‹ Les AméricainesChapitre 24 sur 42 · II · texte numérisé non relu

II

iï/^^^'^fl** '^^ ^^°'''' qui est ea

^ «*&''• iuB objet i celle soif d'êlre

Juif ^^ ce besoin d'aimer qui de-

lieaf^'^'p, cesse et le bouheur et un

'"'"r oe '^'^**'^ *'"*^ ♦ seroienl en lui

^"*- ufilités infiniment préjudiciables

f'^* 'fe'licilé , s'il n'avoit^pas la pbssi-

f 7;»e' de les satisfaire.

Les objets créés étant bornés, ne peuvent remplir des désirs immenses j donc il faut que l'homme ait élé créé pour être heureux par la connoissance et l'abQur d'un bien et d'une beauté sans bornes : si on le nie, il faut dire que Dieu a mis ces penchans en lui , DU par Ignorance et sans prévoir l'éfiet qui en résulleroit, ou par malice et seulement pour le rendre misérable , ou pat une fatalité qui proviendrpit de l'impuissance de le creer d'une autre manière. Choisissez, Monsieur, entre ' ces trois idées ; elles sont absolument contradictoires à celles que vous avea de Ùieu, au moins k celles q^e vous nous avei énoncées , et sont pourtant d.es conséquences de voire système.

LCa AMÉaiCAlNES. 27

belesp;eiit.

Ah ! miss Dorothée ! c'est bien vous

qui me taillez plusr d'ouvrage que je

D^en puis tHre ; mais je suis de bonne

foi , votre raisonnement a Tair justjp :

je ne dis pas encore qu'il le soit. Avant

de, prononcer ce gros mot, je veux Texà-*

miner à fond ; donnez-le-moi par écrit,>

je vous prie, et demain je vous en dirai

mon sentiment. J'étois venu fci pour

m'amuser ; il seroit singulier que j'y

fusse instruit : je ne me refuserai point

à la lumière, pourvu qu'il ne me reste

point d^issue pour échapper ; car , je

vous en préviens, je combattrai tant

que je pourrai , . et je suis très-con*

vaincu que je ne combattrai pas en

vain.

Madem* bonne.

Ne perdons point de vue notre première question, Monsieur. Yous en-' tendez par ce mot, la nature^ une matière passive à laquelle un être intelligent donne tel mouvement qu'il lui plait,sans éprouver aucune résistance', de ça part.

BELESP'ltlT.

Vous supposez que j'ai dit cela 5 Madanxej mais je le peiiBç, c'est la même chose, PerineUefi-m4D4d^ viÉis^ d^man* der si ces Da^ies aal rinleiligeBçe des mois dont vous- vous servez. Matière passiçe, par exemple, est uti mot gre^ pûur la. plupai^t des fenimes.

Ladt violente.'

Oh! nous entendons ce grec là j une matière passive est celle qui n'a pas de mouvement par elle-même et qui est capable d'être mue j et telle est la matière dont Dieu, a formé l'uni vers et tout ce qui. ejciste dans le genre matériel.

Madem. BONME.

Croyez-vous que cette matière puisse- ^e mouvoir on être moe-dans uû sens contraire à riutentîoa de >€elui qui l'a iOréée et qui lui imprime le mouvemenl?

BELESPRIT.

'Non, Madame, n'ayant point de mouvement par elle-même , elle suit le mouvement que lui' donne son. auteur, et pour autant de temps qu'il le veu4.

HE* A M ERIC A INES. 2Cf

Croyez-vous que Tau leur de la nature, <Uns le mouYemeut qu'il imprime a la matière , suive le caprice , ou que la sagesse préside à ce mou vetneni?

En vous accordant un premier êlre,.

fe suis convenu qu'il devoil êlre sage et parfait : toute autre idée seroit contradictoire à son être. Or, toutes les œuvres

d^in être înBhiment parfait doivent êlre marquées au coin de sa perfections

MàDKir. BONNE.

