‹ Les AméricainesChapitre 23 sur 42 · X.ES ÀMÉRTCAlNEâ. ig · texte numérisé non relu

X.ES ÀMÉRTCAlNEâ. ig

Mesdames , pour vous faire part des ob» jections que je pris la liberté de faire ai celui qui me la rapportoit. Je lui demandai ce qu'il pensoit des prodiges de l^oise, et de ceux des magiciens de Pharaon. Il n'y avoit que deux partis à prendre , ou de croire qu'il fût au pouvoir de la physique de créer de nouveaux êtres , ou de penser qu'elle avoit celui de fasciner les yeux pour y peinidre des objets qui n'existoient pas réellement. U^ prit ce dernier parti, et me soutint que nos physiciens modernes ne méjritoient pas ce nom , en comparaison de ceux de ce temps-là. Mais^ ma Bonne:, il me vient une singulière idée ; cet honnête Èomme cache si peu ses sentimens sur îa religion , qu'il n'y. a pas de^ café dans lequel il ne les ait débités \.(ine ne. le priez- vous de vous faire lui-même celte histoire, il ne demandera pasmîeuxj^ et alors on ne pourra vous reprocher d'avoir cherché à surprèmlVe de jeunes personnes ignorantes par. état ; vovilezvous que, je le fasse appeler ?- il .^sto^di-: nairement seul a cette heure.

Madim. bom:n£. • De tout mon cœur, ma chère r je vous

ld<d«)â>dkt, je crois, qu'il loge ici| Menâmes. ^

Li»Y VIOLENTE.

.Apparemment que c'est mon^îet^ fièlesprît : je le connoîs beaucoup; ih passe pdur^tre Bien habile , ma Bonae«

Tant mieux , ma chère* Et moi je déclare haut e> clmr que je. sui* fort îgno- Wnte jetBipotirtant jç^n'aî paspeur... Ah I Vodà voilà, monsieur Belesprit j vous* sivez^ je lésais^ un grand zh\e a étendre fe règne de la raison , et à détruire les» finisses idées que , selon youS^ la superstition a fait éclore dans nos foîblei cerveaux; je vous offre upe belle moisson.. H est question de faire le procès à Moïse ^ et dé prouver a tontes ces tKames quil. n^étoîVqu^n habife imposteur ^.voudrieïvoutf ïeur rendte ce service ?

. ; BErLESPRIT.

Airf !llaéetoé>î«BKe, vtHis voule:»^ badiii*i^v vous serrer bien fâchée que je vous prisse aw mol : que devîendroient les leçons que vous doonM à ces Dames depuis. tant d'années? .

XB6 ▲ttili.iCAiir», :m

M^DEv. BONNE. .

Vous me copnoissez peu, Monsieur t je suis idolâtre de la veriié , et je fais vœu -de eai^reisesi lois ^ je n^aâ^vdalii «[ne r«n?ifeigner ot? ces d^meç : prqay eMQoi que je iSi^ mm trompée ,M?ieius«e Terre» wxià «irdeDle è soutenir «vos opimap9,r ^ue je ^^ai élé a leur incukjser celles cpii jjsqôI <:oiiiraires: ¥$kkt% 4e& preséljies ^ ye iserai la première ; inais il nau$ faotcléspneu^eii je vous en averlis j et, pour ei^trer en mar tière, dites-moi bien sincèrement si icouç crpyez, comme le dit miss Dorotliee, qu^il soit possible à la physique de fasciner lesyeux d'.une multitude , jusqu^à lui faire voir des choses qui n'ont aucune existence.

BELBSPRCT.

El pourquoi non , Mademoiselle ?

jSave3-vous jusqu'où peat aIle!r.la,p.iiifT saôce deia nature? Ea CQnnQÎ$se9-T0U9 ]es bornes?

UiMn. BQ.NNJ;.

Excasea-moi , Monsieur ; isiais hqus «ommes de pauiFres fttlesqui n'entendons epas idemi-niidt^ €4 avec lesqtt^sâ faut 'définir les ayots avant die i^en servir ^

3S « X.S6 ^MéRlCÂItf £8.

ayez donc la bonté de nous expliquer ce que vous entendez par la nature.

BELESPRIT«

U y a Ik-dessus des opinions bien di^ verses. lies^uns , p^r la nature , entendent le concours fortuit des atomes qui , se remiiant de toute éternité , après avoir éprouvé des mille millions de confor* 'mations diverses , ont enfin formé ce ^rand univera ét...«

LiriT VIOLENTE.

Je suppose que vous n'êtes pas de cet avis. Monsieur : il renferme des contradictions trop choquantes pour êiré admises ^ps^r im! homme de bon sens ; et je vous interromps pour vous dire que si vous teniez ce système absurde, je ue voudrois non plus raisonner avec vous qu'avec un échappé dçs petites maisons.

