‹ Les Américains chez eux d'après l'anglaisChapitre 71 sur 138 · Révélation · texte numérisé non relu

Révélation

272 LIS AMÉRICAINS CHEZ F.r\.

gique lui manquait, le Sâint-Esprtt, instituteur divin, lui avail révél le véritable sens de l'Évangile.

Avec quelquesétud )S, quelque expérience de la chaire, plusieurs de ces simples prédicateurs noirs deviendront des orateurs distingués. Faute de secours intellectuels, d'horizons étendus, de points de comparaison, il leur arrive, surtout lorsqu'ils se hasardent dans les régions inconnues — terra Uj no ta — de tomber en de véritables casse-cous.

Certain nègre, Tim, savait à peine lire; ce qui ne l'empêchait pas de prêcher. Arrivé, Vers b* milieu de son discours, à en texte: " Mes pieds sont semblables à des p m*;Is de biche! » - hind's^feet.

— Tim lut gravement : «■ Mes pieds sont semblables à des pieds de poule ! » — hen's feet. — Un peu surpris d'abord, notre brave homme ne se déconcerta pas pour cela. Répétant lctexto, arrangé à sa façon, Tim se prit a. démontrer l'excellence de cette image de la foi :

— Frères, vous le savez! Lorsque vient la nuit, les poules, qui rentrent dans la basse-cour pour s'endormir, s'accrochent fortement au perchoir, afin de ne pas tomber. C'est ainsi, frères, que la vraie foi s'attache au Christ t

Fred, de Davis Bend, sur le Mississipi, racontait ainsi la création :

— Nous voyons dans la Révélation de Jean, frères et sœurs, comment le vieux Satan se prétendit l'égal de Dieu t Pouvant, disait-il, faire tout ce que fait Dieu, Satan ne voulut plus Obéir. Alors, voilà que Jésus, le Fils de Dieu, arrive avec une grande trompette dans la main. Et Dieu dit à Satan : — Fais un homme t

— Bien! Satan fait un homme. — - Dieu dit encore à Satan : — Souffle-lui la vie ! — Satan se baisse, et souffle dans les narines de l'homme. Qu'en sort-il? Des scorpions et des serpents. Puis Dieu dit encore à Satan: — Enfonce ton bâton dans la terre!

— Qu'est-ce qu'il en jaillit ? Des chardons et des épines ! Dieu» alors, dit à Jésus: — Plante aussi ton b;\ton! — Mes frères et mes sœurs, que croyez-vous qu'il pousse? Des bananes, des ignames, des cocos, du maïs, des ananas! — Après cela, Dieu prit l'homme qu'avait fait le vieux Satan. Dieu lui souffla la vie, et le mit sur la terre. Et Jésus, embouchant sa grande trompette, chassa Satan du ciel! Pendant trois jours et trois nuits, Satan se tint suspendu aux murailles du ciel. Quand il vit qu'il ne pouvait pas y rentrer, il enroula sa queue autour du tiers du ciel, et fit tomber ce tiers avec lui sur la terre. Jésus, qui était avec Dieu son Père, lui dit : — Père, soulève un peu le brillant rideau du ciel, afin que je puisse

Là CHRÉTIENTÉ NOIRE. 273

voir ce qui se passe sur la lerre! — Dion souleva le rideau, et Jésus alla au bord du ciel, et il regard i la terre. Au bout d'un mont. Dieu dit à son Fils : — Mon Fils, que vois-tu? — Jésus répondit : — IVmv. le vi îux Sat in fail là-bas tout ce qu'il veut Les g ins de la terre suivent chacun son chemin. Les rofïtes son différentes, mais toutes vonl au même lieu : droit en enferl

i. s'anima ni de plus en plus, décrivit l'entrevue qui aura lieu, affirmait-il, lors du règne de Jésus, entre Satan, lié pour mille ans (i), et le Seigneur victorieux:

— Jésus le Fils, mes frères, descend du ciel à la porte de l'enfer. Il l'ouvre et dit : — lié bien, capitaine Satan, comment ça va-t-il. ce matin? — Capitaine Satan répond : — Assez bien ! — El Jésus referai i l i porte, e1 le laisse dedans. — 0 mes frères, ô messœuTs! puissions-nous, ce jour-là, être du bon côté de la porte!

Le vieux Moreau, nègre de Wilmington, reniait grâce a. Dieu, qui s'était, disait-il, sen i de l'esclavage, pour l'amener dans un pays où il pût entendre parler du Christ. D'autres noirs, possédés ainsi que .Moreau par des maîtres pieux, avaient trouvé, nous v liions bienle croire, l'Evangile dans les fers. Mais, des quatre millions d'Àfricaiiàs mis de la sorte en contact avec le christianisme, combien ne reçurent — sans parler des interprétations de l'Évangile à coup-; de fouet — que des notions erronées, incomplètes, qu'un F\ figil ~ii!

In nègre du Mississipi avait, racontait-il, entendu parler d'un certain Jésus. D'après ce qu'en disaient ses compagnons, m

re prenait ce Jésus pour un riche et bon planteur, établi dans quelque autre Etat, bien loin, bien loin, et qui, un jour, dey M acheter tous les esclaves p tuf les mettre en liberl \.

— Salit me disait Sally, membreà l'heure qu'il est d'une Église du Tennessee: Sah, dans la plantation où j'ai été ele\ée, on nous enseignait,à nous autres noirs,qne les nègres n'ont point d'à]

et que, p mi- eux, tout est fini à la mort !

►nnera-t-on dès lors, si pasteurs et troupeaux, émergeant a. - ténèbres, en - >re au crépuscule ?

Ayons confiance. Pour eux aussi, le jour vien ' Deux symptômes nous en donnent la certitude : les nègres ont cona de leur ignorance, el I is out la. passion de sa-

adultes, les vieillards même, répétons-le, ne craignent

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