‹ Les amies de pensionChapitre 6 sur 12 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Danger de la flatterie. — Colère étouffée. — Orgueil de la naissance. — Vanité poussée à l'excès. — Méthode d'enseignement de Marguerite. — Nouvel arrangement.

En rentrant au salon , M"^ Comagène y trouva Marguerite. M'^*' Ockendon lui avait permis ce soir-là de rester plus tard qu'à l'ordinaire , afin de lui faire mieux connaître le caractère de M''^ ôlontmorency. '< Je crains bien , dit Marguerite , qu'un pareil accès de colère ne la rende malade ? Je n'ai pas vu sans chagrin les mesures de rigueur dont on a été obligé d'user envers elle. — Cela est très-bien , ma chère amie ! répondit M"'' Comagène, j'admire votre bon cœur. Continuez toujours de la sorte , et vous ne pourrez manquer de mériter l'approbation de vos parens. M. Cutaven vous

a choisie pour l'amie de sa nièce : c'est afin que celle-ci puisse profiter de votre exemple, ce choix est flatteur pour vous , et doit vous encourager à surveiller djubiement votre conduite. Il faut que vous voyiez cette lettre que lui a écrite sa dernière gouvernante ; vous y apprendrez à n'être pas surprise de l'insupportable vanité de M"'' Montmorency. «

Marguerite ne put s'empêcher de témoigner son étonnement en lisant la lettre en question ; elle avait de la peine à concevoir qu'on pût prêter l'oreille à d'aussi grossières flatteries.

M'''' Montmorency est à plaindre , dit M""^ Comagènc , d'avoir été livrée aux soins d'une personne qui , au lieu d'étouffer eh elle le premier germe de la vanité , a été la première à le développer dans son cœur. Naturellement fière et emportée, elle a trouvé dans sa maîtresse une faiblesse et une indulgence qui n'ont servi qu'à l'entretenir dans cette disposition naturelle.

— Ah ! madame , s'écria Marguerite , quelle amitié puis-je avoir pour une telle personne ?

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— Après avoir été si long-temps accoutumée à la flatterie , répondit M""* Comagène , il n'est guère probable qu'elle accueille favorablement des conseils et des remontrances, surtout de la part d'une jeune personne de votre âge. Votre plan , à vous , doit donc être de lui faire apercevoir ses défauts , sans néanmoins avoir l'air de vouloir vous ériger en censeur. Le bon exemple est, si je puis m'exprimer ainsi , un maître qui nous instruit et nous corrige , sans que nous nous en apercevions ; etc'estlà , j'osedire , ce qu'elle ne manquera pas de trouver en vous. D'ailleurs , la promesse que vous ave.z faite à monsieur son oncle vous fait un devoir de lui prodiguer toutes sortes d'attentions sans, néanmoins , que cela vous oblige à aucune espèce de flatterie. »

Marguerite remercia 31""" Comagène de son obligeant avis , et lui promit de le suivre; " Je ferai en sorte , madame , répondit-elle , de confirmer la bonne opinion que vous voulez bien avoir de moi.

— Je lui ai fait espérer , ajouta la maîtresse, que demain vous la verriez. Je serai mieux à même , alors , de juger si je dois l'in-

troduire parmi les autres pensionnaires. » Elle lui souhaita en même temps le bon soir , et Marguerite alla se coucher. Le lendemain , M*''' Montmorency fut moins intraitable ; comme elle n'avait pris qu'un peu de thé depuis sou arrivée, la faim n'était peutêtre pas ce qui avait le moins contribué à opérer en elle ce changement. Elle déjeuna avec plaisir ; après quoi , elle obtint la permission de voir et d'entretenir un instant Marguerite. Mais leur entrevue ne fut pas longue ; il fallut bientôt rentrer en classe ; et Julie fut presque tentée de l'y accompagner, tant elle trouvait pénible de rester ainsi seule livrée à soi-même et à ses propres réflexions. Mais M"'* Comagène ne lui en fit point la proposition ; seulement , elle lui dit qu'elle pouvait s'amuser à lire quelques livres qui se trouvaient sur la table , de manière que Julie se vit réduite à rester seule pendant tout le courant de la matinée. Les livres ne lui offraient aucun intérêt ; une partie du temps se passa à pleurer , et l'autre elle l'employa à faire des réllexions sur sa situation présente , jusqu'à ce qu'enfin la maîtresse vint lui dire qu'elle était libre,

