‹ Les Américains chez eux d'après l'anglaisChapitre 68 sur 138 · I. Ne connaît-on pas, sur ce point · texte numérisé non relu

I. Ne connaît-on pas, sur ce point

D Mmbrt île Liants qui »oiU nègr«s — Trad.

M. Smilh se lin! pour satisfait.

Instituteurs et institutrices uousonl Bouvent répét^que la partie la pins difficile de leur tâche, esl d'apprendre aux enfants h penser ayant de parler !

Le Rév. Haley, missionnaire de la Géorgie, s'apprètant à. ens igner la prière dominicale am écoliers d'une salle d'asile, leur ordonna de répéter chaque phrase après lui.

— Étes-vous prêts ?

— Oui.

— Bien! commençons : Notre Père....

Les enfants, dociles aux prescriptions de M. Haley, répètent phrase après phrase, jusqu'au mot Aman. Le Rév. Haley comptait faire suivre la récitation de quelques réflexions pratiques.

— Je vais maintenant, reprend-il.

— Je vais maintenant! fait la classe.

— Non, non, ce n'est pas cela. Nous avons fini la récitation.

— Non, non, ce n'est pas cela; nous avons fini ! crie la classe à tue-tête.

— Vous ne me comprenez pas t

— Vous ne me comprenez pas.

M. Haley, voyant qu'il s'était fourvoyé, se tut et se rassit (1).

Les instituteurs, décidés à réveiller l'intelligence de leurs élèves, les interrogent fréquemment sur la raison de tel ou tel fait. L'écolier, ainsi pris à partie, est forcé de se servir de son esprit, de son bon sens,. et tel qui, tout à l'heure, débitait de sang-froid une «grosse absurdité, étonnera par la lucidité de ses idées et par l'à-propos de leur application.

Jusqu'ici, le nègre a montré peu d'initiative. Bon employ»'1, il s'acquitte à merveille des devoirs de sa charge ; mais qu'un incident inattendu fasse de lui un maître, le voilà dérouté. Soldat excellent, il est rarement devenu officier distingué. L'esclavage, convenons-en, est peu fait pour développer l'activité d'esprit et l'aptitude au commandement.

Le nègre ne sait pas généraliser. Que Sambo raconte une scène quelconque, il vous dira : Telle personne fit telle chose ; telle autre encore fit telle chose! tandis qu'un blanc exprimerait la même idée par ces trois mots: Tous firent ceci ou cela. Les récits

1. Les mêmes fails se reproduisent journellement dan? n^s salles d'asiles d'Europe. -■ ïr. id.

INDIVIDUALITÉ DU NÉ6RE. 2'io

des noirs s'allongent indéfiniment. Le narrateur est peintre, il est poète; il se sert d'un langage original, coloré, riche d'images. Le ftègre pense en tropes; il crée pour les exprimer un style à lui, vigoureux el naïf. Les paraboles, les prophéties contenues dans la Bible, tout ce qui présente la vérité sous une forme dramatique s'empare de lui.

Cette faculté imaginative dégénère vite en superstition parmi 1 s nègres sans culture, qui volontiers ont des songes, et tiennent les diseurs de bonne aventure en grand honneur. Les écoles avec les collèges dissiperont ces fantômes de l'âge ténébreux.

Né musicien, le nègre chante de l'aube au soir. Esclave, il chantait en accomplissant ses durs travaux. Les bandes emmenées dans le Sud pour y être vendues, trompaient les longueurs du voyage, endormaient la douleur des séparations par leurs chants.

Non conl ills de la place importante assurée aux hymnes dans le serviet' divin, les nègres se réunissent souvent avant l'heure, pour répéter leurs cantiques favoris. Les enfants qui se pressent à la porte de l'école, bien avant qu'elle ne s'ouvre, chantent à gorge déployée leurs joyeux refrains. La voix des nègres est belle, harmonieuse; ils saisissent les mélodies avec une incroyable facilité. Dans une de leurs fêtes, M. X*" adapta des paroles que déjà ils connaissaient, à un air nouveau pour eux. Ils écoutèrent, attentifs; puis, à peine l'air achevé, le redirent en chœur, sans la moindre hésitation.

D'un caractère attachant et doux, le nègre se montre affectueux, docile, très-désireux de satisfaire ses supérieurs. Rien de touchant comme la gratitude que lui inspire le moindre acte de bienveillanee, surtout si 1" procédé vient d'un blanc.

Durant mes \is!t>'-; aux stations missionnaires, les noirs apprenait qu'un étranger, venu de contrées lointaines, avait franchi d'énormes distances dans le luit d'examiner leurs écoles, faisaient à leur tour des milles et des milles pour me rencontrer. Queljjnes-uns, saisissant mes mains, me disaient les yeux pleins de larmes : — Dieu vous bénisse, Sah, pour votre bonté envers nous, pau\ res noirs !

