ET
11 ne faut pas cependant exagérer la portée de ces professions de foi chrétienne ; et surtout il ne faut pas fermer les yeux devant des symptômes récents qui semblent indiquer une transformation des idées religieuses aux Etats-Unis, presque aussi profonde que celle qui s'est opérée dans l'ordre politique. A force d’être général et d'embrasser les confessions les plus opposées, le sentiment religieux des Américains finit par devenir fort superficiel. En fait, près des trois quarts des Américains vivent complètement en dehors de la pratique positive et suivie d’un culte. Ils se bornent à fréquenter au hasard le temple du prédicateur qui leur convient, en changeant souvent et ne se préoccupant nullement de conformer le fond de leur vie aux exigences du christianisme. Les payens, tel est leur nom populaire, et il n’est que trop mérité 1.
Maïs pour les gens d'église, l’américanisme est une thèse opposée sournoisement à une autre thèse, la thèse catholique sur le libéralisme, vieille querelle, qui a divisé les enfants de l'Eglise pendant tout le dernier siècle, et'qui se continue sous une autre forme ; le libéralisme a changé son étiquette : il s’appelle l’Américanisme. Jei les passions théologiques se combment avec les passions politiques. C’est ce qui explique pourquoi la controverse
est si envenimée.
À Paris, c'est l’abbé Félix Kleïn, professeur à l’aniversité catholique, qui est le porte-drapeau de l’américanisme. C’est Y'ami de Me Ireland — on pourrait dire son coadjuteur — dont il partage les idées, et les propage autour de lui avec un zèle digne d’une meilleure cause. Il a préparé des auditoires en France au célèbre archevêque ; il a publié ses discours ; il a fait plusieurs voyages aux Etats-Unis, disons des.pèlerinages, dans le diocèse de Saint-Paul. C’est lui qui a traduit La vie du P. Hecker, avec uue préface qui eut du retentissement. Récemment il a publié, retour d'Amérique, un volume intitulé : Au pays de la vie intense, écho de l’ouvrage du Président Roosevelt, dont il a été le commeneal à la Maison Blanche, en compagnie du prélat qui passe pour le confident et le conseiller du chef de l'Etat. Cet ouvrage a été couronné par l’Académie française, où l’on fait plus de littérature que de théologie, et où le libéralisme a plus de chance
1— Loco citato, chap. XVII.
de recueillir des suffrages et des prix de vertn que le Syllabus. Pour que rien ne manquât au succès de l’ouvrage, l’auteur a reçu une lettre très flatteuse de M" Perraud, évêque d’Autun, cardinal de l’Eglise romaine, membre de l’Académie française, dont il est un des-ornements. L’imprimatur académique qu'il a obtenu ne met pas l'ouvrage en dehors et au-dessus de la libre critique.
Mais la traduction de la Vie du P. Hecker, avec la préface qui la précède, n’a pas valu à M. l'abbé Klein les mêmes lauriers. On sait comment le livre trop-célèbre a été déféré à Rome, et en méritant la censure, a provoqué la condamnation de l’américanigme lui-même. Une certaine défaveur en a rejailli sur le traducteur et sur les partisans en robe courte et en robe longue, qui avaient pris couleur pour lui. Ces messieurs ne paraissent pas découragés.
Cependant l’américanisme rencontra à Parisdes contradicteurs qui tinrent tête à ses apôtres. Ja lutte s’engagea avant la condamnation de la Vie du P. Hecker. Cet acte du Saint-Siège, qui devait mettre fin à la controverse, laissa les partis en présence. Les libéraux ont la vie dure: ils changent de peau, en gardant la chair et les os de la veille. Parmi les champions les plus résolus de la suine doctrine, M. l'abbé Charles Maignen, prêtre de la congrégation des Frères de Saint-Vincent de Paul, se distingua par son orthodoxie et par les coups qu'il porta à l’erreur à la mode. Auteur de plusieurs ouvrages de grande valeur, où circule une idée maîtresse, dont le développement prouve qu'il connaît son temps et son mal spécifique, il a fait campagne contre l’américanisme dans une série d'articles versés dans plusieurs revues, mais principalement dans la Vérité française, où il collabore à titre officiel. Il est permis de regretter qu’il ait été combattu sur ce terrain par des rédacteurs de l Univers, qui, sans engager la responsabilité du journal, détonnaient dans cet organe de la grande publicité catholique. C'est M. Charles Muignen qui attaqua le premier avec vigueur la Vie du P. Hecker dans une brochure intitulée: Le P. Hecker est-il un saintf Le coup était
rude : il portait juste, car Rome lui donns raison. Mais les adversaires lui reprochèrent amèrement d’avoir mis l’apostat Charbonnel en leur compagnie, et de confondre l’américanisme avec les doctrines qu’il professait.