si elle désirait aller se promener dans le jar- , din avec Marguerite , ou rejoindre les autres pensionnaires qui se trouvaient en classe.

« Je ferai tout ce qui vous plaira , madame , répondit Julie avec soumission , car elle craignait qu'on ne la laissât encore seule.

— Eh bien , alors , répondit M"" Comagène , nous ferons l'un et l'autre : je vais d'abord vous faire faire la connaissance des jeunes personnes avec lesquelles vous devez vous trouver à table ; et après cela , M'^* Marguerite vous fera voir le jardin. >=

A ces mots , la vanité se réveilla de nouveau dans le cœur de Julie ; elle se rappela avec complaisance la supériorité de ses talens ; et, d'un petit air d'importance, elle se donna un coup-d'œil dans laglace ; ce qui, heureusement , ne fut pas aperçu de la maîtresse. Elle suivit alors M™^ Comagène et Marguerite , qui l'accompagnèrent en classe.

« Mesdemoiselles , dit M""" Comagène , pendant que Julie s'avançait avec assurance et fierté, voici la jeune personne que j'aurais dû vous présenter hier : mais vous savez toutes quel motif m'a empêchée de vous procurer plus tôt cet avantage : vous

savez dans quelle colère est entrée M"*" Julie en se voyant amener en pension. Mais j'ose espérer que lorsqu'elle vous aura mieux connues , elle n'aura pas à se repentir de se trouver dans votre société. »

Cette introduction était bien différente de celle à laquelle s'était attendue M"^ Montmorency ; elle s'était flattée que son nom et ses talens allaient être publiés dans toute la pension , et que chacune des demoiselles allait s'empresser de lui rendre les hommages dus à sa noble origine. Elle ne put cacher son dépit : l'attention générale était^ fixée sur elle, et toutes les pensionnaires la regardaient avec curiosité. Quelques-unes riaient ; mais aucune ne paraissait disposée à s'applaudir d'avoir cette noble demoiselle pour compagne. Elle fut ensuite conduite auprès de M"* Ockendon , aux soins de laquelle M™*^ Comagène se proposait de la confier ; et après avoir également été présentée aux autres maîtresses , elle se félicita de pouvoir se soustraire à leurs observa- ' lions , en accompagnant Marguerite dans le jardin : alors elle laissa éclater son mécontentement.

« Il me semble que M""* Comagène aurait bien pu m'épargner cette mortification ! mais je vois bien ce qu'on veut : on m'a mise ici pour essuyer toute espèce de vexations et d'outrages.

— Ce n'est que votre amour-propre qui vous fait craindre d'entendre la vérité ! dit Marguerite avec beaucoup de douceur.

— Mais pensez-vous qu'il soit bien , de de sa part , de faire ainsi connaître mes fautes à toute la pension ? Ce n'est pas que je m'inquiète fort peu de ce que l'on pensera de moi ; mais ma chère demoiselle Person se serait bien gardée d'en agir ainsi à mon égard.

— Vous êtes indifférente à notre opinion ? dit Marguerite ; pourquoi donc , alors , vous formalisez-vous de ce qu'a dit M"^ Comagène? »

C'était une question un peu embarrassante pour M"* Julie. Aussi jugea-t-elle à propos de changer de conversation , en demandant à Marguerite s'il y avait long-temps qu'elle était en pension.

Marguerite , après avoir répondu à cette question, se mit à lui raconter avec quelle

répugnance elle avait d'abord quitté la maison de ses parens , sans oublier de lui dire aussi avec quelle facilité elle s'était familiarisée avec ce changement , et les avantages qui en étaient résultés pour elle.

