‹ Les Américains chez eux d'après l'anglaisChapitre 8 sur 138 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

voir le pays prouver sa supériorité par ses actes, sans attirer sur lui, à grand renfort de grosse caisse, l'attention du monde entier.

Les États-Unis n'ont pas de tendre pour l'Angleterre, chacun l'affirme.

Le lendemain de mon arrivée à New-York, je me rendis, muni

d'une lettre d'introduction, chez monsieur X'", homme d'affaires.

— Que pensez-vous de notre guerre, Monsieur ? — Telle fut la première question de monsieur X"'.

Sur ma réponse :

— L'Angleterre, Monsieur, reprit vivement mon interlocuteur, devrait prendre le sac et la cendre ! Oui, Monsieur, elle devrait, pour expier sa conduite envers nous pendant la guerre, porter le sac, jusqu'à ce qu'il tombât en pourriture t

Et monsieur X'", de malmener notre presse, en particulier le Times, dont l'éditeur, s'écria-t-il, serait mieux traité qu'il ne le mérite, si on le pendait haut et court ! — Cette exécution faite, le bouillant américain s'en prit aux divers correspondants de nos journaux.

— Russel, Monsieur, au moins était honnête. Quant à cet infâme calomniateur : Georges-Auguste Sala, quant à votre poétique Mackay, quant à cette autre tête de singe... comment l'appelez-vous ?... grâce à Dieu, son nom ne salit plus ma mémoire... Il faudrait,

— indiquant un poêle chauffé à blanc au milieu du bureau — les fourrer tous là-dedans, la tête la première, Monsieur !

Un individu de petite taille était entré; il écoutait, cigare aux lèvres, ce véhément discours, l'appuyant de termes plus vifs encore, tout en se chauffant contre le poêle en question. Le sujet une fois épuisé :

— Eh bien ! Monsieur, me demanda le nouveau venu : Que pensez-vous de notre pays ? Vous ne vous attendiez à rien de pareil, j'en ferais le pari t

Un peu vexé :

— Mais oui î répondis-je d'un ton railleur : Le pays semble pas mal grand.

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