INTRODUCTION. XV
— Pas mal grand, Monsieur ! Votre mince tartelette d'Angleterre ne couvrirait pas même l'État de New-York ! Personne, Monsieur, après avoir habité l'Amérique, ne saurait vivre dans votre Grande- Bretagne ! J'en ai essayé, moi, Monsieur; impossible d'y tenir t Tout y est étroit, tout y est mesquin. Jamais je n'ai vu de gens aussi sales, aussi rapaces, aussi gueux que vos Écossais ! Jamais, dans toute ma vie, je ne me suis senti si heureux que le jour où j'ai quitté votre triste pays, pour revenir, Monsieur !
Qui était ce fougueux Américain ? Je vous le donne en mille. Un Écossais, pur sang, de même que le sanguinaire monsieur X"', dont le patriotisme américain ne pouvait se contenter à moins que de fourrer dans le poêle Sala et Mackay, ces odieux Anglais f
Plus d'une fois, j'ai entendu les citoyens des États-Unis se glorifier de leur grande patrie, déplorer l'attitude de l'Angleterre pendant le dernier conflit ; exprimer le douloureux étonnement que leur cause notre ignorance à l'endroit de l'Amérique ; mais chez tous, du plus au moins,qu'ils appartinssent au Nord ou au Sud, j'ai rencontré des sentiments d'amour et de respect pour le vieux berceau anglais. Partout, depuis la ferme de la Nouvelle-Angleterre jusqu'à la plantation de Géorgie, partout, ma qualité seule d'Écossais m'assurait un cordial accueil. J'en étais touché pour moi, j'en étais heureux pour les deux peuples. Oui, les cœurs américains nous gardent une sympathie qui, de jour en jour, resserrera les puissants liens par lesquels nous sommes unis.
S'il reste quelques préventions contre nous de l'autre côté de l'Atlantique, c'est aux renégats écossais ou anglais, c'est aux Irlandais surtout, qu'il faut les attribuer (1).
Reste le 4 juillet ! Ah ! c'est là une question brûlante t Gardonsnous néanmoins de juger des sentiments américains par les discours qui se tiennent ce jour-là. Les patriotes auxquels on doit les
1. L'antipathie des Irlandais pour l'Angleterre disparaîtra, lorsque des procédés plus libéraux viendront apaiser les griefs de la verte Erin. Alors, aux Etats-Unis où ils forment une puissance chaque jour pins importante, comme dans le Royaum«-Uni, les Irlandais prendront à notre égard des lentiments fraternels.