‹ Les amis de la marquise de Sablé;Chapitre 41 sur 105 · Madame du Plessis-Guénégaud · texte numérisé non relu

Madame du Plessis-Guénégaud

* que je n'en puis demeurer là. Permettez-moi, ma très chère sœur, que je vous redemande la copie de mon billet. Car tout cela sont pièces de procès dont on ne s'ose défaire avant qu'il soit terminé, et un de mes juges à qui je le voulois montrer ne Tapas encore vu. Je ne sais quand nous sortirons d'affaires ; nous en avons de toutes sortes, et la plus grande ne s'accomode pas pour différer. Le plus affectionné à la cause d'entre les nouveaux grands vicaires, qui est M. Morel *, déclare hautement la bonne volonté qu'il a pour nous, et qu'il va s'employer de tout son pouvoir pour aider à terminer les affaires. Il dit que ce que nous avons vu jusques à cette heure n'est qu'un commencement, que dans peu de temps nous en verrons la fin. Notre futur archevêque' verra peut-être encore plustot la peine. En vérité, Jésus-Christ n'a pas dit sans sujet : Je vous apprendrai qu'il faut craindre. Car les hommes craignent une infinité de choses qui ne le méritent pas, et ne pensent pas à craindre ce qui est seul redoutable ; et pendant qu'on nous menace que nous allons être jugés et condanmés, nos juges se trouvent eux mêmes obligés à comparoître et à rendre compte de leurs jugemens et de leurs œuvres. Dieu nous fera miséricorde à tous; nous serons heureuses si tout ceci nous en rend dignes.

1. Claude Morel , d'une famille de robe de Châlons-sur- Marne ; ardent ennemi des jésuites contre lesquels il composa plusieurs ouvrages ; il devint théologal du chapitre de Paris et doyen delà faculté de théologie; mort le 30 avril 1679. Despréaux lui a dédié sa huitième satire.

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