Dans ce moment, les jeunes demoiselles sortirent de classe , et Brigitte accourut auprès de Marguerite , qui la présenta à M"'' Montmorency , comme étant entrée en pension le même jour qu'elle. Elles visitèrent alors le rosier, et pendant qu'on était occupé à en raconter l'histoire , la cloche du dîner sonna. Brigitte et Marguerite se rappelèrent aussitôt que c'était dans ce même endroit qu'elles en avaient entendu le son pour la première fois ; et les vexations auxquelles avaient donné lieu leurs noms , se retracèrent soudain à leur esprit. Elles en firent le récit à Julie, qui en rit beaucoup , surtout lorsqu'elle vint à considérer qu'elle n'avait pas à rougir de son nom ou de celui de sa famille ; aussi , observa-t-elle avec un certain air d'importance , qu'elle avait bien raison de s'en enorgueillir.

« Vous aurez donc soin , alors, dit Mar-

gaerite avec un doux sourire , de ue point ternir l'éclat qui en rejaillit sur vous. -

En entrant au réfectoire , M"'' Montmorency prit la place de Marguerite auprès de M^'^ Ockendon ; et l'après-midi elle se rendit en classe , où la nouveauté de sa situation lui fit bientôt oublier les prétendus affronts qu'elle avait eus à essuyer.

Quelques jours après , comme elle se trouvait seule avec Marguerite , elle profita de ce moment pour lui témoigner sa surprise que la lettre de M"" Person ne lui eût pas encore été remise. « Croyez-vous , dit-elle, que M™* Comagène ne me la rendra point ? est-ce qu'elle est dans l'usage de lire toutes les lettres qu'on écrit aux pensionnaires ? •>

Accoutumée à ne jamais déguiser la vérité dans aucune circonstance, Marguerite répondit qu'elle pensait que oui , et que , très-vraisemblablement , la lettre de M''* l'erson ne lui serait pas rendue.

— Et pourquoi donc? dit Julie, dont la colère commençait à enflammer le visage ; TOUS avez reçu , ce matin , une lettre que vous n'avez point montrée , et vous voudriez qu'on me traitât différemment ?

— C'était une lettre de maman , répondit Marguerite : et M""* Comagène sait bien que mes parens ne m'écri\ent jamais que des choses sages et raisonnables.

— Et elle s'imagine donc que M'i" Person en m'écrivant pour ma grand'mère , m'écrirait des choses inconvenantes ?

— J'ignore les motifs de M""' Comagène ; mais si je dois en croire ce que vous me dites , je suis persuadée que rien ne s'opposera à ce que vous receviez vos lettres.

— Ah ! j'y suis , dit Julie en soupirant : Tyjiie Person m'aime; elle pense que je mérite des éloges ; et c'est pour cela qu'on veut intercepter ses lettres. Je vois bien que je ne suis ici que pour être accablée de mauvais procédés et d'humiliations.

— Est-ce que vous auriez éprouvé quelques désagrémens de ce genre , depuis que TOUS êtes ici ? demanda Marguerite ; il m'a toujours semblé que M'"' Ockendon était très-contente de vos devoirs.

— Sans doute ! répondit-elle , on n'y peut trouver aucune faute ; mais on a résolu de ne m'accorder aucun éloge , dans la crainte, dit-on , de flatter ma vanité : mais je

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n'ignore pas que , dans le fond de son cœur, M'" Oekendon m'accorde toutes les louanges que je mérite. »

