EES NEGRES AU POUVOIR
Le Sud accepte l'ciffranchissement.
Maints Suddistes, nous l'avons vu, regardent le fait comme une délivrance. Mais ce que le Sud ne supporte pas, c'est le nègre au pouvoir.
Pourtant, les droits civiques accordés aux nègres ne sont, après tout, qu'une conséquence légitime, et de l'émancipation, et de la conduite du Sud après la guerre.
La paix signée, et les États suddistes appelés à se constituer, ils élurent pour représentants les hommes les plus hostiles au gouvernement fédéral. Le Nord ne pouvait tolérer un procédé pareil : — Les États, dit-il, ne sauraient rentrer dans l'Union, qu'à la condition d'accepter loyalement les bases de l'Union. Puisque les blancs ne veulent pas nommer des hommes loyaux, les noirs s'en chargeront ! — Là-dessus, les nègres reçurent droit de bourgeoisie, et des délégués loyaux furent élus.
Mais que le Sud se rassure 1 II est loin de tomber sous le despotisme noir.
Dans les Gulf States, la population nègre, si l'on en croit les derniers recensements, s'élève à 45 p. % ; dans les Border States, à 30 p. °/o ; dans le Missouri, à moins de 10 p. %. — On compte dans le Sud, somme toute, douze millions de blancs pour quatre millions de noirs. Cette proportion n'a rien d'alarmant pour les anciens planteurs. Elle est d'autant moins redoutable que les nègres, ainsi le pense-t-on généralement dans le Sud, ne résisteront pas au changement qui les a fait passer de l'esclavage à la liberté, de l'imprévoyance au gouvernement personnel :
— La race noire ne survivra pas à l'émancipation ! Elle est incapable de se suffire à elle même! —ainsi disent les uns. Les autres,