‹ Les Américains chez eux d'après l'anglaisChapitre 109 sur 138 · NAISSANCES MARIAGE-*, .MORTS · texte numérisé non relu

NAISSANCES MARIAGE-*, .MORTS

I/heure des funérailles arrivée, parents et amis s*1 réunissent autour du cercueil. Le pasteur lit quelques versets de la Bil adresse une prière à l'Éternel, raconte la vie, la mort du défunt, et pri-1 encore pour terminer. Les parents jettenl un dernier regard sur la dépouille mortelle. On monte en voiture, tandis que •a bière, définitivement fermée, est déposée dans le corbillard (l).

Les femmes, ainsi que les hommes, accompagnent le cercueil au champ du repos. — Chose étrange, le deuil n'est pas de rigueur. On se contente de porter des couleurs modestes. A Boston, dans la plupart des cas, personne — pas même les plus proches parents — n'adopte le noir, afin de ne pas assombrir une cérémonie si lugubre déjà! On prétend — le lecteur appréciera la valeur de l'argument — proclamer par- ce fait, que la mort n'est point la mort, mais : le passage de la vie d'en bas à la vie d'en haut.

Cet usage cède parfois devant les grandes douleurs publiques. A la mort de Lincoln — 1865 — toutes les villes du Nord prirent le deuil. Trois heures à peine écoulées, il ne restait plus un seul lambeau d'étoffe noire dans les magasins; la soie, le velours même remplaçaient le crêpe et la laine; les édifices publics disparaissaient sous les draperies funèbres qu'avaient fournies les dames aux dépens de leur toilette personnelle.

Même liberté, môme variété pour les cérémonies nuptiales.

Les noces, lorsqu'elles ont lieu dans la classe élégante et riche, se célèbrent avec un luxe sans égal (2).

C'est par centaines qu'on lance les invitations. Une noce qui ne compte pas au delà de cent conviés, passe pour unechétive affaire : Noce à un cheval! s'écrie dédaigneusement le citoyen de l'ouest.

Quatre cents invitations forment le taux ordinaire ; un millier n'étonne qui que ce soit.

Lors de mon voyage, miss X*"> venait de se marier à Boston. Trois mille personnes avaient été priées d'honorer la cérémonie de leur présence ; la fiancée avait reçu pour une valeur de dix mille dollars en cadeaux d'argenterie. Et, certaine société dorée de New-York, qualifiait cette noce-là, de : Noce à an cheval.

Durant trois ou quatre heures — la bénédî tion nuptiale une fois donnée — les invités se succèdent à tour de rùle dans lès

I. Ni liqneors ni rafraîchissements d'ancune i • ne sont, oflî •2. A Chu-agn, une n ice coûta en moyenne cinq mille dollars.

salons. S'éclipsant après ttrté apparition rapide, ils ne s'y trouvent jamais réunis tous à li fois; beaucoup se dispensent d'y venir; on compte sur les absents :

— Si tous les convins à mes noces —s'écriait mon ami, M. X" de Brooklyn — avaient répondu à l'appel, non-seulement là maison eût été pleine comme un œuf mais il aurait fallu empiler une soixantaine d'invités sur le toit, et en jucher quatorze sur chacune des cheminées 1

Au Sud, la fashion exige que les appartements de réception, fermés en cette circonstance solennelle aux rayons du soleil, soient brillamment illuminés. La splendeur des toilettes, le feu des joyaux, en ressortent mieux dit-on.

A côté de ces noces à grand fracas, il s'en fait de très-modestes; quelques-unes même se passent absolument de cérémonie. Nulle publication de bans, la loi n'en exige point ; le mariage peut être célébré par le premier pasteur ou le premier magistrat venu.

Un conducteur de train — dans le Maine — ne parvenait pas à obtenir un jour de congé pour se marier. Notre homme ne s'e barrasse p ..s pour si peu ; il fait monter sur sa locomotive pas: et fiancée, la bénédiction est donnée à toute vapeur, et mariage, voyage de noce, tout se trouve bâclé du même coup.

M. X'**, opulent fournisseur — Pennsylvanie — s'apprêtait à faire son tour d'Europe. Au moment de monter en wagon, il songe qu'une femme ajouterait quelque charme au voyage. Prenant donc sa course, M. X"* arrive chez son ami M. Z"*, et lui demande ex abrupto la main d'une de ses filles ; à cette condition toutefois, que le mariage aura lieu le jour même, et que, dès le soir, l'express emmènera les époux à New- York, afin d'y atteindre le Canard en partance. M. X' *, qui ne veut rien brusquer, donne à la jeune fille dix minutes pour se décider : le temps d'aller chez son banquier et de revenir. — Il va, revient, trouve M1'9 Z*'* sous les armes. En deux minutes* père, frères, fiancée et fiancé se présentent devant le magistrat voisin, l'union reçoit la sanction légale, et l'express enlève les nouveaux mariés.

Lorsque, après son voyage de noce, un couple rentre au logis, il y trouve un festin, présidé par les amis qui l'ont organisé. Pareil accueil attend parfois les pasteurs, au retour d'une excursion lointaine.

Les anniversaires de mariage sont religieusement observés en Amérique. Affluence des amis et parents, cadeaux, félicitations, rien n'y manque. Le cinquième anniversaire, qui se nomme

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