« Oh ! comble de. vanité ! dit en ellemême Marguerite ; sera-t-elle donc toujours ainsi porté à préjuger en sa faveur ! " Tirant alors un papier de sa poche : « Voilà, dit-elle, un sujet de thème que j'ai choisi ; peut-être donnera-t-il lieu à quelque réflexion de votre part , dont je pourrais tirer avantageusement parti. » C'était une anecdote relative à un particulier qui vivait du temps d'Auguste César , et dont voici à peu près le résumé : « Quand Auguste monta « sur le trône de Rome , il nomma deux « censeurs , qu'il chargea du soin de faire « observer les lois et de surveiller les " mœurs du peuple. Mais tous deux étaient <• incapables de remplir dignement cet em- « ploi. L'un, nommé Plancus, était un « homme immoral, et tellement adonné « à la flatterie , qu'il ne faisait point diffî- - culte de s'en glorifier, et disait haute- « ment qu'un flatteur ne réussissait jamais « mieux que lorsqu'il était pris sur le fait. » L'historien ajoute qu'il jugeait bien les

hommes , qui , en général , sont si avides de louanges , qu'ils ne sont guère scrupuleux sur la nature de celles qu'on leur prodigue. Mais celui dont la conduite est basée sur ce principe , et qui le recommande aux autres, est nécessairement mort à tout sentiment d'honneur.

Julie, en entendant ces paroles, avait l'air surpris et eml)arrassé. Elle ne put se défendre de l'idée que IMarguerite, en lui faisant la lecture de ce passage, avait eu l'intention de lui donner une leçon ; cependant elle ne voulut pas avoir l'air de s'en être aperçue. « Je ne sais pas trop , dit-elle , de quels développemens cette matière est susceptible : Je n'ai jamais été dans le cas de m'entendre flatter de cette manière.

— Je présume , dit Marguerite , qu'il ne faisait pas profession de cette opinion en présence des personnes auxquelles il adressait ses louanges ; il ne tenait ce langage que vis-à-vis de ceux qu'il voulait entraîner à suivre son exemple. Je crois qu'il y a bien peu de monde qui ne soit sensible à la flatterie j lors-même qu'il ne nous est

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pas permis de douter de la fausseté des louanges qui nous sont adressées , nous ne sommes pas maîtres de haïr ceux de qui nous les recevons. Une autre réflexion que je crois pouvoir joindre à celle-ci, c'est que, s'il arrive à d'autres de nous flatter , nous ne sommes pas fort éloignés de les flatter eux-mêmes , et de leur supposer des titres à notre admiration , en retour de celle qu'ils nous accordent.

— Je ne suis pas encore parvenue à cette connaissance du cœur humain ! dit Julie , qui commençait à prendre de l'humeur.

— Je le crois, dit Marguerite en souriant ; et j'en serais au même point que vous , si cette anecdote , et une histoire qui m'a été racontée dernièrement, ne m'avait donné lieu à faire ces réflexions.

— Que signifie cela ? demanda Julie ; estce que vous voudriez faire allusion à moi ?

— Puisque vous me le demandez , répondit 3Iarguerite, il faut que je vous dise mon sentiment : c'est que M"* Person n'est guère moins flatteuse , à mon avis, que celui dont il vient d'être fait mention.

— Comment ! s'écria Julie , qui pouvait

à peine contenir sa colère ; est-ce que vous croyez que , s'il en était ainsi, je ne m'en serais pas aperçue? C'est qu'au contraire, personne ne déteste davantage la ilattcrie.

— C'est là le langage que tiennent ordinairement les flatteurs vis-à-vis de ceux qu'ils encensent , dit Marguerite. Voyez comme M"" Ockendon se conduit bien différemment à notre égard ! Je crois pouvoir dire qu'elle m'aime beaucoup ; et , certes , je ne trouve pas de meilleure preuve de son amitié, que dans ce zèle qu'elle met à me faire apercevoir mes défauts Je suis plus fière et plus satisfaite de ses observations, que si je la voyais craindre de m'adresser aucun reproche. »

Marguerite , en achevant ces mots , prit congé de M"" Montmorency , et se retira pour faire son thème , laissant le champ libre à toutes ses réflexions.

