LES NOIRS ÉMANCIPÉS
Corriger. Mais si l'esclavage a favorisé eue* lui celte disposition la liberté l'en guérir». J'ai rencontré, dans le Nord, nombre de nègres économes, prospères et môme riches. Les dix-huit mille affranchis <ie Philadelphie — malgré la concurrence blanche qui, disait-on, devail les écraser — possédaient, en 1837 déjà, pi r ciin| cent cinquante mille dollars d'immeubles, et huit c ille
dollars d'autre valeurs. Us avaient construit seize églises, quatre-vingts sociétés de bienfaisance, et, dans une seule employé soixante et dix mille dollars au rachat de leurs frè s encore assen is. L'un des hommes les plus riches de Washington, M. L***, est un noir.
Ces habitudes de prévoyance gagnent du terrain dans le Les caisses d'épargne, b's sociétés d'assurances mutuelles, les sociétés oopératn s immobilières, s'y organisent rapidement. Dans la seule ville de Maçon, — Géorgie -j les affranchis on tacheté deu\ cents maisons. A Savannah, durant mon séjour d'un mois, ils ont versé cinq mille six cent soixante et dix-neuf dollars dans la caisse d'épargne — deux mille trois cents de plus que l'année précédente, et la saison était mauvaise.— En trois a is, à dater de l'émancipation, les affranchis du Sud ont placé un ;, illion cinq cent mille dollars. Cent quatre-vingts nègres ont, en une seule année, acheté des propriétés dans les environs d' Augusta; deux cent vingt affranchis ont construit des habitations à Atlanta et à Columbia. Dans cette dernière \ille, un artisan noir a, par son industrie, réalisé une fortune de cinquante mille dollars: quarante chefs de famille ont payé en six mois des maisons de cinq cents àdouze cents dollars; enfin, dans les îles situées non loin de Charlestown, deux mille affranchis ont eux-mêmes bâti leurs cottag s, e1 payé leui s petits domaines.
iiérir un morceau de terrain n'esl pas toujours facile poi r le nègre. Les blancs refusent parfois de vendre au noir b' sol qu'il a si longtemps baigné de ses sueurs. Le gouvernement de I Caroline du Sud remédie à ce mal. Il avait, en 1869, consacré deux cent mille dollars à l'achal de \astes domaines, pour les rcelerel les r< \ mdre en détail à tout bon payeur, quelle que fût la couleur de sa peau. L'expérience a réussi : quarante mille acres étaienl placés dès la première année. Aussi le gouvernement a-til voté, pour 1870, quatre cenl mille dollars de plus, destinés au même emploi (i).
A l'heure qu'il est, les nègres possèdent douze millions de doi-
i Les ;iulrc> Etats «lu Sod suivront sans doute cet exemple.