BEL ES PRIT
Vous posez en fait ce qui est en question. La matière organisée d'une certaine façon ne pense pas. Cela veùl-il dire qu'elle soit incapable de penser? Ne pourroit-on pas dire que dans une organisation plus parfaite la pensée et la volonté sont des accidens de cette matière?
MiDEii. BONNE.
11 faut que l'effet soit proportionné à la cause , qu'ij^ lui soit analogue. Vous
sifleriçz un homme qui vous diroit qu'on peut donner un tel arrangement a la matière du feu, qùil mouilleroit, rafraichiroit, ôteroit Finflammation d'une plaie: ces accidens étant diamétraler ment opposés à la dause qu'on leur supposeroit, il faudroit un renversement de toutes les lois physiques > pour qu'elle pût les produire ; il faudroit que la toute* puissance^ de Dieu intervint par un miracle pour faire produire au feu deé effets qui lui sont si contraires. N'y aura-t-il que lorsqu'il sera question de nous dégrader , que vous vous croirez en droit d'abandonner les principes généraux et de soutenir l'absurde? Ajoutez aux preuves que la nature des êtres vous fournit, celles que la certitude de l'existence d'un Dieu fait naître ; ce désir de * Timmortalité, qui est en nous; cette idée de l'immortalité, ^qui se trouve chez les peuples les plus barbares ; cett&nécessité de l'immortalité, pour justifier la justice et la bonté de Dieu , qui semble abandonner les justes à la malignité des mér chans. Ajoutez^ dis- j.e ^xes preuves aux premières , et vous aurez une démonstration çomplçtte de l'immortalité de
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l'ame, à laquelle je vous déèe de pouvoir résister. Oui,*Mcy|sieur, actaellenient f en appelle à votre hoir sens, à celte lumière, à cette voîx intérieure que vous ne cherchez à étouffer que parce qu'elle vous blesse. Ré pondez-raoi. Croyez-vous l'ame immortelle?
BELESPRIT.
. Il le, faut bien ^ Mademoiselle, et je le crois autant parla force de la conviction intérieure , par un instinct puissant et involontaire , qu'à cause des raisons que vous m'avez alléguées. Mais dans quelle classe mettrons-nous les animaux ? J'avoue qu'il seroit naturel de nous en tenir à ce que lady Méry nous en a dit, parce que cela lève bien des difficultés : je prévois cependant que son idée ne fera pas fortune, nos.sens la contredisent trop* ouvertement ettrop souvent, pour pouvoir adopter son système. •
Liit MÉRY.
Ne croyez, pas , Monsieur , que ce Système, qui n'est pas le mien ( car j'ai t)uï dire qd'îl a^ été celui de» plusieurs grands hommes ) , ne crdyèz pas, dîs-je, que ce système ait en moi une zéla-