M LBS AMÉRICAINS CHEZ EUX
Une sévère correction (i). Ne fallait-il pas retrouver les dollars qui prenaient la clé des champs? et sans un exemple, ne risquaiton pas de voir la propriété noire s'évanouir ?
Parmi les planteurs, il en était de chrétiens ; mais défense était faite d'instruire les nègres. Des châtiments légaux, atteignaient quiconque s'avisait d'enseigner à lire ou à écrire à l'esclave :
— Nous n'aurions pas mieux demandé que d'établir des écoles pour nos noirs t me disait M. G***, de Charleston: Que voulez-vous, l'esclavage et l'instruction ne peuvent marcher de pair. Nos es claves auraient lu les pamphlets abolitionnistes répandus à profusion par le Nord. Une révolte s'en serait inévitablement suivie ; aussi, d'un commun accord, fermions-nous la porte à tout désir d'instruction. La loi était dure. Pour ma part, je ne l'aimais pas. Elle n'aurait jamais passé, vous pouvez m'en croire, si nous n'avions reconnu, tous, qu'elle était indispensable à notre système de travail.
Le professeur Woodrow, de Columbia, s'exprimait de même:
— L'Église presbytérienne du Sud réclamait l'instruction des noirs ! disait-il : Elle ne l'obtint pas; pourquoi ? parce que l'opinion publique y voyait la ruine du principe esclavagiste.
De là, les conséquences logiques, inévitables, qui révoltent toutes les consciences aujourd'hui. S'il était bon de maintenir l'esclavage, il était bon, également, de recourir aux seuls moyens capables d'en assurer la conservation. Le planteur traitait ses nègres comme nous traitons nos bêtes de somme. L'esclave refusait-il de travailler? on l'y forçait. Se montrait-il stupide, paresseux, désobéissant? on lui infligeait le fouet. Prenait-il la fuite? on le pourchassait avec piqueurs, limiers et le reste. En cas de récidive, on le marquait au fer rouge. Incorrigible, on le tuait. L'instruction, risquant de lui ôter quelques illusions sur les douceurs de sa destinée, on le condamnait à une ignorance bestiale. Le système étant donné, impossible qu'il en allât autrement. En présence de ces déductions brutales, bien des chrétiens du Sud sentaient d'inquiétantes questions se poser devant eux. Un système qui autorise, qui justifie, qui prescrit de telles infamies, un système pareil est-il bon ? Voilà ce que se demandaient ces chrétiens :
— Le mal, Monsieur, nous le connaissions ! s'écriait un pasteur suddiste: Mais le remède, où le trouver? Nous n'avions pas créé l'institution, nous l'avions héritée. Elle était si étroitement liée à