Une matière éternelle , c'est-à-dire infinie par sa durée et qui n'a point d'inlèlligence ! j'aimerois autant qu^ cette table écoute à présent notre conversation.

JDites-nous^ jevôùs prie, des choses sen- .sées , si vous, voulez être écouté : nous livons passé l'âge oii i^o^ s'amuse des .cOptea ds&iaibèx^e j'Oi^^qui sont poucr

LES AMERICAINES. !àS,

tsiDt. moins, absurdes que ce raisonne* ment d'J^picure'et dei ses seclateojrs.

Lapt LOUISE.

Comment V Madame ! Ul y 'i en àeg hotnmes <]m ont sopteùû sériieusem'ent ce^'^tciric ? Êela seroit-iJ bieh ïpossîble 1 Je ne me serois jamais imaginé qu'on pût portei:]ia:SOtti3e.j(ii8qtterlà. Comment I le hasard auroit pu former cet im.ivfars , et i^ c^onçef ver daûé le bel ordre' qujil ^ aujotjrd'Iiui depuis le commiencëment du monde! ce basàrdn'aùrôitrièn renversé, culbuté ! ce hasard auroitiixé le cours du soleU et des astres d'une manière si immuable qa^on pût décider le 'temps deséctlpsek^uiontétéet qui seront^ sans s'y méprendre ? Voilà ce qui n'entrera iamj^îs'dans une tête bien timbrée.

BELESPRIT.

I J) 'aurai ;affîareà forte partie , je le voi%

Jiieiîk) «t mademoiselle. Bonne ,iie Teii-

tend) pas iSàal quand \ elle ixi'^ânonce

des £Ues ignoranl[es« Mais ^ Mesdames,

/ni)us sommes d'accord ^sur ce- point*,

l'efif^t ne.peutpafi êire plus parfait que

ht cavse.iili'honune: construit lavec une

iMéhgeuQA ^ne peut aVoir qu^un! C^éab

<l4 ^^^ ASlifllCAlNÈé.

4€ur înlèllîgent. Je vous accorde uù premier être quel qtfil soît j car fe ne le connoîs g»ère$i<.et je/»e crois pas 45ii'îl ,so^t j^u pOMVQÎr.des hmff^^ ;de ^'eleyer !jtt^if*î^ .« çqx^j^oi^npf^ s flpi

ixolr.e fiélicité.. . . ; , .

' .l'ouït iloueemcpt, ll^niiéur ^ vovf taillez en un flaoïp^nt .IweH <Je la h^- «ogne^ et pour la faîrfe jl faut jp^jaB détourper de Pexampn de Thistoire d^ Moïse 5 aussi bien, si ce que yous vçne^ de dire étoît vrai , cet exaçw» jsçrx)it une çottise j mais il fi^en fau4 bien q.u*il soît tel;.

Vous dîtes qu'il y* a, un Créateur în* teiligent ; que vous ne le connoisse^s guèresj qu'il e€;t împossîble aux Lom- X»iss- de le oaim«litfie ' xiiîexiix ; i que/ cela i^#t îiBiporie peu. Voilà», dleîbon'Oonftpte, ^iji^atffe ipropositions» de la -dernière ooti^ /^Q^ueince proposées légèrement, én^ieées coaime choses si claires qu'elles fUÎQ^ujt.pas be&QÎn de preuve. Voilà de /VOp liijp^eiieres ocdinairec^ : an. supposé, il rati^Qitoii affîmilalifi que leiâ^^ie sttT

X ES '•A'M'É'Ill'C Al WlE'S. 9^$

i:é qtie vous detîdéz n'aurôH pM le sens côHitnûn ; ïhàis 3 est bôA "de votik prévenir quecétte manière n'est point eà iisatge ici : ma Bonne nous a appris le neg-g, et je prends la liberté de nier yos trois dernières propositions , comme contradictoires a la pi^emîere. Je n'entrerai pas' dans le détail des preuveis 'de cette conlradiclTon : nons n^àVons rien à apprendre sur cet article, à moîn^ que vous ne vouliez être instruit a cet égard par une fiUe de douze ans- qui n'a quedè la raison, guères d'étude, él qui , ]e vous jùr^ , n'anra poÎHt de va*» nité de ^on Irîompîie; car il ne faut que les plu^ fégères réflexions- pour couve* nir de ce que je vais dire. La, par cx> rîosîlé, écoutez-nior.

S'iPj a nn Dieu inGnî eh durée , 3 doit être infini en , perfections ; car le fini et Finflnî étant contradictoires, ils ne peuvent subsister eusemblel ^ j/

Si sa sagesse a présidé a son ouvrage»,' il n'y a rien d'inutile dans l'boiïime; caf un Ouvrier qui multiplie dans son otpvragê des* ressorts dont il n'a pas besoin, et qaî sont inutiles, manque de science ou de sagesse.

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