‹ Les Américains chez eux d'après l'anglaisChapitre 121 sur 138 · HARTFORD · texte numérisé non relu

HARTFORD

parce que Charles Suriner avait attaqué l'esclavage ? —Débarrassé du Sud, le congrès devint le modèle du décorum.

— Il y a autant de différence, poursuivit Mm<! Stowe, entre l'aristocratie du Sud et l'aristocratie anglaise, qu'entre la nuit et le jour. Les Anglais montrent autant de politesse que les sudd isles en ont peu. — La premiere chose que je remarquai à Stafford House (1), c'est que jamais, ni le duc de Sutherland ni lord Palmerston ne donnaient un ordre aux serviteurs, sans ajouter : Ifyou please! — s'il vous plaît — ; et qu'ils savaient dire : Thank you ! — merci. — Un suddiste, lui, commande sec : — Hé ! garçon, Faites ça ! vite ! — Et si le garçon ne se hâte pas d'obéir : un coup de pied !

M. et Mma Stowe avaient reçu, peu de jours auparavant, la visite de lord et lady X***.

— Lady X***, dit Mme Stowe, est un esprit radical, qui regarde l'Eglise d'Angleterre comme une secte plus ou moins hérétique, tandis que son mari frémit d'horreur à la pensée du blasphème t Même contraste entre leurs opinions politiques. Un matin nous lûmes l'anecdote suivante, que donnait le journal : M. N***, commis voyageur, se trouvait en wagon avec les ducs de Northumberland et d'Argyll. M.N***, qui ne connaissait ni l'un ni l'autre,se mélo sans façon à leur entretien. Le duc de Northumberland descend à Almrick, où l'attendait un magnifique landau :

— Tiens, liens, tiens ! fait le commis voyageur : Ça m'a tout l'air d'être quelque gros personnage I

— C'est le duc de Northumberland.

Le commis stupéfait ouvre de grands yeux : — - Peste ! s'écrie* t-il : Un duc ! Qui aurait jamais cru qu'un duc adresserait la parole à deux petites gens comme nous 1 — Lady X*** rit aux larmes de cette histoire ; d'autant plus que son mari, qui ne riait guère, a l'air d'un fort petit bourgeois (2).

On a vu quels sont les sentiments de Mm° Beecker Stowe, à l'endroit du Sud. Celui-ci les lui rend avec usure. Les suddistos traitent ses publications sur l'esclavage d'outrageux mensonges, ni plus ni moins.

— Je n'ai lu que quelques pages de Y Oncle Tom! disait Ch. Campbell, l'historien de la Virginie : 11 ne m'en a pas fallu davantage

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