Croyez- VOUS qu^il soit possible à Dîea de déroger aux lois générales qu'il a données à la matière, el qu'il lah fait quelquefois ? ,

Qu'il lui soit possible de le faire, cela esl hors de doute, puisqu'il est toutpuissan? j mais qu'il ait vou|ule faire, et qu'il l'ait fait , c'est ce que vous auriez bien de la peine à me persuader : cela Vise à ce que vous appelez miracle, et dabord je nie qu*il y en ait jamais eu.

5o r ES AMERICAINES.

Madev. BOISNE.

En sorte que vous altribuerez à des /Causes ualurelles tous Içs prodiges qui eut été opérés par Moïse?

y BELESPRIT.

Je prendrai tout un aulre parlî , Madame. Mais supposons pour un moment que tout ce que Moïse a écrit soil vrai: assurément il me seroit facile de vous démontrer qu'il n'étoit qu'un Irès-bon physicien, ou un homme habile à proGler de certaines circonstances.

Oserois-je vous demander sut quoi vous vous fondez pour croire qu'il n'y dit point eu de miracles ?

Cest qu'il me paroît contraire à la sagesse de Dieu de changer un ordre une fois bien établi : cela confondroit toutes nos idées ; où ne pourroit plus compter sur rien si lesTegles de l'univers n'étoient stables et permanentes; d'ailleurs cela ne seroit bon à rien.

Madeii. BOÏiKE.

Inutilité dans ce changement , incon-

L£S AMÉeilCAINES. 5t

. ténîens de ce changement , voilà , ce me semble , les deux raisons qui vous empêchent de croire les miracles; en sorte que si je puis vous prouver que les miracles sont quelquefois nécessaires , et qu'une exception à la règle générale ne peut confondre rien dans les idées des hommes , vous, conviendrez avec moi qu'il n'y a rien qtri nous empêche da croire que Dieu a fait des miracles ?

♦ BELESPRIT.

Je ne sais oii vous en voulez venir ; mais je veux bien, vous accorder ce que vous me demandez : qu'en conclurez-vous?

Madem. bonne.

Tout ce qui pourra rendre leshpmmes meilleurs , qui tendra k leur faire remplir les devoirs qu'ils sont obligés de - remplir par rapport à leur Créateur, à leurs semblables et à eux-mêmes , est-il digne du Dieu dont vous avez l'idée ?

Je vous répondrois bien» avec la plupart de nos philosophes modernes , que cela importe peu k.Dieu; que le seul înléi*êt de la société à engagé les homme» à créer le bien et le niai moral qui n'existe

• iep^f^^^P^^ conlre ma cpBSf^'^^ ^ ffe sfifxs ^^^ la vçitu est belle ,,

^^ç'^.quUdoli avoicun/eAorle deplai-

^» la V^^'* P'*^^^*^'^^ *^^ hommes, et ^^ ^côxî^équence il doit lewr en faciliter ?s inoye»^- J6 dir^i encore que celte ^il0ie q»e j^ai îua%ré ipoi pojar ïa verluk que j« nfi pralTijue guères, est un pré^enJL jij Qreateur.

Celle réf>tii^ance pour la vertu ^ qui ' taus eippêçl^ de la pratiquer malgré Pesiirae qi>e yovi^ avie^ P9.^' ^^^ 9 ^^^^ irouvée danstoxis les bpmnies de tous les temps. Ils éloieiit bien éloignés de rendre à leur Créateur le^ justes bom mages qu^ils lui dévoient , eux qui prodiguoient leur encens a des msOnslres ou'a des boipuie» auxquels ils auroieiït eu \on\^ de res^ sembler. Les plus sagçs dç tpus Ic^ païens, les Romains et les Grecs, coramettoient sau« pudeur des crimes qui font rpugîr ia-PAlur^ : H)ï fteuj pe\:iplej:.au milieu de ceJL JiOrribiedél?Qrdiem^pl,fiV dore quç rE^re-^pfême , et tiàtUie de (honorer p^r Tol^rvanGe d'une loi. si aainte, q^u'elle esitirpis tous les vices eoi

