‹ Les AméricainesChapitre 5 sur 42 · X.ZB AMERICAIKES. %S · texte numérisé non relu

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qai sont assurémeat très - étroites. Oa m'a dft que cette secte s'appeloit les /iationalistes. Parmi ceux-Ik il s'en trouve plusieurs qui n'ont d'autres défauts que l'orgueil , et dont les mœurs sont puresj mais ce n^est que par un hasard qui tient aux circonstances dans lesquelles ils se trouvent.

Le reste des bommes se soumet volontiers sans motif, avec indifférence, à des vérités qui ne les engagent a rien. Que la Sainte «Trinité sQit un Dieu en deux personnes ou en trois, cela ne les embarrasse guère ; elle n'exige pas plus d'adoration d'une manière que d'une autre : leurs passions laisseront passer tout ce qui n'aura pas un rapport immédiat aux moeurs. Mais une Religion qui les condamne à combattre leurs passions depuis le matin jusqu'au soir , à sacrifier leurs penchans les plus doux ; qui les menace d'une éternité de supplices, s'ils refusent de remplir cette condition de salut , Renoncez à vous-même , portez votre croix; celte Religion , dis-je , leur paroit difficile à croire , et ils seroient charmés d'avoir des raisons d'en douter. Quelques-uns , plus hardis

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que les autres, hasardent à ce sujet des conjectures si frivoles, qu'on les'sîffleroit, s'ilsraisonnoient aussi mal dans les affaires les plus communes pour lesquelles on seroit de sang-froid. Cependant quelque dénuées de vraisemblance que soient ces conjectures , quelque contradictoires même qu'elles paroissènt à l'examen le plus superficiel , on souhaiietoii qu'elles eussent de la probabilité , et dès4ors on touche au moment de leur accorder de la réalité. Cette tentation est sur-tout celle des riches et des heureux du siècle. Nager au milieu de Tabondance et des plaisirs, et conserver la pauvreté d'esprit , la mortification du cœur, ides sens, et la pureté des mœurs : oh! que cela est pénible ! Les pauvres , les artisans, auront raire,s'accommodent mieux d'une religion qui condamne des plai- :SÎrs qu'ils ne peuvent goûter , qui asiservit }es riches à les soulager dans leurs besoins, aies supporter dans leurs maladies; dans leurs peines , à adoucir le joug dont ils sont accablés. Donc, les rich<;s sont plus exposés que les pauvres à souhaiter que la Religion soit fausse*; donc ils ont besoin de phis de lumières

que les autres pour ^Ir e eotraioés , et comme forces par la conviction , à se sou* mettre aux vérités' praitique^ , qui ne parpissent à leur» yeux que des obstacles au bonheur qu'ils croient pouvoir se procurer par la jouissance des biens dont ils regorgent.

D'ailleurs y c'est parmi les grands «et les personneiS jricbes que se trouvent les rationalistes^ grands prêcheurs de leur métier, et qui courent après les prose** lytes. Voîsiveté des grands leur laisse le temps de leur débiter leur doctrine ^ et Jeur ignorance sur, ls| Religion rend leur idéf ai te aisée; c'est donc une nécessité pour eux de proportionner leurs armes idéfensivès aux offensives qu'on emploie^ à leur égard. L'instruction ^t dpnc né^ cessaire à tous , fnaii^ principalement aux .per^nnes de yotrç état , Mesdames ^ pre- .mièrcweiit ,. parce qu!elles opl le temps et lescoinmodités de. s'instruire ; secondement , parce que leurs besoins à cet égard sont ^lus grands que ceux des autres. .

Je reviens àxmissBelotte,' qui avoue fraqqhemeiït qu'elle craint des lunaières qui lui découvriroient un plus grand

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Dans la première enfance , n'étions-nous pas au-dessous même de ces jeunes sauvages? Lorsque nous avons été en état d'entendre , on a fait résonner des sons à nos oreilles , sans jamais , ou presque Jamais parler a noire raison. Il y a un Dieu. Le loup vous mangera , si vous êtes méchante. Mon petip doigt m'apprend tout ce que vous faites. Dieu entend tout ce que vous dites. Le nez vous rougira si vous mentez. ï^ous irez en enfer si vous êtes désobéissante. Ces grandes vérités et ces fadaises nous but été dites du même ton , ont fait sur nous la même impression , et ces impressions n'ont été guèresplus durables les unes que les autres. J'avoue qu'à mesure que nous avançons en âge on réitère les leçons qui regardent Dieu , et on se moque avec xious de la crédulité que nous avions , quelques années auparavant , pour les contes bleus dont on nous berçoit. Mais si je me rappelle bien ce qui se passoit alors en moi , voici comme je raisonnois : On m'a trompé , quand j'étois petite , à l^ertainségards; Autt-'je bien^assurée qu'on tie me trompe point eilcôre ?it est peut-» étjre dee» illusions pour touties ^est dsins

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le premier , on m'a fait. des mensonges qai n'avoient pas le sens commun ; on m'en fait aujourd'hui sur des matières beaucoup plus graves , et qui n'ont pas plus de probabilité à mes yeux que le reste n'en avoit alors , et dont sans doute pn se moquera avec moi dans mes deré nières années.

Ladt inconséquente.

Ah, Madame! comment pouviezvous penser ainsi? Ne voyiez-vous pas tout d'abord que ce qu'on disoit de Dieu étoit véritable.

Ladt VIOLENTE.

Non, en vérité, ma chère; permet* tez*moi le mot , j'avois trop d'esprit pQur cela, et ma raison au contraire m'auto«, risoit k croire qu'en cela , comme dans tout le reste , ma gouvernante avoit de bonnes raisons 'pour chercher à me tromper. ' •

Ladt inconséquente.

Et vous appelez cela avoir de l'esprit? Je remercie Dieu de ne m'en avoir pas donné un de celte espèce. Pour moi , JQ vous le répète , fai d^abord connu que tout ce qu'on me disoit par rapport à

Pieu étoit véritable.

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lam violente.

Me dîi^iez-v6us bien , Madame ^ pourquoi vous^ avez toujours cru les choses ^u'on T<Tu8 disoit par rapport à Dieu?^

hxhi HSGONSÉQUENTE.

Et mais, ma dhère , je l'ai cru. ... : parce que cela étoil vrai ; je n'^n piiis donner autre raison.

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