‹ Les amies de RousseauChapitre 3 sur 6 · LES AMIES DE TURIN · texte numérisé non relu

LES AMIES DE TURIN

A Turin Jean- Jacques était un adolescent. Il avait de dix-sept à dix-neuf ans. Au sortir de son séminaire de catéchumène il fut recueilli par M"^® Basile, jeune marchande de vingt-cinqans, dont le mari était momentanément absent, et qui, très évidemment séduite parla très jolie figuredu jeune vagabond, le prit à titre de second commis provisoire, ou de petit valet, ou sans aucun titre. Elle le nippa un peu, le nourrit, l'occupa à je ne sais quoi et le trouva charmant. Un jour qu'elle était dans sa chambre et que Jean-Jacques était monté jusque-là sans trop savoir pourquoi et la contemplait de la porte qui était ouverte, elle tourna la tête vers lui parce qu'elle l'avait aperçu dans la glace, et lui indiqua du doigt une place à ses pieds. Il y bondit, se mit à deux genoux par terre devant elle^ comme dit Musset ; et il ne lui dit rien ; et elle ne lui parla pas ; et ils étaient aussi troublés l'un que l'autre. Une

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