LES ÂniKTCAlV(T.t. ' 55*

dix commandemctis, qui sotit si simples et si courts, qae le plus stupid^ peut les entendre et les comprendre. Si je dis que cctle loi vient de Dieu , vous ne pourrez désavouer qu'elle est bien digne de lui , et c'est un grand préjugé en faveur de mon opinion, comme je vous le dirai dans la suite. L'observation de cetlc^loi est donc un bien, un grand bien, uti bien qu'il étoit digne de Dieu de procurer. Sir pour forcer la répugnance que les hommes dévoient avpir pour cette loi b\ sainte, les miracles étoîent licces*saiF«s,croycz'Vous être fondé à dire qu'ils n'étoient bons a rien ?

Non-sei*lemcnt celle loi dcvoit être eeWe des Juifs lémoînsdes mTra<:lea4*^|3N portés par Moïse ;. mais çlWdevoit en*- GOPe devenir celle de Tunivcrs entier , de cet univers plongé dans Tidolâtrie et 4cins le crime. Il éloit de la bonté de Die\i (le leur fournir de tels motifs de crédibilité , qu'ils ne pussent s'y refuser sans êlre cpupaWcsi il falloir que celte loi eut un caviTctèrc de divinité si niar* que , qu'ofi ne pût s y méprendre nî la confondre avec celles qui devoienJL 6lra présenl<îes par d'babilcs ia>p6steurs. ïà

v34 -Ï^ES AJIïiRICAlNES.'

.ne hlâmc donc point le doute et l'exa- .men dane une affaire de si grande coti* rséquencë j au contraire , il me paroit prudent , puisqu'il y a eu des imposteurs. Il est de fait que Moïse a donné une loi de la part de Dieu. Est-il un de ces fourbes? Est-il un envoyé célesie? C'est ce que nous examinions quand vous êtes entré* Il a fait des choses extraordinaires : quelques uns les attribuent a Dieu ; vous dites .quelaseule physique pouvoifles opéfrer : yoilà le procès établi ; comment le décider? En examinant au poids de la jraison, si parmi les prodiges attribués à Moïse il y en a quelques-uns au-dessus 'àes forces de la physique ^ car si nous en trouvons de cette espèce, il faudra uécessairemcnt les attribuer à Dieu , qui ne peut se rendre lé fauteur du menr songe j d'oii il faudrbîl conclure que Moïse. pàrloit de sa part. Après cela nous pourrons examiner si Moïse créoil le$ objets^ ou s'il fascinoit les yeux^

Miss DOROTHÉE.

Comment aiccor3er cela avec les faux jaiîîraf les^ ma Bonne ; \e m'explique mal ^ avècles miracles réel&faitsparledémon?

LES ÀMERICAINSS. 55

Car enfin' il y a eu des miracles opérés par le démon, selon celte Ecriture que TOUS voulez nous faire troire diviuj^; il y enaui^a encore.

BELESPÎtIT.

Ef sans aller plus loin , parlons du fait

dont il étoit question quand je suis entré.

Si ce fut par un miracle que Moïse çjian-

gea ou parut changer sa baguette en

serpent, les magiciens de Pharaon firent

la itiême chose j assurément vous*Be

pouvez dire que Dieu concourut avec

eux,

Màoeh: bonne.

