‹ Les AméricainesChapitre 4 sur 42 · LA.DT LOUISE · texte numérisé non relu

LA.DT LOUISE

Eû^rle qii'un païen qui-^auroît fait ce qu^il auroit pu pour s'instruire i ne seroît pa$ coupable de sbn idolâtrie ?•

Madem. BONISE.

Làdy Louise a oublié que nous avons traité cette matière à fond. Elle isuppose

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l'impossible , qui est , qu'un homme qui auroit cherché àcounoitre l'auteur de son être , ne l'eût pas découvert par ses ouvrages. Nous autres qui le connois$ons et qui voulons nous instruire de sa sainte ioi , souvenons-nous que , pour réussir dans cette étude, il faut deux choses.

Demander à Dieu ses lumières , purifier ses mœurs pour attirer sa grâce ; je devrois en ajouter une troisième : c'est un grand amour pour la vérité , et une volonté déterminée à la suivre quand on la conhoitra, quoi qu'il en coûte.

Miss BELOTTE.

Je n'entends pas bien ce que vous vou-« lez dire , que nous serons punies pour avoir manqué d'accomplir des devoirs que nous ne connoissons pas. Cela me paroit injuste. Par exemple, je me suis senti une sorte de mauvaise humeur ^ lorsque vous avez proposé de nous développer nos devoirs par rapport à la religion. Voici comment Je raisonne. De plus d'un million de personnes qui sont dans la viUe de Londres , il n'y en a peutêtre pas mille qui soient instruites comme Vous voulez que nous le Soyons : il seroit cruel de penser qu'il n'y auroit que ces

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mille personnes qaî puissent espérer le ciel. Parmi la multitude des autre§ , il y en a beaucoup qui manquent 'de bonne foi a des devoirs essentiels , parce qu'elles les ignorentfelles ne pèchent pas^car elles necroientpas pécher. Pourquoiaugmenter leurs devoirs en leur donnaift de nouvelles lumières auxquelles elles ne répondront pas probablement ? Il me semble avoir lu dans saint Paul, que c'est la loi qui fait le péché : car^ dit -il, où il n'y a pas de loi il njr a pas de péché. Pourquoi cherchez-vouskle multiplier , en nous découvrant de nouvelles lois? Vous les créez pour nous, puisqu'elles n'existent et ne sont obligatoires à notre égard qu'au moment où nous les connoissons. Laissez-nous dans notre ignorance , et n'augmentez pas nos oblir gâtions*

Madsv. BONIfE.

Véritablement, ma chère, cela'seroit fort commode. Une ignorance invincible sur nos devoirs nous en dispenseroit , sans doute ; mais cette sorte d'ignorance est la chose impossible : c'est un être de raison pour tous les hommes en général,et sur-tout pour nouyqui sommes

en ëtat de nous instruire. I) n'es! pas qùcs-^ lion , dans Tëlude que nous aâona faire ^ de nous découvrir nos devoirs : Us «oui écrits par le doigt d^e .Dieu^ thêmei sua fond de notre ai^e ; je né. V^mt quç* ifor^iifier les motifs d^&J>éib acette^prèmiène loi ,%t par conspuent vous en facîlftei* la pratique. Oui, Mesdames, si nous sommes assez heureuses pour appreac^'*^ la science de la Religion comme il faut , toutes les diffîcu]tés,OudiimdidsIa plus grande partie des diffîcultés que n 6ns trouvons à accomplir là loi naiùr.erie , qui n'est autre que la loi divine, dis-

paroilra.

Ladt méry. ,

C'est* à -dire, ma Bonne , que nous

allons prendre une leçon, de géométrie,

de logique : j'eti aii une igfande- joie ]La

philosophie n'entrera-t-elle pas aussi dans

votre plan^ cela me rendi^oit bien al-

tentiveL

Wajjek.; boîîNE.

Ce qmë dit Ja^y^Méry paroit singulier, et est pourtant Vrai» La foi doit être précédée de la rayon , c'est-à-dire qu'avant de croire nous devonis avoir des motifs raisonnables de croire. Je . dis

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plus : des personnes telles que nous doiyenl avoir de telles preuves delà vérité de la Religion, qu'elles soient démontrées' géométriquement, en sorte qu'il soit impossible d'en douter. C'est pour chercher ces preuves claires et qu'on ne jKiisse contester , que je vous ai rassemblées. Je ne veux laisser aucun soupçon , aucun nuage «itr ce que vous devez croire; car , je le rçpète , votre espril é^ntiune fois bien containctt^, H sera plus aisé de toucher votre cœur : la conviction produit l'acte , presque nécessairement. Je vais d'abord réfuter l'objection de Miss Belotle, et ensuite je vous exposierai le planque qous devons suivre daqs les leçons que nous preildrons sur celle .mile science.

JEUe prétend que nos devoirs ne com^ mencent qu'au moment bii nous sommes instruites ; elle se trompe : c'est d^ moment qrli -il nous a élé possible d'être instruites , que nos devoirs dtyxçnnenl obligatoires. L^étendtfe de celte instrucr tion doit se mesurer sur l'étendue dç nos lumières, de notre temps , et des f»» cilités que la Providence nous roénage à cet égard. Il est hors de doMlQ que }^

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personnes dispensées du soin de gagner leur vie par un travail assidu , ont plus de moyens de -chercher la vérité et la conviction. Cette étude doit être beau»

coup plus approfondie par elles , parce qu'elles ont plus de tentations contre la Foi , et qu'elles ont plus de dangers de la perdre que les pauvres.

Miss PRÉJUGÉ.

Pourrois-je vous demander d'où naisisent ces tentations et ces dangers que vous supposez ?

Madem. bonne.

Je ne suppose rien , Mesdames ; ils n'existent malheureusement que trop.

Les obstacles à la Foi consistent plus dans les penchans du cœur que dans les lumières de l'esprit ; mais quand ces deux sortes d'obstacles ce rélinissent^ il faut un miracle pour que la Foi n'en soit pas détruite ou du moins altérée. Les vérités spéculatives ne sont pénibles à croire qu'à une secte de prétendus beaux esprits , qui se qualifient mai-a-propos du litige d'esprits forts , et qui veulent tout mesurer a leur raison et à leurs lumières, sans penser que le premier efTet d'une raison saine est deconnoitre ses bornes,

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