LES HIGHLANDERS DANS LA CAROLINE DU NORD
maints noms highlanders. Le gouverneur de la colonie redoutant, pour le reste des habitants, la contagion de ces sentiments antianglais, leva un régiment Highlander au nom du roi. Quinze cents Highlanders se réunirent autour de l'étendard royal déployé à Cross Creeks. La brave petite année devait descendre la rivière jusqu'à M. h, re's Creek, pour y rejoindre le Gouverneur, lorsque, se trouvant arrêtée par un détachement de patriotes indépendants, elle se vil forcée d'attaquer l'ennemi, sur le terrain même qu'il avait choisi. Dès la première rencontre, ses officiers furent tués ; la déroute se mit dans les rangs. Après un rude combat, les Highlanders furent vaincus. Ceux qui survécurent à ce désastre rejoignirent, dit-on, un autre régiment highlander, levé pour le roi, sous le nom de North Carolina Highlanders. Ils s'étaient tellement identi" ti<;> avec la cause royale, que, la guerre terminée, beaucoup d'entre eux quittèrent l'Amérique pour retourner en Ecosse. Ceux qui demeurèrent et que la guerre avait divisés, bientôt unis par la paix générale, devinrent bons républicains et reprirent vigoureusement leur tâche : peupler les solitudes où le décret de Dieu avait fixé leur sort.
Lorsqu'en 1860, éclata le conflit entre Nord et Sud, les Highlanders, d'instincts conservateurs, s'opposèrent presque unanimement à la sécession. Accoutumés cependant à rendre obéissance et fidélité, non au gouvernement fédéral, mais au gouvernement de l'Etat qui les avait reçus ; dès que la Caroline du Nord se sépara, ils la suivirent avec une loyauté toute highlander, et se battirent vaillamment pour elle, jusqu'au bout. Presque tous ceux que je rencontrai, avaient laissé fils ou frère sur le champ de bataille. D'autres, suivant l'exemple de leurs devanciers— qui abandonnèrent l'Ecosse après la chute des Stuarts, et l'Amérique après le triomphe de la Révolution — avaient dit adieu aux Etats, pour aller planter leur tente au Mexique.
Parmi les hommes avec lesquels j'eus le plaisir d'entrer en relation à Wilmington, se trouvait un beau spécimen de la race que les Highlanders ont donnée à la Caroline. Je veux parler du général William Macrae (l).
En 1861, Macrae s'enrôlait comme simple soldat dans l'infanterie légère de Monroe ; il prit une pari active â toutes les actions décisives ; rami'''' 1868 le trouva brigadier-général.— A Malvern Hill,
1. Lcjl, dans ses ordres du jour, a plus d'une fois rendu hommage à la valeur personnelle et aux capacités militaires du général Macrae.