‹ Les Américains chez eux d'après l'anglaisChapitre 7 sur 138 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

— Ah ! c'est ainsi t s'écrie New- York. Eh bien ! organisons le plus gigantesque bazar de charité qui se soit jamais tenu! — En un instant, 1,000,000 de dollars sont réalisés.

Chicago ne se tient pas pour battu. Il lui faut le plus nombreux pique-nique qui, depuis que le soleil rayonne, se soit étalé au soleil. Il l'aura f Vingt-deux mille convives se rencontrent, et festinent au jour fixé.

Les Américains ont si bien la bosse du grand, que c'est une consolation, même pour les gens du Sud entièrement ruinés par la guerre, de pouvoir dire: — Une guerre monstre, Monsieur 1 une interminable guerre, Monsieur! la désolation des désolations!

Les Américains rient les premiers de ce travers. — N'ontils pas inventé ces arbres si hauts, si hauts, qu'il faut, pour en apercevoir le faîte, deux hommes et un enfant : le premier regardant à perte de vue, le second reprenant au point où s'est arrêté le regard de son camarad3 ; ainsi de suite, jusqu'au sommet ! — Le terrible ronfleur, qui devait mettre deux chambres entre lui et son lit, afin de n'être pas réveillé par les symphonies nocturnes de son nez; le pionnier qui s'enfonça dans les profondeurs de l'Ouest, parce qu'un quidam, arrivé à 50 mille de là, gênait ses mouvements ; le « Rénovateur patenté de la chevelure», dont une goutte versée sur le seuil de la porte, suffit à faire pousser une si épaisse crinière, qu'elle remplace avantageusement la natte ; le cheval qui court si vite, que son ombre ne parvient pas à le suivre ; les chaloupes canonières si légères, qu'elles flottent partout où le sol renferme un brin d'humidité : tout cela, c'est le sourire américain.

Revenons au sérieux, et disons-le, si les Américains se vantent» c'est qu'ils en ont sujet,plus qu'aucune autre nation. La grandeur de leurs œuvres, la rapidité de leurs progrès, l'éclat, la puissance de leur pays, et jusqu'à cette provoquante ignorance de leur mérite, que naguère encore ils rencontraient chez nous : n'y a-t-il pas là il'' quoi les excuser ? D'ailleurs, cette faiblesse des exagérations nationales s'efface chaque jour; les hautes classes américaines la jugent vulgaire et ne la supportent plus. Elles se contentent de

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