MARINE ET CAVALERIE CONFÉDÉRÉES
Ransom, intime ami de Jeb Stuart et son compagnon d'armes, Le tenait pour un vrai chrétien.
— J'ai plus d'une fois partagé sa chambre, me dit-il ; jamais je ne l'ai vu s'endormir, sans a\ oir fait auparavant sa prière à genoux. Il s'abstient de toute boisson alcoolique, et va môme jusqu'à refuser les mets dans lesquels entre une proportion quelconque de spiritueux.
Stonewall Jackson regardait Stuart comme le meilleur de tous les officiers de cavalerie :
— Ashby, disait-il, qui n'a pas son pareil pour faire une charge, n'est jamais maître de ses hommes. 11 n'a exécuté ses plus brillants exploits, qu'accompagné d'une poignée de cavaliers. Que n'aurait-il pas accompli, avec un peu plus de discipline ? Ashby était trop bon. Stuart I Voilà mon idéal : prompt, vigilant, intrépide, et sachant commander (1).
4. Stuart, grâce à sa renommée militaire unie à sa beauté, était l'idole des dames Suddistes. Elles parlaient de lui avec le même enthousiasme qu'excitait chez les ladies jacobites, notre galant prince Charlie.
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De temps immémorial, l'émigration highlander s'est dirigée vers la Caroline du Nord.
Lorsque Alexandre Clark, de Jura, arrivant dans cette contrée, il y a plus de cent quarante ans, remonta la Cape Fear River jusqu'à Cross Creeks (1), il trouva, installé dans ces parages, un certain Hector Mac Neill, qui lui parla de nombreux colons établis plus loin encore. La plupart avaient abandonné l'Ecosse lors des troubles qui suivirent la chute des Stuarts ; quelques-uns étaient des Macdonald, émigrés après les massacres de Glencœ. L'insuccès de la rébellion jacobite en 1745, les persécutions qui suivirent la défaite des clans à Culloden, accrurent considérablement le nombre des colons écossais ; chaque exilé se voyait tôt ou tard rejoint par sa famille, et bientôt une population entièrement gaélique couvrit les vastes plaines qui forment le centre de la Caroline du Nord.
Cependant, l'horizon s'obscurcissait. Le conflit entre la Grande- Bretagne et ses colonies ne tarda pas à éclater. Chose étonnante, la plupart des colons highlanders, les mêmes hommes qui, chez eux, avaient combattu la dynastie hanovrienne, furent, en Amérique, les premiers à se ranger sous son drapeau. Un mot expliquera tout : les Highlanders étaient jacobites et conservateurs en Ecosse, oui ; mais conservateur, de l'autre côté de l'Océan, signifiait : fidélité au roi.
Un certain nombre de colons épousèrent la cause de l'indépendance ; la déclaration élaborée dans le comté de Cumberland, porte
4. Cette localité, aujourd'hui Fayetteville, nommée d'abord Cross Creeks, — à cause de deux rivières qui semblent s'y croiser, puis font un détour avant de se rejoindre définitivement — fut constituée, en 1762, par un acte de l'assemblée, et reconnue comme ville, sous le nom de Campbelton. En 1 7 8 i , elle reçut la visite du marquis de Lafayette, en 1 honneur duquel, elle changea de nom pour la seconde fois, et dès lors s'est appelée Fayetteville.