LES AMÉRICAINS CHEZ BUX
iviguent ce Jour-là sur les fleuves et les grands lacs, comme nos navires sur l'Océan ; les trains des railways ne sont supprimés qu'en partie, et les street-cars— tramways— continuent leur service accoutumé. La vaste étendue des distances à franchir, interdit l'arrêt absolu des moyens de transport.
Dans les localités où domine l'élément teuton, 1rs restaurant*^ les jardins publies, s'ouvrent aux familles qui viennent y
iorber forces chopes de bière, y écouter la musique, et s'entretenir d.s nouvelles du jour. Toutefois le dimanche, d'un bout à l'autre des États-Unis — sans en excepter les grands centres commerciaux : New-York, Philadelphie, Chicago — le dimanche interrompt toutes les affaires, ferme tous les magasins, et cela, par le bon plaisir du peuple souverain, qui promulgue lui-même ses lois.
Sous plus d'un rapport, l'Amérique semble donner beau jeu aux adversaires de la liberté.
Régénérer l'humanité au moyen du confort matériel, des écoles indépendantes,de l'Église séparée de l'État et du suffrage universel! On hausse les épaules.
N'en déplaise aux pessimistes, nulle part dans le monde le christianisme n'a fait de si rapides propres qu'aux États-Unis.
En 1800, sur une population de cinq millions d'àmes, l'Église chrétienne comptait trois cent cinquante mille membres. En 1860, sur une population de trente millions d'àmes, elle comptait cinq millions de professants. — De un sur quinze, la proportion des chrétiens s'était élevée à un sur six (1).
1. Les principales Églises évangéliques des États-Unis sont les Églises Métho'
disics, Baptiste* et Congrégationalistes. — La liste suivante, établie d'après le
recensement de 18G0, montre leur force et leur position relatives.
Kgijses protestantes épiscopales 2,110
« Congrégationalistes c2,.:>00
« Presbytériennes fi, 000
« fiaptistes 17,000
« Méthodistes 14,000 « 2,000,000
La communion romaine compte quatre millions d'àmes environ. Rappelonsi h > qu'il s'agit, pour celte dernière, non de membres acquis par une adhésion personnelle et réfléchis, mais de la population de teile ville et de tel État. L'Église romaine se recrute par la naissance. Quatre mille églises ou chapelles suflisent au culte romain, tandis que l'Église presbytérienne, à elle seule, en occupe six mille pour son demi-million d'adhérents. Les membres inscrits de l'Église presbytérienne, ne représentent qu'une fraction minime des auditeurs qui en suivent les prédications. L'Eglise méthodiste, avec deux millions de membres,
membres
:,:,o,ooo
Quarante-cinq mille lieux de culte — représentait vingt millions d'auditeurs el quarante millions de livres st. — ont été construits, au moyen de dons volontaires, sur l'étendue qui sépare l'Atlantique du Pacifique, le .Maine de la Californie.
Les Européens qui frissonnenl à l'idée de voir l'Église, une fois séparée de l'État, réduite au budget des dons libres et spontanés, n'ont pour se rassurer, qu'à regarder du côté des États-Unis.
Los tmids que le gouvernemenl anglais fournit à l'Église établie, n'atteignent pas cinq millions de livres st., tandis qu'aux États-Unis, les offrandes volontaires en faveur des Églises indépendantes, dépassenl le chiffre de sept millions et un quart.
Et les Églises américaines ne se contentent pas de pourvoir à leurs propres besoins ! Elles envoient, elles entretiennent des missionnaires sur tous les points du globe. En une seule année, les méthodistes-épiscopaux ont consacré deux cent mille livres st. à la mission intérieure et à la mission étrangère, sans compter le million de livres st. offert — en commémoration d'un centenaire — à diverses œuvres d'éducation et de charité.
En 1870, lors de la fusion de L'ancienne et de la nouvelle école pri sbj lérienne, l'assemblée générale vota cinq millions de dollars sous ce titre : Don d'actions de grâces ! Une année après — 1871 — l'assemblée se réunissait à Chicago. On examina les comptes. Il se trouva .qu'au lieu de cinq millions, les membres, répondant à l'appel de l'assemblée, avaient versé sept millions de dollars !
En présence de faits pareils, il est permis de se demander si, dans l'ancien monde, l'Église des chrétiens n'essayera point, elle aussi, de vivre sans le secours de l'État ?
accuse huit millions d'auditeurs. Les Spiritistcs, très-nombreux aux États-Unis, prétendent avoir soixante mille mediums, cinq cents orateurs tant féminins que masculins, deux mille lieux île conférences publiques, deux millions de croyants lés, et cinq millions de croyants nominaux! Ces chiffres, établis par les Spiritisies, sont fori exagérés.
Mentionnons pour mémoire quelques-unes des innombrables sectes que voit naître et mourir le libre sol américain; les Perfectionnistes, les Tunkards, les Cosmopolites, les Gospélites, les Shakers, les Socialistes d'Ebeneser, les Sand- Hillers, les Soul-Keepers, les Come-Outers, les Wormms, etc., etc., sans compter h s athées, eu décadences l'heure qu'il est. Une Convention nationale d'athées, d'infidèles et de secular isles, convoquée à Philadelphie en novembre 1870. y
réunit seize hommes et une femme. Le e ité présenta ses comptes, bouclant
par un déficit de dix livres sterling. La rente des livres incrédules, pendant l'an- . avait rapporté dix-huit shillings, six deniers !