Parmi les reproches que nous ont adressés les défenseurs de l'américanisme à propos du livre: Le P. Hecker est il un saint? il en est un que l'on retrouve, formulé presque dans les mêmes termes, sous la plume de M. l'abbé Félix Klein, de M. l'abbé Naudet, ‘in anonyme de la Quinzaine, etc. : c'est d'avoir imputé aux idées qu'ils précunisent l'apostasie de l'abbé Charbonnel.
Dans le Correspondant du 25 juin 1898, M. Klein, sous le pseudonyme de H. Delorme, trouve odieuse» ln phrase où nous disans : «Il y eut désormais au compte de l'américanisme le cadavre moral d'un prêtre renégat: . Dans la Quinzaine du 16 juin, on écrit de nous: «Il se fait de l’américanisme un fantôme, et le compose de tout ce qui lui déplait. Il y met M. Klein, Ms° Keane ; mis il leur associe M. Victor Charbonnel, et le pasteur Bourrier. Et cela prête à rire. »
La réplique de M. Charles Maignen ne se fit pas attendre. Ea novembre parut sous sa signature, dans le journal La Vérité française, un article intitulé: Le fond de l’américanisme, d’après l'ex-abbé Charbonnel. Cenom qui jouissait d’une triste notoriété était compromettant pour le parti. L’éminent controversiste raconte, avec pièces à l'appui, les relations étroites de l’ex-abbé Charbonnel avec les chefs de l’américanisme, Klein, Naudet, etc., leurs réunions intimes chez l’un d’eux, où l’on faisait lecture des discours de M" Ireland, traduits par M. l'abbé Klein de moitié avec l’abbé Charbounel. Il cite de nombreux passages d’un article versé par ce dernier dans la Revue chrétienne, organe protestant, où il donna à ses coréligionnaires de la veille les témoignages de la plus chaude amitié, en demeurant fidèle aux doctrines qui leur étaient communes, et qu’ils ont défendues contre les sermons et les articles des Jés''tes. Mais l'intérêt de la pièce est tont entier dans ce que l’abbé Uharbonnel appelle « le fond de l’américanisme, » qui n’est autre qu’un protestantisme déguisé, et qui mène là logiquement, non pas d’emblée, mais par degrés successifs : l’apostat triomphe d’avance de ce lendemain qui jettera par terre l'Eglise catholique. Que tel soit le fond de
l’américanisme, d’après les doctrines du P. Hecker enveloppées de mysticisme, ce n’est pas seulement l'opinion de Vabbé Charbonnel — ce qui pourrait être suspect — c’est celle d’autres autorités plus .espectables et compétentes, telles que Dom Chamard, Charles D'Héxicourt, et d’autres encore, derrière lesquelles l’abbé Maïgnen pouvait se ranger sans témérité. La suite a prouvé qu’il ne faisait pas fausse route.
Le brochure n’était pas de nature à apaiser ses contradieteurs : leurs cris redoublèrent. Pour se défendre ils eurent hâte de désavouer le compagnon d'armes compromettant, en se lavant les mains-de son sang. Dans unelettre ouverte publiée dans l Eelair, n° du 1‘ juillet de cette même année, l'abbé Kleim protesta de l'inébranlable intention où il est de toujours soumettre sa petite initiative au contrôle de ceux qui ont reçu de Notre-Seigneur Jésus- Christ le droit de l’instruire et de le diriger. Rien de plus correct comme doctrine, rien de plus édifiant que ces dispositions intérieures d’un prêtre catholique.
A cela l'abbé Charbonnel, chassé du cénacle, opposa une observation qui, pour tomber de ses lèvres, n’est pas sans valeur.
M. Charbonnel, écrit l'abbé Maignen, a tellement perdu le sens des choses de la foi, qu’il porte ici contre ses «anciens amis et alliés» une accusation infiniment plus grave que celle que nous avions portée mous-même. Les expressions dont il se sert indiquent plutôt entre eux une différence de procédé qu'une opposition de prineipes.
D'ailleurs telle est bien la pensée de M. Charbonnel.
Après avoir cité un extrait du Correspondant, où M. Klein assure que le danger du schisme n'a jamais existé que « dans l'esprit maladif de ceux qui en parlent: , l'ex-abbé continue :
Or c’est précisément ce qui arrivera, c'est de cette sorte que se fera l'avenir le plus redoutable pour l'Eglise catholique. M. l'abbé Félix Klein et les défenseurs de l'américanisme, s'enfermeront de parti-pris dans leurs promesses d'obéissance et de fidélité, et ils répandront les IDÉES ACTIVES, qui réveilleront l'indépendance personnelle, la vitalité libre des consciences. Tant mieux. Nous N'AURONS QU'A REGARDER LEUR ŒUVRE PEU A PEU S'ACOOMPLIR.
Voilà ce que trop de catholiques oublient !