Retenez bièn^ Monsieur, que vous regarderiez comme une jOpinion bïas^ phématoire, celle qui youdroit attribuer • a 'Dieu l'œuvre des magiciens de Pharaon, et qu'il ne vous est pas venu à Tesprit d'en dire autantde ceux de Moïse ; je Vôus'le rappellerai en temps et lieu. Après cette remarque, je réponds à miss Dorothée. Pour dire avec , justice que Dieu se rend le fauteur du mensonge, en permettant au diable de faire de fauxmiractes , il faudroit qu'ifs fussent si ex!acteméni Semblables à ceux que le Toat-Puissant'ôpete, qu'il fût imposa

sible de les distinguer le$ un^ d'avec les* autres} ruais ces deruiers opt des caractèressi sensibles^, qu*il u'çslrpas possible* de sj^ méprendre,. si on veut les exaoïif*^ ber. Ëcoutez-ippji jdi^ ^, JMesdanies^

Nous soawnes, dit-oq , d'I^abiles pbjsicieus dans ce siècle ; on ne \t peut dire que par comparaison aveciies physiciens des iiècles qui ont précédé le nôtre d'assez près i car si nous considérons ceux de% premiers siècles , je si^is Irès-per-r suadée qu'ils rempm'foîènt infiniment sur ceux du noire. Quoi qu'il en soît de aaou opinion , voici c^ qi^i est très-certain : c'est qu'eux et nous sommejS forcés d'avouer que nos connoissances sont très-bôrnées. Elles aûgipenlent çhaquej:our;.et sans doule que nos anvière-ije- , Veux, enrichis de nos cpnnoîsçançes ,.

comme nous l'avons été de celles de nos^ pères , nous laisseront bien loin dçrrlçrp eux à cet égard. Malgré leurs, pr^^grç^;» ils pourront dire avec véritéq^u'il^igiiôreront toujours les effets que peiivfnt produire une infinité de combinaisons, qui , élanl naturelles, paroîiroient mira« culeuses , je ne dis p^s au3f jeux du vulgaire^ mais encore k ceyx des savans.,.

£E8 AMÉRICAINCS^ Sj

qaî ne.potirroieût en afisigner les causes». Supposons on homme auquel Dieu au*»

roit donné un^ parfaite cônnoissance des^ causes, de ren^haînement et des effets.

4es choses naturelles: cet homme, sans' faire de miracle, e'esl-a-diresansdéranger Tordre de lanatiive, trouveront danfr cet ordre biçn connu le moyen de faire âes cbQses surprenantes. Cependant cet hpnui^ i^epourroit rétablir un œil absolument crevé, f e^usciter un mort; et e^^st dans cette cïasse de mijracles qu^il" ^^t chercher ceux qui portent Tem^ preiqte d^ la )9iviaiLe., et qui ne peuvent .^If e >coijili5^fciMs.

I^e Niable f^laol, ^'ime nature plus ex<* §i^]hi]\^ q\}fj Kl^pinipe» a des lumières^ plusétendueav^l P'6tit,comipe le savani' q,up j^ai $Mpt>P^4.i exécuter des^chosesqui jnaqs p^rQÎUoieHt miraculeuses, quoiqu^ejttes i^pieut j^bso|ument naturelles*. L^ confipi.s$i»fic^ de l'av^uir, parexen^* ple^Djeiy f;e Tesl réservée; mais on peut prés;un»er le^ événemens fui^urs par leur^ liaisoQS avQc les> p^saés et les présens. Jenç puis saps ip^iracle savoir ce que fait actueIl^'menirempereurduMogpl;mai».

1& diable le sait I et cpmme îLeM un j^ur

esprit qui peul en un insiant parcourir Tunivers , il pourroît fort bien m'en instruire si cela conArenoit à ses desseins ; Il peut connoître , par le dérangement interne de mon corps, q«te je ne suis pas éloignée du moment de ma disso<^ lulion , et le prédire ; au lieu que je le déiie de prédire qu'un tel dans un an sera tué d'un coup de tonnerre: Le diable peut donc contrefaire lès miracles? Je tliraî même, si onle veut , que Dieu peul lui permeUre d'en faire' de réels j mais quatid , par impossible , il ressusciteroit tin mort à mes yeux , je le défie de m'induire en erreur j j'ai des marques sûres pour distinguer son œuvre àe Celle de 'Dieu 3 elles 6nt des eacbets différens que nous examinerons bientôt.

