LE MARECHAL D'ALOIGNY-ROCIIEFORT
Heury-Louis d'Aloigny, marquis de Rochefort et du Blanc, baron de Cors et de Craon, capitaine des gardes du corps, était issu d'une des plus anciennes familles du Poitou; il entra au service dès sa première jeunesse et commença par commander la compagnie de gendarmes du prince de Condé. Il fut nommé maréchal des camps et armées, à la promotion de 1668, lieutenant général en 1672, et il fut chargé, l'année suivante, du commandement des troupes placées en Lorraine, Barrois et dans les Trois- Evêchés, pays dont il obtint le gouvernement général le 27 février 1675 avec le bâton de maréchal de France. Le 10 mars 1676, il fut choisi pour commander en chef l'armée rassemblée entre la Meuse et la Moselle, mais il mourut dès le 22 mai, à Nancy. Il avait épousé, le 22 avril 1662, Madeleine de Laval-Boisdauphin, fille de Gilles, marquis de Laval, — fils cadet lui-môme de la marquise de Sablé. — Madame de Rochefort fut nommée dame du palais de la reine le 1" janvier 1674, et dame d'atours de la dau-
phine le 8 janvier 1680; elle mourut Je 1«' avril 1729, âgée de quatre-vingt-trois ans.
Le seul représentant actuel de cette maison est le liiarquis d'Aloigny de Rochefort, lieutenant-colonel de hus«sards de la garde royale, lequel n'a pas d'enfants de mademoiselle de Saulx-Tavannes.
Madame de Longueville et vous , Madame , pourriez Tune et l'autre beaucoup plus sur nioy que me faire relâcher des intérêts de Monsieur de S. Etienne , sy j'avois songé à les prendre; mais il n'est pas juste que je fasse valoir en cela le respect que j'ay pour Madame de Longueville, ny la soumission que j'ay pour les choses que vous m'ordonnez, car je ne conçois point Monsieur de S. Etienne, il n'est point dans ma compagnie et je ne crois pas qu'il soit dans les trois autres, et je puis vous assurer que s'il se présente pour entrer dans les gardes du roy où par hazard il pourroit estre introduit sous quelque autre nom, aussitôt que j'en seray adverty, il n'y demeurera pas. Je souhaite que ce que j'ay Thonneur de vous escrire puisse estre utile à la personne que vous considérés. Je vous rends mille grâces, Madame, de l'honneur que vous me faites par la part que vous prenés au peu de fatigues que j'ay eu en route. S. M. qui m'en a fait partir après la prise de Dôle pour m'en venir icy m'a osté le moyen de recevoir vostre lettre qu'à mon arrivée à Nancy. Si je l'avois eu plutost, Madame, je n'aurois pas manqué de vous montrer dans l'instant que je m'estime extrêmement heureux d'avoir une petite occasion de vous pouvoir plaire
et que, de tous ceux qui ont rhonneur de vous appartenir, il n'y en a pas qui soit avec plus de respect que moy vostre très humble et obéissant serviteur.
A Metz, ce 19 juin 1674.