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dans le déréglemem ? Le premi ->■ article du catéchisme n'étâït-il
par pour elles : obéissance implicite au malin'? — Ce que cette obéissance entraînait, chacun le sait.
L'esclavage développait le nègrel II en avait, tout au moins, la prétention. Alors, pourquoi ces lois qui, partout, interdisaient au nègre toul réveil de l'intelligence? Pourquoi la Caroline du Sud mçnaçait-elle de prison tout blanc, de fouet tout noir, qui se per-; mettait d'enseigner la lecture ou, l'écriture à un nègre ? Pourquoi la Caroline du Nord déclarait-elle passible de châtiments sévères quiconque donnait livre ou brochure à un esclave ? Pourquoi l'Alabama punissait-il de deux cent cinquante dollars d'amende, le crime d'avoir montré les lettres à un esclave, de lui avoir mis une plume entre les doigts? Pourquoi les autorités de Norfolk trouvèrent-elles bon, en 1857, d'écrouer dans leur geôle Mme Douglas, dame suddiste, coupable de tenir une école d'enfants noirs? — Si, comme on l'affirme au Sud, instruire le nègre est impossible, pourquoi ces lois ? Proriiulgue-t-ôn des lois pour interdire une im-
isibiHté? — Par le fait mène des lois qu'il fulminait contre L'instruction d'i.^ nègres, le Sud reconnaissait que le nègre est (able d'instruction. Or , si le nègre est capable d'instruction, ^i l'esclavage est une institution patriarcale, le propriétaire ■ t charge du nègre au même titre, avec les mêmes responsabilités, qu'un père a charge de ses enfants. Que penser de parents qui, non-seulement tiendraient leurs iils et leurs tilles dans un état de complète ignorance, mais qui menaceraient de peines îni .antes tout in .ividu assez audacieux pour faire épeler ou écrire ceux-ci, tout enfant assez dénaturé pour apprendre les lettres de l'alphabet ?
L'apparente anomalie s'explique sans peine. Le père veut que sou til- devienne un homme; le propriétaire d'esclaves voulait que le nègre demeurât à l'état d'enfant.
Jouissances matérielles, plaisirs sensuels assaisonnés d'exhortations à l'obéissance, rien de tou^ cela ne manquait au nègre. Ce qui risquait de développer l'homme aux détiens de l'esclave, cela, lui était refusé. Objet mobilier, de par la loi, il ne pouvait sans crime aspirer (dus haut.
D'une main, l'esclavage plaçant le nègre dans un milieu civilisé,
le mettait en rapp ri avec les forces éducatrices ; de l'autre,
écrasail sans pitié tout individu noir qui, réveillé pax
chaudes influences, essayait d'échanger la dépendance delà
chose, contre la digaétf de Vhomnw.
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liais ros dénis de justice ne Bont rien, comparés au crime irrémissible de l'esclavage : à La perversion du sens moral.
Si l'on veut si1 rendre compte, et de la situation actuelle des
;laves affranchis, el des obstacles que l'esclavage antérieur oppose à leur moralisation, il faut avoir le courage d'aborder franchemenl le suj st.
La rare nègre a les passions ardentes, le code païen n'est pas sévère sur l'article des mœurs, c'est possible. Dans ce cas, le prer devoir des tuteurs chrétiens consistait à donner l'exemple des vertus chrétiennes. Le tuteur chrétien avait pour mission première d'initier ses pupilles à l'indissolubilité des relations conjugales et filiales, base primordiale de toute moralité comme de toute société.
Au lieu de cela, qu'ont fait les tuteurs chrétiens ? Ils ont foulé aux pieds ces principes de morale élémentaire, que le nègre idolâtre respectait dans son pays païen. Les tuteurs ont dénié au mari tout droit légal sur sa femme, au père sur ses enfants. Les tuteurs chrétiens, en vertu de l'esclavage qui mettait la famille à leur merci, ont uni, séparé, disloqué les familles, vendant le mari d'un côté, la femme de l'autre, les enfants d'un troisième, selon leur bon plaisir.
— Vous dites ! s'écriait, les yeux flamboyants, la lèvre frémissante, un nègre qui m'entendait parler avec quelque éloge de certain planteur du voisinage: Vous dites qu'il était bon ! J'ai été l'esclave de cet homme, moi t II a vendu ma femme, il a vendu mes enfants ! — Puis, se tournant vers les affranchis de couleur qui nous écoutaient : - Oui, frères, aussi vrai qu'il y a un Dieu dans le ciel. Lui bon ! Il me donnait du blé, il me donnait de la viande, il ne m'a pas battu une seule fois. Mais où est ma femme ? où sont mes enfants ? Otez-moi la viande, je dis, ne me donnez pas de pain, j'en gagnerai, et rendez-moi la femme de mon cœur 1 Rendez-moi mes enfants 1
Plus d'un propriétaire, déplorant cet état de choses, s'efforçait de laisser les familles réunies :
— Quand je m'apercevais que l'un de mes esclaves désirai épouser quelque négresse appartenant à une autre plantation, me disait M. B"', je favorisais ses desseins, soit en le vendant, lui, au maître de la négresse, soit en achetant l'objet de ses préférences. Mais je ne réussissais pas toujours!
L'Kglise, de son côté, essayait de maintenir parmi les noirs une sorte de respect pour les liens conjugaux. Elle, non plus, n'y réussissait pas. La lutte était trop inégale. Les lois ne sanction-