Les intentions et les qualités personnelles des fauteurs de l’américanisme importent peu, nous n’avons pas à les juger ; elles ne sont pas en cause. Mais les doctrines qu'ils représentent exerceront leur influence par elles-
mêmes, en vertu de le: propre valeur ; les idées sont actives : elles mènent le monde, alors même que le monde n'en sait rien ; et elles le mènent, non pas où nous voulons, mais où une logique supérieure le conduit souvent malgré nous.
Dans cette rude campagne, vigoureusement menée, les égards dus aux personnes furent obec rvés ; mais les coups étaient durs, presque cruels, en tout cas bien :1‘rités.
L'année suivante, M. Char: ‘iaignen eut affaire sur le même sujet à M. Ferdinand :aetière, un laïque de marque, membre de l’Académie franc-i8e, professeur à l'école normale supérieure, critique classé, écrivain de premier ordre, et à cette époque évoluant vers le catholicisme, qui n’eut pas toujours sa foi. Après un voyage aux Etats-Unis, où il avait été appelé pour dounor des conférences, il vit de près les américanistes les plus agissants, M Keane en particulier. De retour à Paris, il rédigea dans la Revue des Deux-Mondes, dont il étuit le directeur, un article sur « Le Catholicisme aux Etats-Unis, » auquel la position de l’auteur et son récent voyage au pays dont il parlait donnait de l'autorité. L'article fit du bruit: les américanistes de Paris lui firent naturellement un bruyant accueil ; c’était chose délicate de contredire un homme de cette valeur, appuyé sur l’opipion du plus grand nombre, et favorable au catholicisme dont il allait devenir un des apologistes. Ces considérations n’arrêtèrent pas M. Charles Maignen, ami des belles intelligences et des nobles cœurs, mais avant tout, ami de la vérité.
Il établit d’abord la thèse de l’éminent écrivain en lui empruntant ses propres paroles :
Parmi les phénomènes les plus caractéristiques de cette fin de siècle, je n'en connais guère de plus intéressant, de plus significatif à tous égards, ni, en vérité, de plus paradoxal que le développement du catholicisme aux Etats-Unis.
Voici sa réponse :
Ainsi s'exprimait M. Ferdinand Brunetière au début de l'article qu'il publiait dans la Revue des Deux-Mondes du 1° novembre 1898, sur «ie catholicisme aux Etats-Unis».
Cette entrée en matière pose très clairement et très heureusement le question ; car elle nous révèle la cause principale qui a tait donner à un courant d'idées, d'aspirations, de tendances très en vogue aujourd’hui, le nom d’A4 méricanisme.
M. Brunetière constate, et nous reconnaissons volontiers avec lui, que les idées ne sont pas nouvelles en France, et que les tendances ne sont pas plus exclusivement américaines qu'elles ne sont françaises ou européennes ; déjà Montalembert, Lacordaire, inmais avant eux et surtout Lamennais, nous avaient habitués à de tels accents ; seulement ce qui leur donne aujourd'hui un nouvel élan, une nouvelle jeunesse, ce qui associe leur fortune à celle des hommes et des œuvres d'au delà de l'océan, le voici en peu de mots.
cet le mérite de M. Charies Maignen d’avoir signalé dans l'américanisme une doctrine, qui avait fait du bruit parmi les catholiques en les divisant, qui était au second plan depuis les encycliques de Pie IX et de Léon XIII, sans cesser d’avoir ses partisans, désormais plus prudents, non pas désillusionnés, et qui renaissait dans l'opinion sous une sorte de déguisement.
Il y a 35 ans, le Syllabus de Pie IX condamnait la proposition suivante :
LXXIX. Il est faux que la liberté civile «le tous les cultes et que le plein pouvoir laissé à tous de manifester ouvertement et publiquement toutes leurs pensées et toutes leurs opinions jettent plus facilement les peuples dans la corruption des mœurs et de l'esprit, et propagent la peste de l’indifférence.
Ceux qui ont suivi les controverses que le Syllabus suscita après 1864, se souviennent de tous les expédients dont usa l’école catholico-libérale pour détourner le sens de la proposition condamnée, qui la frappait en pleine poitrine, et l’entendre du Piémont envahisseur, qui était visé dans le discours consistorial d’où cette proposition est extraite : aucune subtilité ne la sauva de l’anathème.
