A L'ARCHEVEQUE DE PARIS
doMME je sens toute la reconnoissance de vos bienfaitz, j'ay toujours espérance de vostre secours dans mes besoins. Il faut , Monsieur, pour cela que vous me permettiez de vous expliquer mes infirmitez. Imaginez-vous, Monsieur, s'il vous plaist, que j'ay une constitution tellement délicate que je m'enrhume mesmes pour sortir de ma chambre en hiver, et de r]iump tel-» lement considérable que comme il me tombe toujours sur la poictrine je serois toujours en danger si je prQ- Dpi^ Vair ^U ces temp^-là ps^rce que celp, f^t des acctî^
dens dans mon mal fort périlleux pour Toppression que je souffre. Vous avez la bonté de me donner, Monseigneur, un remède pour Port-Royal *, mais chez mon frère où je suis présentement par des nécessitez invinsibles *, je ne puis aller à la messe les plus grandes festes sans me mettre en ce danger. Madame la Duchesse de Schomberg m'a offert une commodité, pourveu qu'elle soit approuvée de Vostre Grandeur. C'est de me vouloir donner une chappelle portative qui a servi à la première femme de feu M. de Schomberg, fille de Madame la marquise d'Epinay qui estoit, comme vous sçavezjune sainte'*. Gela m'a fait croire que Tusage en ayant esté accordé à Madame sa fille, l'on a pu luy permettre ainsy. Comme je crois en avoir plus de besoin que personne par le préjudice que je reçois de Tair en hiver, je suis persuadée par expérience que je puis espérer en tout ce qui se pourra permettre de vostre bonté, mais. Monseigneur, je ne vous demanderois pourtant rien qui peust blesser le moins du monde vostre conscience et la mienne quand je le pourrois obtenir. Ainsy, Monseigneur, je demande à Vostre Grandeur en cela aussy bien un conseil qu'une grâce , affin d'estre assurée par un juge aussy exact que vous estes, lequel sera le mieux que je n'entende point la messe les plus grandes festes ou que je l'entende de cette sorte.
1. Où elle avait été autorisée à avoir une tribune fermée dans une des chapelles de l'église. *