LES ALCOOLS EX LA LEGISLATION
J'ai, soit au Canada, soit aux États-Unis, attentivement étudié i,i question des lois sur les spiritueux.
Mes observations peuvent se résumer ainsi : Partout où le mouvement de la Tempérance est en faveur, les lois prohibitive*, d'accord avec le sentiment général, produisent d'excellents résultats. Là où les sympathies du peuple n'appuyent par les règlements prohibitifs, ceux-ci U ml fiasco.
Je regrette d'avoir à m'exprimer de la sorte ; mais la a avant tout. Si la vérité démontre l'inutilité des lois réduites à elles-mêmes, cette même vérité nous poussera à chercher le remède plus haut.
Un arrêté, connu sous le nom de Dunkin'g Law (1), promulgué en 1804, fut adopté par 62 municipalités du Haut-Canada, et par Vingt-huit du Bas-Canada. Dans la plupart des communes, cet arrêté reste à l'état de lettre morte. On en pourrait compter bon nombre, qui n'ont pas môme tenté de le faire observer. Les citoyens tranquillisaient leur conscience par ce fait qu'ils avaient voté, d'abord pour son adoption, plus tard contre sa révocation.
Dans les localités où la Dunkin's Law avait été forcément imposée, les hôteliers, tout simplement fermaient boutique, et les voyageurs restaient sur le pavé.
Voici ce que me racontait à ce sujet M. X***, fermier, qui luimême avait voté la loi :
- La loi passe ; bien ! Une semaine après, je me mets en route. Fatigué du long trajet, j'arrive à K..., je m'arrête devant l'hôtel ; la porte est close. Je frappe : rien ! J'appelle : pas une âme ! Je
i. Loi Donkin, semblable à la Permission measure — acte de tolérance ijui a excité une si grande agitation en Angleterre.