‹ Les amis de la marquise de Sablé;Chapitre 19 sur 105 · M. de Mesmes, comte d'Avaux, président au Parlement · texte numérisé non relu

M. de Mesmes, comte d'Avaux, président au Parlement

î: Quand, en 1649, elle dut plaider contre les créanciers de son mari pour se faire adjuger la terre du Bourget comme remploi de sa dot et de son douaire^ tandis que son fils voulait tout faire vendre.

respect, d'amour et d'estime qu'on doit avoir pour vous que je n'ay point eu peur de perdre l'honeur de vos bonnes grasses par mon silance. Car, madame, la vérité est si forte qn'on se repose sur elle contre toutes les plus méchantes aparance. Je vous avoue, quy n'y a rien au monde quy samble plus vilain que l'oubli dons vous m'avés pu soubsonner.Mais, madame, quand vous saurés que vous m'avés plus tost dû plaindre, que vous plaindre de moy, vous me pardonnerez aisément. J'ay été terriblemans malade d'une de ces flucsions que vous savés, que je n'ay pu escrire non plus que parler, parseque j'en ay eu une grande opresion aveque un poids d'une grose fièvre continue.

Jugés, madame, sy j'ay peu faire aveque cela ce que j'eusse fait en santé par le plus grand plésirdu monde. Mais, en vérité, vous estes encore plus cruelle que sy vous ne m'aviez rien mandé, car plus vous faites de grase et plus je me sans touchée de vostre absance sans que vous me donniés aucune espérance de vostre retour. J'ay bien parlé de vous aveque une certène personne et de celle que vous savés quy avoit quelque prétansion. Mais ce sont de ces choses quy ne se peuvent escrire. Je vous demande en grâce de me faire sçavoir le temps que vous reviendrez, quoy que vos lettres soient tousjours extrêmement agréables, j'ay beaucoup senti que vous ne me l'ayez point fait espérer. Faites moy l'honneur de croire que je n'ay pas passé un jour où je n'ay pensé à vous et que personne au monde ne sera jamais sy attaché à vous que je suis.

A M. DE MONTAUSIER

Le 10 avril 1666.

Il m'est bien facile, Monsieur, deme passerdevostre escriture, quand je reçois des marques si belles et si obligeantes des mouvemens de voslre cœur. Si j'avois quelque chose à désirer après cela, ce seroit d'en recevoir plus souvent. Mais comme je vous preffère à moy, je ne voudrois pour quoy que ce soit, dans l'acablement d'affaires où vous estes avoir cette satisfaction. Au reste, Monsieur, je sens si bien par vostre absence que vous me donniez quasi tout le plaisir que j'ay trouvé en ce quartier que je n'y puis plus durer et je suis sur le point de m'en retourner à Port-Royal en attendant vostre retour et celuy de madame vostre femme. Elle est dans une si grande faveur qu'on ne parle que de la délicatesse du Roy sur ce que madame de Béthune Fa mise en jeu dans sa querelle. Le père A.... {Le reste manque.)

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