' maûem. bonne.;

Voila un de nos doutes parfaitement éclaîrci. Miss Maly n'osoit rien décider sur la durée de son être; elle le peut faire sûrement , et se dire à elle-même : Je ne suis pas la maîtresse de mon être ^ je ne puis reculer les bornes de ma vie : donc je n'ai qu'une existence dépendante de celui qui me Ta donnée :

]'ai commence , cela est certain. Si \e m'étoîs donné Têtre , je me le serois donné à ma/antaisie, et lady Charlotte assure que cette fantaisie , dans tous les !iomme8 , eût été de ne point mourir.

Il me semble aussi que si je m'étoîs donné l'être , j'aurois choisi le plus par-

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fait, accompagné d'un pouvoir sans homes*

Miss DOROTHEE.

Avec votre permîssîon , ma Bonne , il me semble que vous déraisonnez. Que voulez,- vous dire avec cet être que vous vous seriez donné à votre fantaisie?

N'avons-nous pas remarqué qu'avant d^être , vous étiez. Je néant qui ne peul rien produire? ïl faut de toute nécessité que ce qui existe soit éternel , ou qu'il n'ait qu'une existence bornée; le restas est absurde.

Mi.DEH. BOTÎKE.

Vous avez raison , ma chère y il est absurde de supposer un être qoekonqtfb qui, se soit donné sa propre existence avant d'exister ^ et cela me donne lieu de découvrir une nouvelle vérité. La voîci^ It y a des êtres : donc il y en a un éternel. Mais il faut prendre garde à ne nous servir d'aucun içot dont nousn'entendions le s^n^. Que veut dire celui-ci, Eternel?

Miss .M^LY,

Il veut dire y qui n'a jamais eu- de commencement , et qui n'aura point de ûb, un être infini en durée.

Mis* DOROTHÉE.

Expliquez-nous , tna Bonne ^ ee que vous entendez par ce terme , Infini.

Quand je veux Texaniiiîer ,^ il nie sertiblç que je jette les yeux sur une grande mer. Je VOIS un amas d'eaux qui n'ont |ioint de bout pour ma vue , et qui me paroissenl immenses. Après avoir regardé»

exanliné quelque temps , mes jeux s^t fatiguent , s'e'puîsent, il faut les baisser. De même, quand je veux penser à rinfini , mon esprit s'épuise , je deviens comme stupide , et il faut bien vite me distraire sur nn autre objet.

Madem. BOÏïKË. ' '

Voilà encore uiié chose ' qui tiows prouve bien clairement les bornés de notre être. L'infini est une chdse qui ii'a point de bornes, dont on ne peut trouver le bout , parce qu'il n'fen a point. Or , notre esprit est le dbnlraire de rinSnî } il a des bornes. Pourrîèzvous entrer dans ma tabatière^ miss Francisque ?

Misji FR^NCîSQUÇ.

Non assurément , ma Bonne ; votre tabatière îesttrop petite^ et moi je suis trop grande: or, il est impossible qu'une

LES AMÉUICilINES. S^

grande chose puisse être renfermée dana uue autre .qui seroit puis petite qu'elle.

Mi.DBM. BONNE.

Voilà , Mesdames, pourquoi il est impossible que l'iuijoi puisse jamais entrer dans votre esprit: il est trop petit, et TinGnresttropgrand pour lui. Il est donc constate que nous sommes le contraire de l'infini ; ainsi nous ayons commencé d'être comme nous le disions il n'y a qu'un moment. Nous n'avons pu nous donner l'être avant d'exister : donc il y avoitquelque chose avant nous qui nous l'a donné. Comme un ne peut donner ce que l'on n'a pas , l'auteur de notre être possédoit l'existence. Mais quelle est la manière de son existence? Est-il fini?

est-il infini ? Qu'en pensez-vous , miss Dorothée ? \ i

Miss DORQTHÉE.

Que celui qui m'a donné l'être soit fini ou infini , cela revient au même ; toujours sais^j^ bien qu'il doit y avoir un être infini.

LiDT LOUISE.

Comment ponveaf-vous concevoir cette ' nécessité , ma chère ; je vous prie de m9 l'expliquer.

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