J'ai dit qu'un événement isolé, et qui n'a nulle liaison avec ceux qui Tont précédé, ne peut être prédit par lé diable, tjui ne connoît pas l'avenir; ainsi une longue suite dé prophéties toucbaDt des événemens extraordinaires , et qui n'a- Voient pas la plus petite apparence , marquera visiblement l'intervention de }a Divinité; Si ceux qui ont fait ces prophéties y/aVôîent ajouté d'es pi^é^^e^.

IsES AMSatCAINES. 5^

je ne balancerois pas à les^regarder comme des miracles , parce que le^r liaison avec les prophéties m'assureroit de leur réalité; mais si on ajoute que ces prophéties et ces miracles qmI une fin tellement bonne et louable, qu'elle .soit digne de Dieu , de sa bonlé , de sa justice, de sa sainteté , alors je me croirai tellement autorisée à les regarder comme divins, que mon incrédulité k cet égard me paroitrolt une extravagance ^i une impiété. Prouvons ce que je. viens de dire par un exemple.

Abraham quitte le lieu de sa ns^issance,.et prétend qu'il le fait par ordi^j^ de Dieuj il assure Sara , sa femme ^ qu'elle aura un fils , dans leqpel tout^ les nations seront bénies ; que sa posté* rite sera multipliée au-delà des étoiles; qu'elle possédera le pays dans lequel ils £(ont errans et étrangers. Et dan^ Quelles circonstances Abraham publie* t-il ces promesses de Dieu ? Dans celles oii leur accomplissement paroissoit im* possible : Sara , outre qu'elle étoit stérile , avait passé Tâge oii la femme la plus féconde ne peut sans miracle avoir un enfant. Aussi la bonne Sara se mp-

4a^ l'Es AXERICAIXBS.

quoit-elle des promesàts que son niâri tui faisoit : j*en ai pour garant son .rire , lorsque les Anges renouvelèrent à son Baari les promesses de Dieu. Abrabani'.

transmit k son fils Fsaac tes promesses de Dieu, et Isaac les laissa comme un héritage infaillible à Jacob et a sa postée rite. Leur postérité passa en Egjpte, s'y établit avec la permission du roi , et jT jouit de tous les agrémens qui auroient dû les engager à s'y fixer pour jamais*. Le fout-îls?Nontils ne perdent ^Aui de Tue les promesses faites à leurs aieux ^ malgré le temps qui s'étoît écouïé depuis la promefise : le corps de Joseph n'avoît point été mis dans un tombeau on il dût demeurer; et ce patriarche, qui h'avoîi garde de prévoir la persécution qu'oit feroit à sa postérité et à celle de ses frères',, avoit pourtant lié ses descendans par uil serment qui prouvoil l'af^surance où il éloit qu'ils sortîroient un jour d'Egypte; §es^ os dévorent être transportés avec ceux de ses pères axi temps de la trans* migraitioïi prédite.

Que Ton attribue à Abraham un in-^ térêl à supposer les promesses de Dieu pour s'assurer du respect de ses servi-

CES ABlElirCArNE9.' 41"

tieuFS, du moins on ne peut en imaginer un à Joseph, qui avoît lieu de croire que sesveufans bériteroient de la faveur du roi ^ el qu'ils B~auroient rien a de<mander de mieux à faire que de demeurer dûDS un pays dont il ayoit été le sau- Teor. Mais ccm^nuons notce histoire.

Pharaon devient k tyran des Hebreuxf il les traite air/ec. uae infeomanité qui n'a {^oinl d'exemple ; il blesse tous les droitâk de la justice naturelle, en traitant en es-^ clave un peuple libre qu'il accable de , travaux. Certaiis^ment Faction de Pharaon est paauvaise^. Tirer ce peuple de l'oppressioasous laquelleil gémit, semble devemr nn devoir à tous ceux qu£ aiment (a justice et qui ont de l'huma*nilé^

Moïse prélejui ea avoir reçu Tordre -de la^ui vpjyqn^ ai 1^ moyens qu'il em- ^ployesoot digo^^sde celui dont il se dit l'envoyé. Lesl^raélites en état de porter tes armes, étaient au nombre de six cent mille j s'fls se fassent révoltés , ayant k leur tête un chpf tel que Moïse , ils eussent donné de grandes inquiétudes à Pl^uraûn*.