Les institutrices et les instituteurs dévoués qui ont quitté le Nord, aiin de se consacrer à l'instruction des nègres, sont de la pari de ceux-ci l'objet d'une ardente reconnaissance. — Il ne se it guère de journée, dans les Homes que j'ai visités, sans qu'un s, nne Qeur, an bai m de candi ne fût apporté, soit

dfl la pari des parents, soit de celle des enfants. MM9 X***, entre

2j'G LBS À.MÉBICÀI.MS CHEZ EUX.

autres, aurait pu ouvrir un bazar de petits puts blanc? el bleus.

Les gamins et les fillettes en état d'écrire quelques mots, pressés d'exprimer leur tendresse à ceux qui, de si loin, sont venus Les initier aux mystères de la calligraphie, déposaient furtivement sur le pupitre de l'instituteur ou de l'institutrice leurs épitres tracées sur quelque lambeau de papier.

« Ma chère maîtresse, Mme B"' ! écrivait une négrillonne: Je vous aime tant, et je vous aimerai toujours ! Ma mère me dit chaque matin d'obéir à ma maîtresse, et de ne jamais faire ce qui est défendu, et de prier chaque jour pour mes maîtresses. Chère Mme B **, j'essaie de faire bien pour vous plaire; mais quelquefois je fais mal. Pourtant, je n'ai jamais l'intention de mal faire, car je vous aime jusqu'au fond du cœur. — Flora B. »

Voici un autre échantillon. Ce billet-ci vient d'un garçonnet, embrasé de la tendresse la plus passionnée pour son institutrice, miss T *\

« Mon amour de miss T*". Je prends sur moi de vous écrire une lettre, car je vous aime de tout mon cœur ! Et j'espère que vous m'aimez ; et si vous ne m'aimez pas, oh bien ! moi, j'espère que vous m'aimez I Les roses et le sucre, et le morceau de fer sont pour vous. J'aime la terre où vous marchez, car vous êtes si bonne ! Vous êtes si bonne pour vos écoliers; en vérité, vous êtes si bonne pour tout le monde, c'est pourquoi je vous aime, parce que vous êtes si bonne ! Et quand vous serez bien loin, je ne vous oublierai jamais. C'est la dernière lettre de votre cher ami. — W. B"*. »

Mais le cœur du brave garçon était trop plein, pour se borner à cette lettre d'adieu. La semaine suivante, le petit cœur débordant

se répandait en une nouvelle épître, la dernière toujours à

laquelle en succédèrent bien d'autres !

Le missionnaire de Nashville, M. Mac Kim, homme éminemment pieux, travaillait, en dépit des moqueries et des persécutions, au relèvement de la race nègre. Ses écoles reçurent la visite de M. N"*, pasteur du Nord. S'adressant aux enfants, M. N"* leur parla de notre corruption naturelle. Après quoi, désirant savoir s'il avait été compris :

— Enfants ! demanda-t-il, connaissez-vous quelqu'un qui soit pécheur ?

— Oui ! oui !

La chose était des plus aisées à Nashville.

— Connaissez-vous quelqu'un qui ne soit pas pécheur ?

— Oui !

— Bien sûr ?

— oui ! s'écrièrent plus fort les enfants, toutes les mains levées

ù la lois.

M N '"• " x ' !it guère là qu'une réponse de perrogtlèt, reprit la thèse, la dévi loppa, insista sur les i nseigneinents de la'parole de Dieu, et termina par celte sentence biblique : «il n'y a point

juste, non, pas môme un seul. » - Enfants, comprenez-vous cela !

— Oui.

— Crovv.-vous qu'il existe sur la terre un Homme, un seul qui ne pèche pas ? 3

Toutes les mains se lèvent : — Oui !

— Qui donc ?

— M. Mac Kiin !

Persuader les enfants que M. Mac Kim pouvait être un pécheur • cela, m le pasteur du Nord, ni qui que ce soit au monde, n'y fût parvenu I ' J

Le cœur aimant des nègre», leur bonne volonté, leur caractère

facile fait , incomparables sen tteurs. m noir, simple car-

' « Mtel, ra votre chais,, vous présentera assiette, verre

011 vll{: aYec u "' in entrain qui semblent dire : J'ai plai-

sir a faire cel i pour vous 1

D1Dui';:111 r • lesnègres s'attachaient à tout maître humain

™, même aprèe le passage de l'armée libératrice, demeura il i le a s n ex-propriét tire.

Hector (i), domestique dun Major confédéré, suivit l'officier K taisant son service jusque sous le

OnT w'^'V ■"■'" 'liS 'iMI h pmpos de la batailIe de Gettysburg: Oui Saht e désirais ardemment que la victoire restât au Nort.

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