M^DEM. BONNE
^ Je les prîêroîs dé m'en donner une meilleure, etjusque-là lady Méry et moi nous nous tiendrons a cette définition; Voyez-vous , Monsieur, il est des choses aue l'on sent sîdîslincteinenl, qu'on est en droit d'en raisonner aussi bien que
. les sayaiisV^m ne les contestent , d'ailr*
2^2 rES AMERICAINES.
leurs, qu'en agissant contre ce qu'ils sentent eux-mêmes. J'en ai trouvé un assez grand nombre qui dîsoîent: L'amc n'est point ceci ,^ elle n'est point cela; maié je n'en ai point encore trouvé qui voulussent entrer en preuve pour nier Jâ définition de lady Méry. Il falloit croire qu'elle éloit fausse sur teur seule parole, et ce degré de docilité nous a manqué. Nous soutenons ce que nous sentons , et nous n'avons aucun motif de feindre; au lieu qu'on peut asserter , sans craindre de faire un Jugement témérafre , qu'ils ont des motifs secrets qui les empêchent de convenir de ce qu'ils sentent aussi bien que nous. Mais j'ai interrompu ladj; Méry; laissons-lui la liberté ^e finir ce qu'elk.avoit a nous dire*
Ladt méry.
^'ajoulerai k. ce que je viens de dire, en le répétant, qVil ne peut y avoir des âmes de deux espèces i^une des deux ne ' seroît point upeprae. D'ailleurs^une ame spiritcueïle dans, les. bêles enlraîwe des conséquences qut les savais ne ,vou- ♦draiem p^oint adn^ettre ; leur tut, au contraire, est de nous les faire régâx^cr
LBS AMÉRICAINES. 2Q&
comme matérielles , parce que cette opinion enlraîneroit la cerlilude de la mortalité, de la nôtre, conséquence qui fait horreur à tou^ les honnêtes gens, qui ne pourroient pourtant la nier , s'ils admelloient le principe de ces Messieurs.
BEL5SPRIT.
Mai5 pourquoi les honnêtes gens se, révolteroient-ils contre l'opinion d*une ame matérielle et spirituelle ?
LiDT MÉRY.
C'est qu'une ame morteilg renverseroit toute religion , toute morale. Vmrc M. Helvétius^ tiré le-rideauquî cachoit aux simples la liaison du système de ces Messieurs : aussi le blâme-t-on dans le parti d'avoir laissé découvrir le but oii l'on fendoit. A peine a-t-il cru avoir établi l'opinion delà mortalité de Tame, qu'il s'efforce d'anéantir toute morale* Npus lui avons assutvîment beaucoup d'obligation d'avoir dit le mot de l'énigme : son système cesse d'être dangereux , aussitôt qu'on l'approfondit.
Cette mortalité dé l'atiie esl contraire à ridée d'an Dieu jusîte. S'il i^y avait point une autre vie, les éclats de son tonnerte
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écraseroient les méchans; Padverslté, la maladie, tons les malheurs seroient leur partage : le juste vivroit heureux dans la jouissance des chiens passagers , qui seroient sa seule. récompense.
Voilà des difficultés sans nombre qu'il est impossible d'éclaircir dans vôtre système , comme il est impossible d'expliquer un grand nombre de phénomènes dans celui de Ptolomée, que vous abandonnez pour cette seule raison. Elle doit donc être suffisante pour me le faire rejeter. Dans mon système , au con- Haire , toutes ces difficultés disparoîs-' sent , et elles sonl tranchées d'un seul mot : Si les bêtes sont organisées par le sage artisan de l'univers, pour être un motif aux hommçs de louer sa magnificence dans ce nombre infini de machines dont les ressorts ne se détraquent jamais j si elles offrent à chaque instant à l'homme des raisons d'exciter sa reconnoissance à la vue de tant de merveilles créées pour son service oa pour ses plaisirs , je trouve ces motifs dignes d'un Dieu qui veut être aimé de l'homme. Rien , dau^ <ielte hypothèse , qui choque Tidée ijue j'ai de sa bonté ,
de sa sagesse , de sa justice et de ses autres perfections. J'adopte donc ce «ystême , parce qu'il résout toutes mes difficiillés, comme vous adopter celui de Copernic. Cela est raisonnable et ne x^hoque que mes sens , dont je ne dois pas préférer les lueurs aux lumières de «na raison. . ,
îvUdeti. bonne.
Cela est un peu long et pourroil pan Toîtrc embrouillé, ma chère lady Méry ; ■vous vous entendez , mais je ne sais si les autres vous entendent.
Miss DOROTïÎÉE.
Pour moi , je l'entends a merveille.
Lçsbétes machinesn'ont rien qui choque i'idée que j'ai de Dieu, ni celle qi\e ma raison m'a donnée de mon ame j je l'adopte. Comme une ame matérielle et mortelle me paroît contraire à ceS idées, et qu'elle renverse toute religion et toute morale , je la rejette. N'est-ce pas cela ?
Li.i>T LOUISE.
Je dirai du système. de lady Méry ce qu'elle a dit de celui de M. Le Caf. Je aie vois rien de si magnifique et de si 4igne de Dieu, que la création de celte