Pure imagination Ileslsraéllleséloient lâches, el n'a voient aucune idée de Part militaire : une poignée de troupes réglées eût dissipé celte muUilude ; Moïse le savoit bien, et c'est ce qui rempêcha de se servir de celte voie.

Madeh. bonne.

' On a beau être lâche , Monsieur , ils étoient réduits dans cet état oii le désespoir donne des forces. Les Thébains,qui n'éloient pas la vingtième partie desJuifs, parmi lesquels il ne se trouva que cinquante hommes assez courageux pour préférer l'exil à la domination des Spar« tes , qui n'étoient pas pins soldats que les Israélites , et qui n'étoient pas excèdes de mauvais traitemens ; les Tbébajns , dis-je, arrachèrent a Sparte le titre d'invincîble , sitôt qu'ils furent excités par deux hommes courageux. Moise,par ses prodiges, ou, si l'on veut , par ses prestiges» pouvoîl fortifier leur foiblesse.Mahomet, dans un cas moins favorable^ut se créer des soldat^. Ce n'est pas à un tel moyen que Moïse a recours j il ne le lente pas même , il ne veut devoir qu'au ciel le

. succès de son entreprise ^ et sans crainte

.de ce qu'il devoit attendre d'un tyran tel

que Pharaon, il luitlemande permission

de mener ses frc^es dans le désert pour

y offrir un sacrifice au seul Dieu qu'il

adore ; et comme Pharaon doute de sa

mission et s'en moque, Moïse , pour le

convaincre qu'il vient de la partdeDieu^

. change son bâton en serpent. Le roi d'E-

gypte,peu.touché de ce miracle,fait venir

les magiciens, qui imitent le prodige de

. Moïse. TrouvezrVous,lady Violente, que

. ces deux prodiges soient les mêmes? N'y

remarqueas-vous aucune différence ?

Lâdt violente.

Peut-être que je me trompe «ma Bonne; mais selon ce que vous venez de nous faire remarquer , le miracle de Moïse tient à deux choses qui le soutiennent » l'ap- ^puyent , et celui des magiciens n'a pas , cet avantage. D'abord , il y avoit chez les Israélites une espérance certaine de la sortie d'Egypte,.fondéesur despromesses réitérées que leurs aïeux prétendoient leur avoir été faites parDieu même Vous nous avez dit que ces promesses, par elles-mêmes^ pouvoienl être regardées

comme fausses et illusoires , tant qu'elFe^r resteroient seules et isolées ;. mais elles commenceol à éire appuyées par dès événemens bien exlrtfordinaiTes. Moise seul, sans secours, se présente au roi barbare, et lui demande une chose qu'il savoit certainement dévoir lui être très* désagréable. Ce courage arqfuelqQe-chose de surnaturel , si Ton considère qu'il se trouve dans un homme que le reproche* d'un seul Israélite avoit fait fuir quelques anïiées auparavant. Les moyens que Molise emploie pour parvenir à ses fins me paroissent encore appuyer ses promesses et sa mission : ils sont dans Tordre. 11 ne chercTie point a réveiller dans se»^ frères le désir de la liberté ; on ne le voit point rappeb^nt aux Jui& les maux qu'ihs a voient soufferts, et cenx qu^ils avoient ii craindre, ks exciter a une vengeance qui pou^^it leur paroîlre juste, 11 est $i convaincu que Dieu qui l'envoie , fei-a réussir son œuvre, qu'il rejette toutes les mesures que la prudence htimaine kli devoit tlicler. Oh ! Celle confiance dans un homme auparavant si peureux, me paroît un miracle, je le répète ; et ce miracle lié aux prophéties, ou,.û l'on veui\^

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