I. Qu'e ' devenu "le aille en esprit et en vérité? » — Trad
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le dossier du banc voisin qui vous entre dans l'estomac, et votre propre banc qui tous casse Les Jambes, durant une non moins interminable oraison.
Lès péifl* — bancs fermés — sont spacieux; les siô ■ - rê ' ■ les parquets recouverts de tapis, les moind ins pénétrés de
chaleur. — A Chaque nef, s'annexent une ou plusieurs salles confortablement organisées, qu'occupent tantôt l'école du dimanche, tantôt les réunions de prières.
On se plaint, en Europe, du peu d'écho que rencontrent les convocations aux assemblées religieuses, et l'on en conclut l'indifférence en matière de foi. Mais on oublie que l'homme se com;' d'un corps aussi bien que d'une âme, et qu'il faut avoir dans cette dernière une certaine dose de l'esprit qui faisait les martyrs, pour retourner — après s'y être laissé prendre une in\< — dans qu l chapelle sombre et glacée, où vous atten 1 un c >urant d'air sur le cnîne, un autre sur le cou, le troisième dan- les jambes) Ls Américains, mieux avisés que nous, veillent à ce que la maison de Dieu soit aussi bien chauffée, aussi bien éclairée, aussi convenablement meublée que les édifices consacré-; aux affaires en aux plaisirs.
Si le temple n'évoque aucun souvenir de torture physique, I i réunions religieuses n'éveillent aucune idée d'ennui. On y introduit la variété. Ni le pasteur, ni le président, ni les frères, ne mettent au déd la patience de l'auditoire. Pleine liberté: l'un prie, l'autre lit un texte, celui-ci raconte quelque experience peraonn lie, a luilà communique d'intéressants détails sur une cPUvre missionnaire ; nul ne parle plus de cinq minutes, et 1 • tolit, entremêlé d'hymnes, forme une séance à laquelle on se rend avec plaisir, d'où l'on revient meilleur.
Le même bon sens préside à l'organisation des écoles du dimanche auxquelles sont consacrés, en maints États, des bâtiments spéciaux.
L'édifice qui abrite celle de Lee avenue — Brooklyn, New-York — se divise, au moyen de parois et de vitrages mobiles, en quatre compartiments séparés. Les divers groupes, grace à ce système, poursuivent leurs exercices sans se troubler réciproquement. La prière et le chant terminés, le directeur touche un timbre : les parois glissent ; chaque âge, chaque enseignement entre en possion de son domaine privé. Au bout d'une demi-heure, le directeur presse de nouveau son timbre : les cloisons disparaissent ; toutes les classes se trouvent réunies comme par enchantement. Le directeur donne quelques explications générales, adresse quelques
questions : un chant, une prière, et le bataillon enfantin sort en bon ordre au pas militaire (1).
Le succès, immense, des écoles du dimanche américaines, tient en grande partie à, ce que les membres l^s mieux qualifiés des Églises, à ce que les notabilités sociales les plus marquantes y prennent en qualité, soit ÙM directeurs, soit de moniteurs, un intérêt direcl el personnel. Princes de la finance, officiers supérieurs, juges à la Cour suprême, littérateurs , hommes politiques, revendiquent l'honneur d'enseigner un groupe, apportant à l'accora plissement de ce devoir le même zèle et le même sérieux, qu'a ^exercice de leur vocation commerciale, civile, ou militaire (2).
S'étonnera-t-on dès lors, de la supériorité des écoles du dimanche américaines et de leurs prodigieux résultats!
Si l'on ajoute que l'éducation, dans les écoles et collèges enseignants, est entièrement séculière; que l'instruction religieuse de L'enfance el de la j >unesse, incombe par conséquent à la famille et à l'Église; on concevra Tim portance nationale de l'école du dimanche, cette institution qui prépare à la fois le chrétien et le citoyen.
Sauf quelques modifications; imposées par la nature môme du pays, le dimanche américain ressemble au dimanche anglais. Les
1. J'ai visité, à Philadelphie, une école du dimanche qui, dirigée par les adeptes de Jacob Bohemen el de Swedenborg, prenait le nom de Lycée progressif. Le classement s'y opérait par âge. Au bout de chaque rang, un petit écriteau doré portait le litre distinctif dn : l'onlainc. Riviere, Guirlande, Vesper,
(quatre ans, cinq ans, six ans), ainsi de suite, jusqu'aux bancs reculés où s'asseyaient de jeunes misses, dont l'extrait de baptême ne s'affichait plus. — I h ila par îles mouvements gymnasiiques — d'après la mélhode de Dio Lewis — puis, au son d'une marche exécutée sur le piano, les classes défilèrent devant l'estrade du directeur; chaque enfant reçut un drapeau, et les trois à quatre cents élèves, étendards déployés, emplirent la salle de leurs évolutions ; ceci, afin de développer les muscles. Après, vinrent : chants, récitations, questions et réponses, (les exercices une fois achevés, les parents, succédant aux .M.'ants sur 1rs bams de l'école, écoutèrent dévotement le sermon que leur prêchait une oratrice inspirée.
t. l'ai connu des négociants qui, certains jours, consacraient une heure à leur préparation pour l'Ecole du Dimanche. Chaque comté a ses réunions périodiques de moniteurs. Là s'élaborent les plans d'études bibliques, là se racontent ea expériences, là s'examinent les questions, là se nomment les délégués à l'assemblée plus générale de l'Etat, qui, à son tour, enverra sej déno <;s an Con— iil des écoles du Dimanche américaines, convoqué à Philadelphie ou à Washington. Cinq millions d'enfants suivent les écoles du Dimanche. L'iîglue méluodule en réunit à elle s ulo plus d'un million et ùemi.