L'OUEST
Si rien n'égale, en Amérique, les délices du voyage par fleuve, rien n'approche îles difficultés du voyage par terte. — Je ne crois pas qu "il existe, dans le monde entier, de casse-cous pareils à ceux qu'on décore du nom de route, aux États-Unis. Quiconque en a fait l'expérience ne les oubliera pas de sitôt!
Je me rappelle certaine expédition avec M. G***, planteur. Nous
primes ce qu'il appelait : le chemin direct. Pendant plus d'un
demi-mille, force nous fut de tenir nos pieds à hauteur de visage,
taudis que le cheval nageait plus qu'il ne marchait, et que notre
S menaçail de s'engloutir dans la vase.
— Quel abominable cloaque t m'écriai-je.
— La grande foute est un peu humide ce matin, répondit tranquillement mon compagnon.
L'eau, qui recouvrait le sol, était par places assez claire pour que M. G*** pût, du bout de son fouet, me faire remarquer un gros poisson qui traversait le chemin.
Sur d'autres points, le lac — ou le marais— devenait si profond, si bourbeux^ que M. G***, regardant çà et là, non sans une certain'1 inquiétude, s'écria tout à coup :
— Pourvu que nous trouvions le pont à sa placet
— A si place ? C'est donc un pont volant ?
— ou nageant. Après de fortes pluies, il s'en va quelquefois à la dérive. Moi qui vous parle, je l'ai souvent rencontré à un demi-mille d'ici î
l'intérieur des terres, jusqu'à sa jonction avec le MIssissipî — le Missouri offre un canal oarigabk aux plu-; grands rape irs. Comparée S !, la traversée
de l'Atlantique n'est qu'un jeu. — L'Américain peut donc, sans forfanteri ■. » irler de M yrnncie patrie f