Ce fut alors, pour la première fois, que Julie s'avisa de faire le rapprochement de sa favorite M'^® Person avec ses nouvelles maîtresses. Elle ne pouvait s'expliquer l'amitié qu'elle avait pour la première , que par le singulier attachement dont celle-ci faisait parade à son égard. Cependant , elle

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reconnut que dans plusieurs circonstances qui se retracèrent à son esprit , M"" Person s'était en général montrée plus sensible à ses propres intérêts qu'à ceux de son élève ; et les doutes qu'elle pouvait avoir à cet égard se changèrent bientôt en certitude, lorsqu'elle vint à considérer le plaisir avec lequel elle recevait les présens de M™* Montmorency ; car elle ne manquait jamais , dans ces sortes d'occasions , de s'étendre avec complaisance sur les talens et les progrès de Julie. M'"" Ockendon et Marguerite acquirent dès ce moment quelques droits à son estime ; et insensiblement elle oublia cette affection funeste qu'elle avait eue pour M"*Person. Quand ses nouvelles maîtresses lui faisaient quelques observations c'était sans les assaisonner de ces louanges auxquelles elle avait été tant accoutumée. Toutes ces réflexions, qui se succédèrent avec rapidité dans son esprit , la déterminèrent à observer attentivement la différence qui devait lui faire préférer M™" Comagène à M"' Person.

M. Cutaven vint voir plusieurs fois sa nièce , durant l'espace des six premières

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semaines qu'elle fut à la pension , et apprit avec un véritable plaisir l'hereuse métamorphose qui s'était opérée dans sa conduite. Il la traita avec la plus grande douceur et les plus grands ménagemens ; et elle finit par se laisser convaincre qu'il avait une vél'itable affection pour elle. Quelque temps après il engagea M™^ Montmorency à l'accompagner dans une visite qu'il fit chez le chevalier David Jones. Ils y séjournèrent quelques semaines ; et sur le rapport que lui fit M""^ Jones , du mérite et des bontés de M™" Comagène et de M^"" Ockendon , cette bonne dame s'applaudit bientôt de voir sa petite-fiUe entre les mains de semblables maîtresses.

La lettre de Marguerite ( lettre qu'elle avait écrite avec la conviction qu'elle ne passerait pas sous les yeux de ses parens j acheva de lui confirmer la vérité du rapport de M. Cutaven au sujet de la réforme de Julie , et lui fit même sentir combien il serait inconvenant de la remettre entre les mains de M"" Person , ou de lui permettre de continuer de fréquenter cette personne pendant les vacances.

M""^ Jones proposa alors un parti qui fut sur le champ adopté. C'était de renvoyer M"^ Person , de faire venir Julie à la maison et de prendre, pour T instruire, M"* Oo kendon, pourvu, toutefois que celle-ci voulut se résoudre à quitter M"^ Comagène , et accepter la place de gouvernante auprès de M"" Montmorency. « En faisant une pareille proposition , dit-elle , je n'ignore pas que j'enlève à ma fille une de ses meilleures amies ; mais je crois Marguerite trop désintéressée pour hésiter à faire un sacrifice qui doit avoir des résultats aussi avantageux pour Julie. »

L'idée de revoir sa petite-filb auprès d'elle aurait presque engagé M™'' Montmorency à mettre aussitôt ce plan à exécution, s'il n'avait pas fallu préalablement renvoyer j^jiie Person ; mais elle craignait d'offenser cette mauvaise gouvernante , tant celle-ci avait su , par ses viles cajoleries, prendre de l'ascendant sur son esprit.

La difficulté de la renvoyer , sans qu'elle put s'en trouver blessée , fut bientôt écartée par M"* Person elle-même; car pendant l'absence de M""* Montmorency , cette gou-

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vernante , ayant trouvé un parti sortable , s'était mariée , de sorte que rien ne s'opposait plus au retour de Julie.

Les arrangeraens furent faits avec M'"* Coy magène et M^'* Ockendon , pour que celle-

ci se chargeât de l'éducation de M"^ Montmorency , mais ni Marguerite ni Julie n'en eurent connaissance qu'au moment où la chose fut mise à exécution.

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