Or voïei un peuple chez lequel : la liberté civile de tous les cultes » est considérée comme l'une des lois fondamentales de la constitution ; avec «le plein pouvoir laissé à tous de manifester ouvertement et publiquement toutes leurs pensées et toutes leurs opinions? non seulement garanti par la loi, mais efficacement et pleinement entré dans les mœurs; et le vieux monde affaibli, enserré par mille entraves légales, voit grandir ce jeune peu-
ple; il le voit surpasser en richesse et en puissance les plus antiques et les plus fières nations ; et il apprend que ces libertés proscrites par lui n'ont enfanté là-bas ni : la corruption des mœurs et de l'esprit, ni « la peste de l'indifférence.» Bien plus, on lui vante les : vertus naturelles * du peuple américain, Tandis que les nations catholiques subissent une irréligion d'Etat, on montre en Amérique : l'un des peuples les plus religieux du monde, une Eglise libre et féconde ; et, au sein d’une population dont les catholiques ne formaient, il y a cent vingt-cinq ans, qu'un centième, le catholicisme groupant aujourd'hui le septième de la population.
M. Charles Maignen ajoute aussitôt :
On conçoit l'enthousiasme de notre libéralisme européen pour la jeune et libre Amérique. 11 n'est plus besoin désormais de s'attarder aux luttes de doctrines, de discuter par arguments les droits et les limites respectifs de la liberté et de l'autorité: voici des faits, voici des chiftres ; c’est à la lumière de ces faits et de ces chiffres qu'il faut comprendre et interpréter les enseignements de l'Eglise ; l'autorité infaillible de Pierre n'a pas pu proscrire ce qui sert si bien à l'extension de l'Eglise.
Le sophisme est bien présenté ; en dialectique on le formule ainsi : Post hoc, ergo propter hoc. Il a produit l'illusion dans l’immense majorité des catholiques de l’Europe, de la Frauce en particulier, auxquels il faut joindre une bonne partie du clergé, surtout parmi les jeunes.
Le grand cheval de bataîlle de M. Brunetière, c’est l’augmentation vraiment prodigieuse des catholiques aux Etats-Unis, augmentation qu’il ex;lique par le zèle du clergé américain, sans doute, mais encore par la vertu des institutions libérales qui laissent aux âmes leur plein jeu. Entre M. Brunetière et M. Charles Maiguen il y a une bataille de chiffres dans laquelle le directeur de la Revue des Deux-Mondes re brille pas. En acceptant ses chiffres, son rude partenaire lui xpliqua les causes qui les ont produits : l'immigration, les annexions de territoires, les secours de tout ordre venus d'Europe ; les institutions sociales des États- Unis n’ont rien à voir dans l'affaire. C’est ane première défaite assez cruelle pour le brillant champion de l’américanisme. Mais le vainqueur ne:s’arrête pas en si bon chemin. Nos chiffres admis par les deux adversaires sont un argument de plus, et non pas le moins terrible, contre l’américanisme ; car ces chiffres,
portés par exagération à 10 millions de catholiques, devraient s'élever à 25 millions de catholiques, d’après les statistiques officielles des immigrations, en tenant compte de la natalité chez des races très prolifique, et des conversions qui se sont opérées, dans une période de 25 ans environ. Que sont devenus les 15 millions de catholiques qui marquent à l’appel ? Ils sont plongés dans uno affreuse indifférence en matière de religion ; il estadmis par les sta isticiens le plus au courant qu'aux Etats-Unis les trois quarts de la population ne pratiquent aucun culte. II cst faux que lesinstitutions libérales y aient développé le catholicisme par leur propre vertu; mais il est vrai et démontré par le fait, que ces institutions out créé un milieu dans lequel les âmes s’asphyxient. C’est le dernier coup porté à l’américanisme par la même méthode, celle des chiffres,
M. Charles Maignen termine cette partie de son article en invoquant les témoignages des publicistes américains, tous décisifs,
Ainsi tous les témoignages nous amènent aux mêmes conclusions : l'exemple de l'Amérique est la démonstration la plus saisissante de la sagesse supérieure des enseignements du Syllabus. Les deux tiers de lu population tombés dans la plus complète irréligion, au point de ne pas recevoir le baptême, prouvent que la liberté de tout enseigner, de tout publier et de tout dire, engendre nécessairement la corruption des mœurs et de l'esprit et la peste de l'indifférence.
Ces fameuses libertés américaines, dites aussi libertés molernes, et qualifiées par Grégoire XVI de . folies, ont eu pour résultat de faire perdre à des millions d'âmes, non seulement la foi et le nom de chrétien, mais jusqu'à ce minimum d'idéalisme et cette velléité de religion, saluée naguère par M. Brunetière: (Le besoin de croire.)
Parmi les écrivains américains dont il invoque le témoignage, M. Charles Maignen a cité Jules-Paul Tardivel, directeur de La Vérité à Québec. C’est l’article de M. Brunetière dans la Revue des Deux-Mondes qui mit la plume à la main de ce vaillant journaliste, à la même heure où M. Charles Maignen l’attaquait à Paris, mais l’œuvre de M. Tardivel n’est pas un simple article de revue ; c’est un volume de 800 pages édité à Lille, chez Desclée, en 1900. Ce travail a été analysé dans une série d'articles qui
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